Le parc nucléaire français voit son fonctionnement perturbé par la vague de chaleur actuelle. Trois réacteurs sont actuellement à l'arrêt en raison des températures élevées, tandis qu'un quatrième doit réduire sa puissance. Selon Reporterre, EDF a stoppé deux nouvelles unités jeudi 25 juin : celles de Bugey (Ain) et de Nogent-sur-Seine (Aube). Ils s'ajoutent au réacteur de Golfech (Tarn-et-Garonne), arrêté depuis le 22 juin. Le réacteur n°2 de la centrale de Saint-Alban (Isère) doit également diminuer sa production pour se conformer aux règles de sûreté en vigueur.
Ce qu'il faut retenir
- Trois réacteurs nucléaires sont arrêtés en France en raison de la canicule : Bugey, Nogent-sur-Seine et Golfech
- Un quatrième réacteur (Saint-Alban n°2) doit réduire sa puissance pour respecter les contraintes thermiques
- Les arrêts et ralentissements sont justifiés par les températures élevées de l'air et de l'eau, qui limitent le refroidissement des installations
- EDF a pris ces décisions jeudi 25 juin, après un premier arrêt à Golfech trois jours plus tôt
Un phénomène récurrent lors des vagues de chaleur
Ces mesures ne sont pas exceptionnelles. Les centrales nucléaires françaises, refroidies par des fleuves ou des rivières, sont soumises à des limites strictes de température pour leurs rejets d'eau chaude. En période de canicule, lorsque le débit des cours d'eau diminue et que leur température augmente, EDF doit parfois ralentir ou stopper certains réacteurs. C'est ce qui s'est produit à Golfech, où l'unité concernée est à l'arrêt depuis le 22 juin. Selon Ouest France, d'autres ralentissements ou arrêts pourraient intervenir dans les prochains jours, sans que leur nombre ou leur localisation ne soit encore précisé.
Des contraintes techniques et environnementales
La sûreté des installations n'est pas remise en cause, assure EDF. Les réacteurs concernés sont arrêtés ou mis en mode de fonctionnement réduit pour éviter de dépasser les seuils réglementaires de température dans les milieux aquatiques. Ces seuils visent à protéger la faune et la flore locales, particulièrement sensibles à la hausse des températures. Saint-Alban n°2, par exemple, doit limiter sa production pour ne pas réchauffer davantage le Rhône, déjà soumis à une forte pression thermique. À Bugey et Nogent-sur-Seine, les arrêts permettent de préserver le Rhône et la Seine, dont les débits sont actuellement bas et les températures élevées.
Un impact limité sur la production électrique nationale
La puissance totale des réacteurs concernés n'a pas été communiquée par EDF, mais elle représente une baisse marginale de la production nucléaire française. En 2025, lors d'une canicule similaire, RTE (Réseau de Transport d'Électricité) avait estimé que ces ajustements avaient réduit la production de moins de 2 % sur l'ensemble du parc. Les gestionnaires de réseau assurent que l'équilibre offre-demande reste garanti, grâce notamment aux autres sources de production et à la baisse de la consommation pendant les périodes de forte chaleur. RTE a indiqué, sans plus de précisions, que la situation était sous surveillance.
Alors que la France subit un épisode caniculaire précoce pour la saison, ces perturbations rappellent les défis croissants posés par le changement climatique aux infrastructures énergétiques. Les gestionnaires de réseaux et producteurs d'électricité devront, à l'avenir, anticiper davantage ces contraintes thermiques, dont la fréquence et l'intensité risquent de s'accroître.
Les centrales nucléaires rejettent de l'eau chaude issue du refroidissement des réacteurs. En période de canicule, les fleuves et rivières, déjà chauds et peu alimentés en eau, ne peuvent absorber ces rejets sans dépasser les seuils réglementaires. EDF doit donc ralentir ou arrêter certains réacteurs pour ne pas menacer la biodiversité aquatique et respecter les normes environnementales.