Dans un communiqué commun, les groupes Canal+ et Lagardère, employeurs de la chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova, ont apporté leur « plein soutien » à cette dernière, visée par un arrêté d’expulsion pris par le ministère de l’Intérieur. Selon Le Figaro, les deux groupes dénoncent une décision qui, à leurs yeux, représente « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions ».

L’arrêté, contre lequel Xenia Fedorova a fait appel, précise que « son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État », comme l’indique le quotidien Libération. Cette décision ministérielle survient alors que la chroniqueuse, employée par les médias du groupe Canal+ et de Lagardère, est régulièrement associée à des positions pro-russes dans ses interventions.

Ce qu'il faut retenir

  • Les groupes Canal+ et Lagardère apportent leur soutien à Xenia Fedorova, visée par un arrêté d’expulsion du ministère de l’Intérieur.
  • Selon l’arrêté, son comportement « porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État ».
  • Les deux groupes dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions.
  • CNews, propriété de Canal+, avait été épinglée par l’Arcom en juin 2026 pour la prédominance d’un même courant de pensée sur plusieurs sujets.
  • L’Arcom a mis en demeure CNews de respecter davantage la diversité des opinions sous peine de sanctions.

Un soutien unanime des employeurs face à la décision ministérielle

Dans leur communiqué commun, Canal+ et Lagardère rappellent que « la liberté d’expression ne se défend pas uniquement lorsque les opinions exprimées font consensus, mais précisément lorsqu’elles dérangent ou suscitent la contradiction ». Selon eux, les chroniques de Xenia Fedorova s’inscrivent dans le débat démocratique, ce qui justifie, à leurs yeux, sa participation aux débats publics.

Les deux groupes expriment leur « stupeur » face à cette décision, soulignant que l’empêcher de s’exprimer constituerait « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions ». Ils rappellent que leurs médias, comme CNews, Europe 1 ou le JDNews, doivent refléter une diversité d’opinions, y compris celles qui peuvent susciter des controverses.

CNews et l’Arcom : un contexte réglementaire tendu

Ce soutien des employeurs intervient dans un contexte où CNews, chaîne d’information en continu détenue par Canal+, a déjà fait l’objet de critiques de la part du régulateur de l’audiovisuel. En juin 2026, l’Arcom avait en effet épinglé la chaîne pour la « prédominance » d’un « même courant de pensée et d’opinion » sur des sujets sensibles comme la sécurité, la guerre en Ukraine, l’immigration ou l’islam. Selon Le Figaro, l’Arcom a mis en demeure CNews de mieux respecter la diversité des opinions, sous peine de sanctions.

La chaîne, qui conteste ces observations, a réagi en soulignant ses efforts pour diversifier ses intervenants et ses angles d’analyse. Cependant, l’arrêté d’expulsion de Xenia Fedorova ajoute une nouvelle dimension à ce débat, en posant la question de la frontière entre liberté d’expression et respect des intérêts fondamentaux de l’État.

Qui est Xenia Fedorova, et pourquoi son expulsion est-elle envisagée ?

Xenia Fedorova, chroniqueuse d’origine russe, est connue pour ses prises de position en faveur de la Russie, notamment sur les questions géopolitiques. Son travail au sein des médias du groupe Canal+ et de Lagardère a régulièrement suscité des polémiques, certains observateurs l’accusant de relayer une ligne éditoriale pro-Kremlin.

Selon les informations rapportées par Le Figaro, l’arrêté d’expulsion du ministère de l’Intérieur s’appuie sur l’argument selon lequel ses interventions « portent atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État ». Cette formulation, bien que vague, pourrait faire référence à des prises de position perçues comme une menace pour la cohésion nationale ou la sécurité du pays. Xenia Fedorova a fait appel de cette décision, sans que les détails de son recours ne soient encore connus.

Le débat sur la liberté d’expression dans les médias

Cette affaire relance le débat sur la liberté d’expression dans les médias, un sujet déjà sensible en France. Les défenseurs de la liberté de la presse estiment que les autorités ne doivent pas censurer les opinions, fussent-elles controversées, dès lors qu’elles s’inscrivent dans le cadre légal. À l’inverse, ses détracteurs soulignent que certaines prises de position peuvent menacer la stabilité du pays ou inciter à la haine.

Dans ce contexte, les médias comme CNews ou Europe 1, souvent accusés de partialité, se retrouvent au cœur de tensions entre liberté éditoriale et responsabilité sociale. L’Arcom, en tant que régulateur, joue un rôle clé dans l’équilibre entre ces deux impératifs, en veillant à ce que la diversité des opinions soit respectée sans pour autant laisser prospérer des discours dangereux.

Et maintenant ?

L’affaire de Xenia Fedorova devrait connaître plusieurs étapes dans les semaines à venir. Son recours contre l’arrêté d’expulsion sera examiné par les tribunaux administratifs, ce qui pourrait prendre plusieurs mois. Par ailleurs, l’Arcom pourrait rendre une décision finale concernant la mise en demeure de CNews d’ici la fin de l’été 2026, selon des sources proches du dossier. Enfin, cette affaire pourrait alimenter les discussions sur une éventuelle réforme de la loi encadrant la liberté d’expression dans les médias, un sujet qui divise déjà le monde politique.

En attendant, les groupes Canal+ et Lagardère ont réaffirmé leur soutien à la chroniqueuse, tout en appelant à un débat apaisé sur les limites de la liberté d’expression. Reste à voir si cette affaire conduira à des ajustements réglementaires ou à une clarification des attentes de l’État envers les médias.

Selon l’arrêté du ministère de l’Intérieur, son comportement « porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État ». Cette formulation, reprise par Libération, reste vague mais pourrait faire référence à ses prises de position pro-russes perçues comme une menace pour la cohésion nationale ou la sécurité du pays.

En juin 2026, l’Arcom a mis en demeure CNews de respecter davantage la diversité des opinions sur des sujets comme l’immigration, l’islam ou la guerre en Ukraine. Si la chaîne ne se conforme pas à cette injonction, elle s’expose à des sanctions financières ou à des restrictions de diffusion, bien que le montant ou la nature exacte de ces sanctions n’ait pas encore été précisé.