Alors que la France subit en ce mois de mai 2026 une vague de chaleur exceptionnelle, avec des températures pouvant atteindre 39 degrés dans les prochains jours, les entreprises sont tenues de respecter des règles strictes pour protéger leurs salariés. Selon Le Figaro, ces obligations ont été récemment renforcées par un décret publié le 27 mai 2025 et entré en vigueur le 1er juillet 2025. Désormais, les employeurs doivent appliquer des mesures de prévention spécifiques dès que Météo France place une région en vigilance jaune, orange ou rouge.
Ce qu'il faut retenir
- Les employeurs doivent fournir de l’eau potable et fraîche à leurs salariés tout au long de la journée, avec un minimum de trois litres par jour et par travailleur dans le BTP si l’eau courante n’est pas disponible.
- Les locaux fermés doivent être équipés de moyens techniques pour réduire l’accumulation de chaleur, comme des ventilateurs, des brumisateurs ou des pare-soleil.
- Les employeurs doivent adapter les horaires et aménager les postes de travail pour limiter l’exposition à la chaleur, notamment pour les travailleurs vulnérables.
- Depuis le 1er juillet 2025, les entreprises doivent former leurs salariés sur les risques liés à la chaleur et les mesures de prévention à adopter.
- Les travailleurs mineurs et les salariés vulnérables doivent bénéficier de protections spécifiques.
Des obligations renforcées depuis juillet 2025
Le décret du 27 mai 2025 a durci les règles en matière de prévention des risques liés aux vagues de chaleur. Désormais, les employeurs doivent agir dès que Météo France émet une alerte jaune (pic de chaleur), orange (canicule) ou rouge (canicule extrême). Selon Le Figaro, ces mesures visent à protéger les salariés contre des problèmes de santé variés : fièvre, migraine, crampes, déshydratation, accidents ou encore troubles liés à l’exposition prolongée au soleil.
L’une des principales nouveautés concerne la fourniture d’eau potable. Les entreprises doivent mettre à disposition une quantité suffisante d’eau « potable et fraîche », maintenue au frais tout au long de la journée. Pour les travailleurs en extérieur, notamment dans le secteur du BTP, la loi impose désormais un minimum de trois litres d’eau par jour et par salarié lorsque l’eau courante n’est pas accessible.
Des règles strictes pour les locaux fermés et les postes en extérieur
Pour les emplois de bureau ou les espaces clos, les employeurs doivent garantir un renouvellement de l’air afin d’éviter une élévation excessive des températures. Depuis le 1er juillet 2025, ils sont également tenus de mettre en place des « moyens techniques » pour réduire le rayonnement solaire sur les surfaces exposées. Parmi les solutions recommandées figurent les ventilateurs, les brumisateurs ou encore les pare-soleil. Ces mesures s’appliquent aussi bien aux bureaux qu’aux postes en extérieur.
La prévention doit être intégrée dès la conception des locaux. Les bâtiments doivent permettre « l’adaptation de la température à l’organisme humain pendant le temps de travail », en tenant compte des méthodes de travail et des contraintes physiques des salariés. Les employeurs doivent également fournir des équipements de protection adaptés pour limiter les effets des rayonnements solaires, directs ou diffusés.
Une attention particulière pour les travailleurs vulnérables et les mineurs
Le décret de 2025 a introduit des obligations spécifiques pour les salariés considérés comme particulièrement vulnérables en raison de leur âge ou de leur état de santé. Les employeurs doivent adapter leurs mesures de prévention pour ces travailleurs, en leur offrant des conditions de travail adaptées et en limitant leur exposition à la chaleur. Par ailleurs, les règles concernant les mineurs âgés de quatorze à seize ans ont été renforcées. Il est désormais interdit de les affecter à des tâches les exposant à des températures extrêmes susceptibles de nuire à leur santé.
Dans le secteur du BTP, où les travailleurs sont souvent en extérieur, les entreprises organisent depuis longtemps des aménagements pour limiter les risques. Un local de repos doit être mis à disposition pour permettre aux salariés de faire des pauses. Depuis le 1er juillet 2025, ces dispositions doivent également s’appliquer aux bureaux. Les employeurs peuvent modifier les horaires, aménager les postes de travail ou prévoir des périodes de repos pour réduire l’exposition à la chaleur.
Formation et signalement des risques : des obligations clés
Outre les mesures matérielles, les employeurs ont une obligation d’information et de formation de leurs équipes. Ils doivent les sensibiliser aux « conduites à tenir » pendant les épisodes de forte chaleur et leur expliquer comment utiliser correctement les équipements de protection. L’objectif est de réduire l’exposition à la chaleur « à un niveau aussi bas qu’il est techniquement possible ».
Sur le plan administratif, les entreprises doivent intégrer les risques liés aux ambiances thermiques dans leur document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Depuis le 1er juillet 2025, une nouvelle obligation s’ajoute : les salariés et les services de prévention et de santé au travail doivent être formés pour reconnaître les « situations de malaise ou de détresse » et porter secours aux victimes de la chaleur. Cette mesure vise à renforcer la réactivité en cas d’urgence.
Alors que la France enregistre des températures records pour un mois de mai, les employeurs doivent agir rapidement pour se conformer à la réglementation. Les sanctions en cas de manquement restent sévères : elles peuvent aller jusqu’à des amendes ou, dans les cas les plus graves, des poursuites pénales pour mise en danger d’autrui. Pour les salariés, ces mesures sont essentielles pour préserver leur santé et leur sécurité face à des conditions de travail de plus en plus difficiles.
Un employeur qui ne respecte pas les mesures de prévention contre la chaleur s’expose à des sanctions administratives, pouvant aller jusqu’à des amendes. Dans les cas les plus graves, notamment si un salarié subit un accident ou une maladie professionnelle liée à la chaleur, l’employeur peut faire l’objet de poursuites pénales pour mise en danger d’autrui, selon les dispositions du Code du travail et du Code pénal.