Alors que la France connaît depuis plusieurs jours un épisode caniculaire précoce et intense, les entreprises multiplient les dispositifs pour préserver les conditions de travail de leurs salariés. Selon Le Figaro, des secteurs aussi variés que l’industrie, l’éducation ou les loisirs doivent désormais intégrer la gestion de la chaleur dans leur organisation quotidienne, sous peine de voir leur productivité et le bien-être de leurs équipes fortement impactés.
Ce qu'il faut retenir
- Flexibilité horaire : des plages variables, des arrivées anticipées ou des départs anticipés sont mis en place pour éviter les pics de chaleur, indique Grégory Charansonnet, DRH de GEB.
- Équipements spécifiques : ventilation naturelle, ombrage mobile, rafraîchissement adiabatique et pilotage intelligent sont déployés dans certains bâtiments industriels, comme ceux d’Adexsi.
- Télétravail : une journée hebdomadaire est autorisée pour limiter les déplacements et le stress thermique, précise le DRH de GEB.
- Adaptation des tenues : les entreprises ajustent les équipements de protection individuelle en fonction des températures, notamment dans les activités logistiques et industrielles.
- Solutions low-tech : le rafraîchissement adiabatique permet un écart de température pouvant atteindre 10°C sans recourir à des systèmes énergivores, explique Philippe Fritzinger, directeur général d’Adexsi.
Des bâtiments conçus pour résister à la chaleur
Face à l’intensification des épisodes caniculaires, certains industriels ont anticipé en équipant leurs sites de solutions techniques adaptées. C’est le cas d’Adexsi, spécialiste français de la sécurité incendie et de la gestion énergétique, qui conçoit et fabrique lui-même ses équipements. « Chez Adexsi, nous avons la chance de fabriquer des solutions pensées pour limiter l’inconfort thermique dans les bâtiments. Concrètement, cela nous permet aujourd’hui de traverser cet épisode de fortes chaleurs dans de bonnes conditions, sans avoir à bouleverser l’organisation de nos sites de production », déclare Philippe Fritzinger, son directeur général, cité par Le Figaro.
Les bâtiments du groupe intègrent des systèmes de ventilation naturelle, d’ombrage fixe et mobile, ainsi que des dispositifs de rafraîchissement adiabatique. « Ces équipements permettent de maintenir des températures supportables pour les équipes, même lors des pics de chaleur », souligne-t-il. Selon lui, ces mesures évitent pour l’instant toute modification des horaires de travail sur les sites industriels, l’objectif restant de « préserver le confort des salariés, maintenir de bonnes conditions de travail et garantir le bon fonctionnement des outils de production ».
Le dirigeant rappelle par ailleurs que les vagues de chaleur touchent désormais des secteurs qui en étaient auparavant moins concernés : « Les épisodes de chaleur deviennent plus précoces et plus intenses. Nous le constatons dans de nombreux secteurs : bâtiments industriels, établissements scolaires, salles de sport ou espaces de loisirs ont désormais besoin de solutions concrètes pour continuer à fonctionner dans de bonnes conditions. »
Des horaires modulables pour éviter les heures les plus chaudes
Autre acteur engagé dans cette adaptation, le groupe GEB, spécialisé dans la formulation et la fabrication de produits chimiques pour les professionnels de la plomberie et du sanitaire, mise sur la flexibilité des horaires. « Les fortes chaleurs font l’objet d’une attention particulière afin de préserver les conditions de travail des collaborateurs, aussi bien dans les bureaux que sur les sites industriels et logistiques », indique Grégory Charansonnet, son DRH, auprès du Figaro.
Dans les bureaux, l’organisation repose sur un système d’horaires variables : les salariés peuvent adapter leur journée avec une arrivée flexible entre 7 h 30 et 9 h 15, une pause déjeuner modulable et un départ possible à partir de 16 heures, selon leur temps de travail effectué. « En période de fortes chaleurs, cette flexibilité permet également d’ajuster exceptionnellement les horaires afin de mieux prendre en compte les contraintes climatiques », précise-t-il.
Cette organisation s’accompagne d’autres mesures, comme le télétravail. « Chaque salarié peut choisir sa journée hebdomadaire de télétravail, ce qui permet de mieux concilier vie professionnelle et personnelle, tout en limitant le stress lié aux déplacements lors des périodes particulièrement chaudes », ajoute Grégory Charansonnet. Dans les activités industrielles et logistiques, les équipes peuvent également commencer leur journée plus tôt pour éviter les périodes les plus chaudes, tandis que les tenues de travail et les équipements de protection sont adaptés en conséquence.
Des ventilateurs mobiles et une organisation terrain repensée
Pour compléter ces dispositifs, GEB met à disposition des ventilateurs mobiles utilisables librement par les opérateurs sur leurs postes industriels. « Les collaborateurs disposent d’une certaine autonomie pour anticiper les contraintes liées à la chaleur », explique la porte-parole de l’entreprise, Diane Weinum. « Une organisation des déplacements et des interventions terrain pensée avec souplesse permet de préserver le confort, la sécurité et l’efficacité des équipes », souligne-t-elle.
Ces mesures s’accompagnent de communications régulières et de rappels des consignes de prévention, afin de sensibiliser l’ensemble des salariés aux risques liés aux fortes chaleurs. « Il s’agit d’être sur tous les fronts », résume Grégory Charansonnet. « Bref, l’enjeu est de concilier performance opérationnelle et bien-être des équipes, même lorsque les températures grimpent. »
Interrogé sur l’évolution des pratiques, Philippe Fritzinger estime que « ces solutions techniques et organisationnelles doivent désormais faire partie intégrante de la gestion des risques professionnels, au même titre que la sécurité incendie ou la prévention des risques chimiques ». Quant aux salariés, leur acceptation de ces nouvelles organisations dépendra en grande partie de leur efficacité perçue et de leur impact sur le quotidien.
Selon Le Figaro, les bâtiments industriels, les établissements scolaires, les salles de sport ou encore les espaces de loisirs sont désormais fortement concernés par la gestion de la chaleur. Les activités logistiques et les postes de travail en extérieur ou dans des environnements non climatisés figurent également parmi les plus exposés.