Alors que la France fait face à une vague de chaleur exceptionnelle, l’eurodéputé du Rassemblement national Matthieu Valet était l’invité du « 8h30 franceinfo » dimanche 21 juin 2026. Invité par Benjamin Fontaine et Madjid Khiat, il a défendu ses positions sur la gestion de la canicule, l’immigration et la politique énergétique de l’Union européenne. Selon Franceinfo - Culture, ses déclarations ont mis en lumière les divergences au sein de la majorité présidentielle sur la question climatique et migratoire.
Ce qu'il faut retenir
- Interdiction de l’alcool sur la voie publique dans 35 départements pour la Fête de la musique, une mesure jugée « bonne » par Matthieu Valet, mais insuffisante pour répondre à la récurrence des canicules.
- Un « plan national massif de climatisation » annoncé par Marine Le Pen, financé notamment par la suppression de l’Ademe et du Cese, ainsi que par la construction de 20 réacteurs nucléaires.
- Le Parlement européen a validé mercredi 18 juin 2026 une réforme permettant aux États membres d’installer des centres de rétention pour migrants déboutés du droit d’asile en dehors des frontières de l’UE.
- Emmanuel Macron a exclu l’ouverture de tels centres en France, estimant que cette solution n’était « ni efficace ni conforme aux valeurs européennes ».
- Matthieu Valet a critiqué la position du gouvernement, lui reprochant de reprendre tardivement des propositions de son parti, tout en défendant une approche « républicaine » de l’immigration.
Canicule : entre mesures d’urgence et débats de fond
Face à l’intensification des épisodes caniculaires, Matthieu Valet a appelé les pouvoirs publics à proposer un « plan dans la durée ». Alors que la consommation d’alcool sur la voie publique sera interdite dans 35 départements pour la Fête de la musique, l’eurodéputé RN a salué cette mesure, tout en rappelant que « on ne va pas s’interdire de vivre ». « Le but, ce n’est pas de faire de la Fête de la musique une fête gâchée, c’est de faire une Fête de la musique où il n’y a pas de drame humain lié à la canicule et à la surconsommation d’alcool », a-t-il précisé.
Interrogé sur les solutions structurelles, il a défendu l’idée d’un « plan national massif de climatisation », financé notamment par la suppression de l’Agence de la transition écologique (Ademe), dont le budget annuel s’élève à 136 millions d’euros, ou du Conseil économique, social et environnemental (Cese), pour un coût de près de 40 millions d’euros. « Avec 1,4 milliard d’euros, on peut climatiser les écoles, les Ehpad, les hôpitaux, les commissariats, les gendarmeries et les services publics », a-t-il argumenté. Une proposition qui contraste avec le plan de 6 milliards d’euros annoncé par la ministre de la Santé pour moderniser les hôpitaux. « Comme quoi les propositions qu’on fait depuis un moment sont reprises par le gouvernement, mais bien tardivement », a-t-il souligné.
Sur le plan énergétique, Matthieu Valet a réaffirmé la nécessité de construire 20 réacteurs nucléaires de type EPR, afin de garantir l’autonomie électrique de la France et financer ce plan climatisation. « La rénovation bâtimentaire, la végétalisation, les îlots de fraîcheur… on ne peut pas prendre des mesures individualisées », a-t-il expliqué. Une position qui s’inscrit dans la droite ligne des propositions portées par Marine Le Pen, bien que celle-ci ait qualifié le Giec d’« alarmiste » en 2023.
Retours de migrants déboutés : le RN défend une politique migratoire « républicaine »
Le Parlement européen a adopté mercredi 18 juin 2026 une réforme controversée sur les retours de migrants déboutés du droit d’asile. Ce texte, qui s’inscrit dans le cadre du Pacte européen sur la migration et l’asile, autorise les États membres à conclure des accords pour installer des centres de rétention hors des frontières de l’UE. Une disposition que Matthieu Valet a saluée, y voyant un moyen de « défendre la nation française » et son identité.
« La défense de la nation française, c’est le ciment entre tous les Républicains qui aiment la France, sa patrie, qui veulent défendre son identité, ses libertés et sa culture », a-t-il déclaré. L’eurodéputé a également réagi aux propos de Manon Aubry (LFI), qui dénonçait une politique de « déportation ». « Je trouve qu’instrumentaliser ces votes et cette politique, c’est ignoble », a-t-il rétorqué, précisant que le terme anglais « expulsion » était plus adapté que « déportation ».
Face à Emmanuel Macron, qui a affirmé que la France ne mettrait pas en place de centres pour migrants en dehors de l’UE, jugeant ces solutions « inefficaces et contraires aux valeurs européennes », Matthieu Valet a dénoncé une position « cohérente » mais « loufoque ». « M. Macron est soi-disant pro-européen, et il ne va pas respecter la directive ? », a-t-il ironisé. Pour l’eurodéputé RN, l’immigration doit être « un projet », et non une politique de laisser-faire. « Nous, ce n’est pas un projet », a-t-il insisté, excluant toute idée d’expulsion vers des pays en guerre ou où les droits humains seraient bafoués.
Entre réalisme climatique et divisions politiques
Les déclarations de Matthieu Valet surviennent dans un contexte où la France, comme l’ensemble de l’Europe, doit faire face à des défis climatiques et migratoires de plus en plus pressants. Selon lui, les canicules « sont amenées à se succéder et, malheureusement, à devenir fréquentes ». Une réalité que le gouvernement semble désormais prendre au sérieux, même si le RN estime que ses propositions sont reprises avec retard.
Sur le volet migratoire, la réforme européenne adoptée mercredi marque un tournant dans la politique d’asile de l’UE. Elle renforce les obligations des États membres en matière de renvoi des migrants déboutés, tout en laissant une marge de manœuvre pour externaliser la gestion des centres de rétention. Une approche que Matthieu Valet défend comme étant « républicaine », mais qui divise profondément la classe politique.
Une chose est sûre : les enjeux climatiques et migratoires, déjà complexes, devraient rester au cœur des débats politiques dans les mois à venir. Entre urgences et projets de long terme, la France et l’Europe devront trouver un équilibre entre fermeté et humanité.
Le Rassemblement national propose un « plan national massif de climatisation » financé par la suppression de l’Ademe (136 millions d’euros par an), du Cese (40 millions d’euros) et la construction de 20 réacteurs nucléaires EPR. Ce plan vise à climatiser les écoles, hôpitaux, Ehpad et services publics, pour un coût estimé à 1,4 milliard d’euros.
Le président de la République a jugé ces centres « inefficaces » et « contraires aux valeurs européennes ». Il a affirmé que la France ne mettrait pas en place de tels centres, privilégiant une approche « conforme aux valeurs de l’Europe » en matière de droits humains.