Alors que l'Europe connaît des pics de chaleurs jamais vus, la Commission européenne a refusé de prendre position dans le débat sur la climatisation, estimant qu’il ne revient pas à l’exécutif de l’UE de dicter les choix des consommateurs, selon Euronews FR. Environ 20 % des ménages européens sont équipés de climatiseurs, contre 90 % ou plus aux États-Unis, au Japon et en Corée du Sud.

Cette absence criante de systèmes de refroidissement est devenue un détonateur politique après qu’une vague de chaleur meurtrière a fait au moins 1 300 morts en Europe et déclenché une recherche désespérée de solutions de fortune pour rendre le quotidien supportable. Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole de la Commission européenne pour le climat, a déclaré que « Nous savons que la plupart des immeubles d’habitation et des appartements dans l’Union européenne ne disposent pas de climatisation. Ce n’est pas quelque chose qui est intégré traditionnellement, d’autant qu’une grande partie de notre parc de logements est en réalité assez ancienne ».

Ce qu'il faut retenir

  • Seuls 20 % des ménages européens sont équipés de climatiseurs.
  • La Commission européenne refuse de prendre position sur la climatisation.
  • La vague de chaleur meurtrière a fait au moins 1 300 morts en Europe.

Le contexte

La Commission européenne assure que ce n'est pas son rôle de dicter les choix des consommateurs, mais qu'elle doit garantir une transition à la fois efficace et efficiente vers la neutralité climatique. L’exécutif a toutefois laissé la porte entrouverte à une révision de cette neutralité si le contexte politique venait à évoluer.

Les systèmes de climatisation ont toujours divisé les Européens. Selon leurs détracteurs, la climatisation augmente la demande d’électricité, met les réseaux sous tension, rejette de l’air chaud dans l’atmosphère et ne s’attaque pas aux causes profondes de la crise climatique. Ses partisans estiment au contraire qu’il s’agit d’un outil approprié pour garantir des conditions de vie supportables et maintenir la productivité du travail face à des températures caniculaires.

Les enjeux politiques

En France, le Rassemblement national (RN), parti d’extrême droite en tête des sondages à l’approche de l’élection présidentielle de l’an prochain, a évoqué un déploiement massif et subventionné de systèmes de climatisation. Même la cheffe des écologistes, Marine Tondelier, a reconnu que la climatisation « devenait » nécessaire.

Consciente de la polémique, la Commission avance avec une prudence palpable sur ce sujet sensible et affirme que l’enjeu principal ne réside pas dans les climatiseurs eux-mêmes, mais dans la source d’énergie qui les alimente. En 2025, environ 47 % de toute l’électricité produite dans l’UE provenait des énergies renouvelables.

Et maintenant ?

La Commission doit présenter le mois prochain un plan d’action pour l’électrification, avec de nouvelles mesures visant à électrifier les systèmes de chauffage et de refroidissement du bloc. Les États membres devront prendre des décisions sur la manière de gérer la climatisation et la transition énergétique.

Le débat sur la climatisation intervient dans le cadre d’une remise à plat plus large du Pacte vert, l’ensemble de lois que l’UE a déployé pour atteindre la neutralité climatique, c’est-à-dire l’équilibre parfait entre émissions et absorption de gaz à effet de serre, d’ici 2050. La Commission n’utilise plus le terme « Pacte vert » dans ses communications officielles et parle désormais de « zéro émission nette » et de « décarbonation ».

La question de la climatisation soulève des enjeux plus larges sur la manière dont les pays européens géreront la transition énergétique et la crise climatique. Il est essentiel de trouver un équilibre entre la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la nécessité de garantir des conditions de vie supportables pour les citoyens.