Trois cas de cancers, dont un particulièrement rare, ont été signalés dans un collège de Franconville (Val-d’Oise), une ville où l’établissement scolaire a été construit à proximité d’un ancien site industriel pollué. Selon Le Monde, cette situation a déclenché une enquête de l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France, tandis que les parents d’une élève décédée portent plainte pour homicide involontaire. Autant dire que l’émotion est vive parmi les familles, pour qui cette concentration de cas ne peut être le fruit du hasard.
Ce qu'il faut retenir
- Trois élèves du collège de Franconville (Val-d’Oise) ont développé des tumeurs, dont un cancer du sein extrêmement rare chez une adolescente de 13 ans.
- L’établissement scolaire a été construit à proximité d’un ancien site industriel pollué, ce qui a motivé l’ouverture d’une enquête sanitaire par l’ARS Île-de-France.
- Les parents de Shiloh Diakité, décédée de son cancer, ont déposé une plainte pour homicide involontaire contre X.
- Les investigations visent à déterminer si un lien existe entre l’environnement industriel et ces cas de cancers pédiatriques.
Un collège construit sur un ancien site industriel
Le collège concerné, situé à Franconville, se trouve à quelques centaines de mètres d’un ancien site industriel dont l’activité a cessé il y a plusieurs décennies. D’après Le Monde, ce terrain, aujourd’hui désaffecté, a fait l’objet d’études environnementales en raison de risques de pollution des sols et des nappes phréatiques. C’est précisément cette proximité qui a incité l’ARS Île-de-France à diligenter une enquête sanitaire afin d’évaluer d’éventuelles expositions passées ou présentes à des substances nocives.
Les familles des élèves touchés, réunies en collectif, dénoncent une situation « inacceptable ». Pour elles, la localisation de l’établissement scolaire, à proximité d’un ancien site industriel, ne peut être ignorée dans l’analyse des causes de ces cancers. « On ne peut pas exclure un lien », a déclaré une mère d’élève sous couvert d’anonymat, tout en rappelant que son enfant fait partie des trois cas recensés.
Le cas emblématique de Shiloh Diakité
Parmi les trois élèves concernés, Shiloh Diakité, 13 ans, est décédée d’un cancer du sein, une pathologie extrêmement rare à cet âge. Ses parents ont décidé de porter plainte pour homicide involontaire, estimant que la mort de leur fille pourrait être liée à une exposition prolongée à des substances toxiques dans son environnement proche. « Ce n’est pas normal de mourir à 13 ans », a réagi son père lors d’une conférence de presse organisée par les familles.
Les investigations menées par l’ARS devront notamment examiner les antécédents médicaux des élèves, les analyses des sols et de l’air dans l’établissement, ainsi que les éventuelles expositions professionnelles ou domestiques des familles. Côté mairie, on assure suivre la situation de près, tout en soulignant que l’établissement scolaire respecte les normes en vigueur.
Une enquête sanitaire pour établir ou écarter tout lien
L’enquête ouverte par l’ARS Île-de-France s’inscrit dans un cadre réglementaire strict. Les experts vont notamment s’appuyer sur les données historiques du site industriel, les relevés de pollution réalisés ces dernières années, et les études épidémiologiques disponibles. « L’objectif est de déterminer s’il existe un lien entre les cas de cancers et une éventuelle exposition à des polluants », a indiqué un porte-parole de l’Agence, sans pour autant présager des résultats.
Côté Éducation nationale, on rappelle que la sécurité des élèves est une priorité absolue. « Les établissements scolaires font l’objet de contrôles réguliers, notamment pour les risques liés à l’amiante ou au radon », a précisé un responsable du rectorat de Versailles. Pour autant, la question des sols pollués reste un sujet sensible, souvent évoqué dans les contentieux liés à l’urbanisme.
Reste à voir si ces investigations permettront d’apporter des réponses concrètes aux familles, ou si elles alimenteront les interrogations sur la gestion des sites industriels pollués en France.
Les familles ont déjà porté plainte pour homicide involontaire et pourraient demander une contre-expertise indépendante. Une réunion publique est organisée le 10 juillet à Franconville pour informer les habitants. Les procédures judiciaires pourraient s’étendre sur plusieurs mois, en fonction des résultats de l’enquête sanitaire.