En pleine vague de chaleur, alors que les systèmes de climatisation fonctionnent à plein régime, le réseau de transport d'électricité de RTE (Réseau de Transport d'Électricité) voit ses capacités de transport réduites, et ce, précisément au moment où la demande énergétique est la plus forte. Selon Frandroid, cette baisse de performance n'est pas liée à une panne technique ou à une défaillance des infrastructures, mais s'explique par des principes physiques bien connus. Pourtant, sans les dispositifs de sécurité mis en place, les conséquences pourraient s'avérer critiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Les lignes à haute tension de RTE transportent moins d'électricité en période de canicule qu'en hiver, en raison de contraintes physiques.
  • Cette baisse de capacité survient alors que la demande en climatisation fait grimper la consommation énergétique.
  • RTE dispose de protections automatiques pour éviter une surchauffe des infrastructures, limitant ainsi le risque de pannes généralisées.
  • En 2025, RTE avait déjà alerté sur l'impact des températures élevées sur le réseau électrique français.

Un phénomène physique qui s'accentue avec la chaleur

Lorsqu'une canicule s'installe, l'air chaud, moins dense que l'air froid, réduit la capacité des lignes à haute tension à évacuer la chaleur générée par le passage du courant électrique. D'après les explications de RTE rapportées par Frandroid, « la résistance des câbles augmente avec la température, ce qui limite mécaniquement le volume d'électricité pouvant transiter ». Autrement dit, plus il fait chaud, moins les lignes peuvent transporter d'énergie sans risque de surchauffe. Ce phénomène, bien que prévisible, devient particulièrement problématique lorsque la demande en électricité explose, comme c'est le cas pendant les épisodes de forte chaleur.

Des protections automatiques pour éviter le black-out

Pour contrer ce risque, RTE a mis en place des mécanismes de régulation automatique qui réduisent la charge sur les lignes lorsque la température dépasse certains seuils. Ces dispositifs, souvent méconnus du grand public, permettent d'éviter une dégradation irréversible des infrastructures. Frandroid souligne que sans ces mesures, « le réseau pourrait entrer en surcharge, entraînant des coupures localisées ou, dans le pire des cas, un effondrement partiel ». En 2025 déjà, l'entreprise avait tiré la sonnette d'alarme lors d'une canicule précoce, rappelant que « la France n'était pas à l'abri de difficultés si les températures devaient dépasser 40 °C pendant plusieurs jours consécutifs ».

Un enjeu qui dépasse les frontières françaises

Ce problème n'est pas spécifique à la France. Comme le rappelle Frandroid, d'autres pays européens, notamment l'Allemagne et l'Espagne, font face à des défis similaires lors des vagues de chaleur. En 2022, l'Espagne avait dû recourir à des coupures programmées pour éviter une saturation du réseau, un scénario que RTE cherche précisément à éviter. « La résilience du réseau électrique européen sera mise à l'épreuve dans les années à venir », avait déclaré un porte-parole de l'ENTSO-E (European Network of Transmission System Operators for Electricity) cité par la source. Les experts s'accordent à dire que l'augmentation des températures moyennes, liée au réchauffement climatique, risque d'aggraver cette situation.

Et maintenant ?

Pour les prochains étés, RTE mise sur des solutions techniques pour renforcer la capacité de transport de ses lignes, comme l'utilisation de câbles à haute température ou l'installation de systèmes de refroidissement actifs. Une étude pilote est en cours dans le sud-ouest du pays, une région particulièrement exposée aux canicules. Reste à voir si ces mesures suffiront à absorber la hausse de la demande, alors que la France prévoit de fermer plusieurs centrales nucléaires d'ici 2035.

Cette situation rappelle, une fois de plus, la vulnérabilité des infrastructures énergétiques face aux aléas climatiques. Alors que les épisodes de canicule devraient se multiplier et s'intensifier, la question de l'adaptation du réseau électrique français – et européen – devient un enjeu stratégique pour les décennies à venir.

La capacité de transport d'une ligne à haute tension diminue avec la hausse des températures en raison de l'augmentation de la résistance électrique des câbles. L'air chaud, moins dense, limite également l'évacuation de la chaleur produite par le passage du courant. Résultat : le réseau ne peut plus transporter autant d'électricité sans risquer une surchauffe, comme l'explique RTE.

RTE teste actuellement des câbles capables de supporter des températures plus élevées, ainsi que des systèmes de refroidissement actifs. L'entreprise travaille aussi sur une meilleure anticipation des pics de demande grâce à des outils de modélisation météorologique et énergétique.