Alors que le mercure s’apprête à battre de nouveaux records, les Français doivent se préparer à un nouvel épisode caniculaire dans les prochains jours. Cette annonce intervient alors que le gouvernement vient de réintroduire l’usage de l’acétamipride, un néonicotinoïde controversé, et que la direction du Mucem se trouve plongée dans une crise institutionnelle après la suspension de son président. C’est ce qu’a compilé la rédaction de Libération ce mardi 30 juin 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Un épisode caniculaire est attendu dans les prochains jours, avec des températures dépassant les 35°C dans plusieurs régions françaises.
- Le gouvernement a annoncé la réautorisation de l’acétamipride, un pesticide classé comme perturbateur endocrinien, pour une durée limitée.
- Le président du Mucem, Jean-Luc Martinez, a été suspendu de ses fonctions dans le cadre d’une enquête pour prise illégale d’intérêts.
- Une manifestation contre les violences policières a réuni plus de 2 000 personnes à Paris, selon les organisateurs.
- Le prix du gaz a encore augmenté de 2,3% ce mois-ci, selon la CRE (Commission de régulation de l’énergie).
Un nouvel épisode caniculaire en vue
Météo-France a placé plusieurs départements en vigilance orange pour canicule dès ce mercredi 1er juillet, avec des températures prévues entre 36°C et 40°C dans le Sud-Est et en région parisienne. Les autorités sanitaires appellent la population à adopter des gestes de prévention, notamment les personnes âgées et les travailleurs en extérieur. « Les vagues de chaleur s’intensifient d’année en année, autant dire que les prochains jours s’annoncent difficiles pour de nombreux Français », a souligné un porte-parole de Santé publique France. Les prévisions évoquent une durée minimale de cinq jours, avec un risque de pics à plus de 42°C dans le Gard et les Bouches-du-Rhône.
L’acétamipride de retour dans les champs français
Après plusieurs années d’interdiction, l’usage de l’acétamipride, un insecticide controversé pour ses effets sur la santé et l’environnement, a été réautorisé pour une période de six mois. Le ministère de l’Agriculture justifie cette décision par la nécessité de protéger les cultures de betteraves sucrières, menacées par la jaunisse. « Cette mesure est temporaire et encadrée, a précisé le cabinet de Marc Fesneau. Nous travaillons en parallèle sur des alternatives moins nocives. » Les associations environnementales dénoncent un retour en arrière dangereux. « C’est une décision incompréhensible alors que l’Europe renforce ses interdictions », a réagi Stéphane Foucart, journaliste spécialisé pour Libération.
Crise institutionnelle au Mucem : le président suspendu
Jean-Luc Martinez, président du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem), a été suspendu de ses fonctions par le ministère de la Culture dans le cadre d’une enquête préliminaire pour prise illégale d’intérêts. Les faits remontent à 2023, lorsque l’institution avait acquis des œuvres auprès d’un galeriste lié à Martinez. « Nous prenons cette décision avec sérieux, mais nous attendons les conclusions de l’enquête administrative », a indiqué la ministre Rachida Dati. Le Mucem, ouvert en 2013, accueille en moyenne 2 millions de visiteurs par an et reste l’un des musées les plus fréquentés de France. Martinez, lui, a réagi par un communiqué : « Je conteste fermement ces accusations et défendrai mon intégrité devant les instances compétentes. »
Manifestations et tensions sociales : plus de 2 000 personnes dans les rues de Paris
Une marche contre les violences policières et pour la justice sociale a rassemblé, hier après-midi, près de 2 500 manifestants selon les organisateurs, un chiffre confirmé par les forces de l’ordre. Le cortège, parti de la place de la République, a été émaillé de heurts avec les forces de l’ordre, entraînant l’interpellation de 18 personnes. « Nous dénonçons des méthodes policières disproportionnées, a déclaré Assa Traoré, figure du mouvement. Ce gouvernement doit enfin reconnaître l’ampleur des violences institutionnelles. » Le ministre de l’Intérieur a, pour sa part, salué « le maintien de l’ordre » tout en reconnaissant des « tensions inévitables ».
Hausse des prix de l’énergie : le gaz augmente encore
Les Français vont devoir s’acquitter d’une facture énergétique plus lourde encore ce mois-ci. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé une hausse moyenne de 2,3% du prix du gaz, portant la facture annuelle d’un foyer moyen à 1 850 €. « Cette augmentation s’explique par la flambée des cours internationaux et la dépendance résiduelle au gaz russe », explique un analyste du marché. Les associations de consommateurs appellent à des mesures d’urgence, tandis que le gouvernement évoque des « aides ciblées » pour les ménages modestes. Le prix de l’électricité, lui, reste stable pour l’instant, grâce à la prolongation des boucliers tarifaires.
Alors que l’été s’installe dans un climat social tendu, les Français devront composer avec une actualité à la fois climatique, politique et économique chargée. Les prochaines semaines diront si les mesures prises suffiront à atténuer les crises en cours.
L’acétamipride a été réintroduit temporairement pour six mois afin de protéger les cultures de betteraves sucrières contre la jaunisse, une maladie transmise par des pucerons. Le gouvernement s’appuie sur une dérogation prévue en cas de menace grave pour les productions agricoles, tout en promettant de développer des alternatives.