Près de 30 % de hausse de la mortalité a été constatée en France au mois de juin 2026, en pleine vague de canicule, révèle Santé publique France dans une analyse publiée ce mardi 7 juillet. Selon les données de l’agence, cette augmentation correspond à 2 025 décès supplémentaires par rapport à la mortalité habituelle enregistrée sur la même période.
Ce qu'il faut retenir
- Une surmortalité de 29 % en juin 2026 par rapport aux années précédentes, selon Santé publique France.
- 2 025 décès en excès enregistrés, un chiffre susceptible d’être sous-estimé.
- Les données reposent uniquement sur les certificats électroniques de décès, ce qui peut limiter la précision.
- La canicule de juin 2026 a duré plusieurs jours, avec des températures dépassant régulièrement les 35 °C dans plusieurs régions.
- Les personnes âgées et fragiles restent les plus exposées aux risques liés aux fortes chaleurs.
Une hausse significative de la mortalité attribuée aux fortes chaleurs
Les chiffres communiqués par Santé publique France confirment l’impact direct de la canicule sur la mortalité en France. Entre le 1er et le 30 juin 2026, les services de santé ont enregistré une augmentation de près de 30 % des décès par rapport aux moyennes des années précédentes pour la même période. 2 025 morts supplémentaires ont été comptabilisés, un bilan qui pourrait encore être révisé à la hausse.
Cette hausse, bien que marquée, ne reflète probablement qu’une partie de la réalité, a indiqué l’agence. Les données utilisées pour ce bilan proviennent exclusivement des certificats électroniques de décès, un système encore en cours de généralisation. « Les chiffres peuvent donc être sous-estimés, car certains certificats papier n’ont pas encore été intégrés », a précisé un porte-parole de Santé publique France.
Des températures exceptionnelles pendant plusieurs jours
La canicule de juin 2026 s’est étendue sur une grande partie du territoire, avec des pics de chaleur dépassant régulièrement les 35 °C dans de nombreuses régions. Les services météorologiques avaient émis des alertes rouges dans plusieurs départements, notamment dans le sud-est, le centre et l’ouest du pays. Selon Météo-France, certaines villes ont enregistré des températures maximales supérieures de 5 à 7 °C aux normales saisonnières.
Cette vague de chaleur précoce et intense a touché particulièrement les personnes âgées et celles souffrant de pathologies chroniques. Les établissements médico-sociaux, comme les Ehpad, ont mis en place des dispositifs renforcés pour protéger leurs résidents, mais les risques de déshydratation et de coups de chaleur sont restés élevés. « Les appels aux services d’urgence pour malaise ou déshydratation ont été plus nombreux que d’habitude », a souligné Santé publique France.
Un bilan qui interroge sur la préparation aux canicules futures
Avec l’intensification des vagues de chaleur liée au réchauffement climatique, les autorités sanitaires s’interrogent sur la pertinence des mesures actuelles de prévention. En 2003, la canicule avait causé près de 15 000 morts supplémentaires, un drame qui avait conduit à la mise en place du plan canicule en France. Depuis, des dispositifs d’alerte et de prévention ont été renforcés, mais les résultats de juin 2026 montrent que des progrès restent à faire.
« La hausse de 30 % en juin 2026 est un signal fort. Elle rappelle que les canicules ne sont plus des événements exceptionnels, mais une réalité à laquelle il faut s’adapter », a déclaré un épidémiologiste interrogé par Libération. Les pouvoirs publics devront probablement revoir leur stratégie, notamment en ciblant davantage les populations les plus vulnérables et en améliorant la coordination entre les acteurs locaux.
Reste à voir si ces mesures suffiront à limiter l’impact des canicules à venir. En attendant, le bilan de juin 2026 servira de référence pour ajuster les politiques publiques dans un contexte climatique de plus en plus marqué par les extrêmes.
Santé publique France précise que les données utilisées pour ce bilan proviennent uniquement des certificats électroniques de décès. Or, certains certificats papier, encore en cours d’intégration, n’ont pas été pris en compte dans ce premier décompte. Le chiffre réel pourrait donc être plus élevé une fois l’ensemble des données consolidées.