Alors que la France s’apprête à subir une nouvelle vague de chaleur, la RATP a mis en place une « cellule d’anticipation » dédiée afin d’anticiper les effets des fortes températures sur son réseau. Selon Le Figaro, cette structure, lancée la semaine dernière, permet d’élaborer en temps réel des scénarios d’adaptation en fonction de l’intensité et de la durée des épisodes caniculaires. Une initiative qui intervient après l’épisode historique de juin, marqué par des records de chaleur.

Ce qu'il faut retenir

  • Une « cellule d’anticipation » a été créée par la RATP pour préparer les prochains épisodes de canicule, selon Le Figaro.
  • Sept départements du sud de la France passent en vigilance orange canicule dès ce dimanche 6 juillet.
  • La fréquentation des métros et RER en Île-de-France a chuté de 15 % lors de la précédente canicule, et jusqu’à 30 % pour les bus de la petite couronne.
  • 50 % des rames de métro sont équipées de ventilation réfrigérée, un dispositif moins énergivore que la climatisation classique.
  • Dès que la température des rails atteint 57 °C, la vitesse des métros est réduite à Paris.

Une cellule dédiée pour anticiper les impacts des vagues de chaleur

Xavier Piechaczyk, PDG de la RATP, a détaillé le fonctionnement de cette cellule lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, samedi 4 juillet. « Elle permet désormais de travailler sur les différents scénarios qu’on pourrait mettre en œuvre en fonction de l’intensité et la durée de la chaleur », a-t-il expliqué. Cette structure, opérationnelle depuis quelques jours, s’inscrit dans une démarche proactive pour limiter les perturbations liées aux fortes chaleurs, un phénomène appelé à se multiplier avec le changement climatique.

Alors que sept départements du sud de la France passent en vigilance orange canicule dès ce dimanche, la RATP prépare ses équipes à réagir rapidement. Les infrastructures de transport et le matériel roulant sont particulièrement vulnérables aux températures élevées, nécessitant une vigilance accrue des équipes de maintenance.

Les défis posés par les fortes chaleurs sur le réseau

Pour le métro, dont les infrastructures sont souterraines, les pics de température restent limités. En revanche, les parties aériennes et les tramways sont plus exposés. « Les fortes chaleurs peuvent générer des déformations de la chaussée ou des rails », a précisé Xavier Piechaczyk. Afin de surveiller en temps réel l’évolution des températures, la RATP a déployé des capteurs connectés sur les zones aériennes de son réseau. Ces dispositifs permettent d’obtenir des relevés précis et d’ajuster les mesures en conséquence.

Dès que la température des rails atteint 57 °C en Île-de-France, la vitesse des métros est systématiquement réduite. Cette mesure vise à prévenir les risques de déformation des voies, qui pourraient entraîner des ralentissements ou des interruptions de service. Une contrainte qui s’ajoute aux défis logistiques posés par les vagues de chaleur.

Une baisse de fréquentation record lors de la précédente canicule

La canicule de juin a eu un impact significatif sur la fréquentation du réseau francilien. Selon les chiffres communiqués par Xavier Piechaczyk, la fréquentation des métros et RER en Île-de-France a chuté de 15 % pendant cette période. Pour les bus de la petite couronne, la baisse a été encore plus marquée, atteignant 25 % à 30 %. Une tendance qui reflète à la fois les difficultés de déplacement et la volonté des usagers de limiter leurs sorties pendant les épisodes de forte chaleur.

Ces chiffres soulignent l’importance d’adapter l’offre de transport aux conditions climatiques. La RATP, en collaboration avec Île-de-France Mobilités, travaille sur des solutions pour maintenir un service acceptable malgré les contraintes liées aux températures extrêmes.

Des équipements adaptés pour limiter l’inconfort des voyageurs

Face aux canicules à répétition, la RATP a accéléré le déploiement de systèmes de rafraîchissement dans ses rames. Aujourd’hui, 50 % des métros sont équipés de ventilation réfrigérée, qui permet de rafraîchir l’air de quelques degrés par rapport à l’extérieur. Ce système, moins énergivore que la climatisation classique, reste cependant moins efficace pour maintenir une température constante à bord.

Les nouvelles rames MF19, dont le déploiement est prévu jusqu’en 2034, seront toutes dotées de ventilation réfrigérée. Pour le RER, 93 % du parc est déjà équipé. Les tramways opérés par la RATP pour le compte d’Île-de-France Mobilités bénéficient également de ce dispositif, tandis que 49 % des bus en disposaient en 2025. L’objectif est d’équiper l’intégralité des bus d’ici 2035.

Des mesures complémentaires pour améliorer le confort des usagers

Au-delà des systèmes de ventilation, la RATP multiplie les initiatives pour améliorer le confort des voyageurs lors des épisodes de canicule. Plus d’une centaine de fontaines à eau ont déjà été installées sur le réseau d’Île-de-France Mobilités, et d’autres points de rafraîchissement sont prévus dans les mois à venir. Ces équipements visent à répondre aux besoins des usagers, souvent confrontés à des températures élevées dans les stations et les rames.

La RATP a également annoncé la préparation d’un « plan d’adaptation au changement climatique ». Ce document, dont l’élaboration devrait s’achever « d’ici environ un an », détaillera les mesures structurelles à mettre en œuvre pour renforcer la résilience du réseau face aux vagues de chaleur à venir. Une démarche qui s’inscrit dans une réflexion plus large sur la durabilité des infrastructures de transport en Île-de-France.

Et maintenant ?

Si la cellule d’anticipation de la RATP permet d’améliorer la réactivité face aux canicules, son efficacité dépendra largement de l’évolution des températures dans les semaines à venir. Les prévisions météo indiquent que plusieurs régions pourraient encore être touchées par des épisodes de forte chaleur d’ici la fin de l’été. La RATP devra donc maintenir une veille constante et adapter ses protocoles en conséquence. Par ailleurs, le déploiement progressif des équipements de rafraîchissement et la finalisation du plan d’adaptation climatique devraient contribuer à limiter l’impact des prochaines vagues de chaleur sur le réseau francilien.

Reste à voir si ces mesures suffiront à éviter les perturbations majeures que les canicules ont pu engendrer par le passé. Une chose est sûre : avec l’augmentation de la fréquence des épisodes de chaleur extrême, la question de l’adaptation des transports en commun aux nouvelles conditions climatiques est plus que jamais d’actualité.

Cette mesure vise à prévenir les risques de déformation des voies, qui pourraient entraîner des ralentissements ou des interruptions de service. À cette température, les rails peuvent se dilater et se déformer, ce qui compromettrait la sécurité et la fluidité du trafic.

D’après les déclarations de Xavier Piechaczyk, ce plan devrait être prêt « d’ici environ un an », soit aux alentours de l’été 2027. Il détaillera les mesures structurelles à mettre en œuvre pour renforcer la résilience du réseau face aux vagues de chaleur.