Selon Reporterre, les mers et océans subissent actuellement des températures exceptionnellement élevées, avec des conséquences dramatiques sur les écosystèmes marins. Depuis le mois de mai, le golfe de Gascogne, la Manche et la Méditerranée enregistrent des vagues de chaleur prolongées, comparables à des « incendies » aquatiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois mois de canicule quasi ininterrompue sont enregistrés en mer depuis mai 2026, avec des records journaliers battus environ un jour sur deux.
  • Des températures atteignant 23,4 °C ont été relevées le 11 juillet dans certaines zones du golfe de Gascogne.
  • Les écosystèmes marins subissent des perturbations majeures, avec des risques accrus pour les espèces locales et les récifs coralliens.
  • La Méditerranée, la Manche et le golfe de Gascogne sont particulièrement touchés, mais d’autres régions océaniques pourraient être concernées.

Des températures record en mer, un phénomène en pleine expansion

La surchauffe des océans n’est plus un phénomène marginal. Comme le rapporte Reporterre, plus de 90 % de la chaleur excédentaire due au changement climatique est absorbée par les mers. Cet été, les conditions sont aggravées par des anticyclones persistants, maintenant les eaux à des températures anormalement élevées. « On observe une canicule marine depuis près de trois mois, avec des pics à plus de 23 °C dans certaines zones », explique un expert cité par le média.

Le phénomène n’est pas isolé. En 2021 déjà, une étude publiée dans Nature Climate Change alertait sur l’augmentation des canicules marines, dont la fréquence a doublé depuis 1982. En 2026, l’intensité et la durée de ces épisodes ont encore progressé, posant la question de leur durabilité pour les espèces adaptées à des températures plus fraîches.

Des impacts immédiats sur la biodiversité marine

Les conséquences de cette surchauffe se manifestent déjà sur plusieurs fronts. Les scientifiques s’inquiètent particulièrement pour les récifs coralliens, comme ceux de Méditerranée, où le blanchissement des coraux s’accélère. « Les espèces mobiles, comme les poissons ou les crustacés, tentent de fuir vers des eaux plus froides, mais celles-ci se raréfient », précise un biologiste marin interrogé par Reporterre.

Les conséquences économiques pourraient aussi être lourdes. La pêche et l’aquaculture, déjà fragilisées par les variations climatiques, subissent des perturbations. En Bretagne, par exemple, certains ostréiculteurs signalent une mortalité accrue des huîtres, liée à la hausse des températures et à la prolifération d’algues nuisibles dans des eaux trop chaudes. « On craint une baisse de 20 à 30 % des rendements cette année », confie un professionnel du secteur.

Un phénomène qui dépasse les frontières françaises

Si la France est particulièrement touchée, d’autres régions du globe subissent le même phénomène. En Floride, les températures de surface de la mer ont atteint 38 °C début juillet, un record absolu. En Méditerranée orientale, des eaux à 30 °C ont été enregistrées, favorisant l’apparition d’espèces invasives comme la méduse Rhopilema nomadica.

Les scientifiques rappellent que ces canicules marines ne sont pas sans lien avec le réchauffement climatique global. « Chaque dixième de degré compte. Avec une hausse de 1,5 °C des températures mondiales, la fréquence des canicules marines pourrait être multipliée par quatre », souligne un chercheur du CNRS. Les projections pour les décennies à venir sont donc alarmantes, à moins d’une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre.

Et maintenant ?

Les spécialistes s’attendent à une prolongation des canicules marines au moins jusqu’à la fin de l’été, avec un risque de résurgence au printemps 2027 si les conditions météorologiques restent similaires. Une surveillance accrue des écosystèmes sera nécessaire pour évaluer l’ampleur des dégâts et adapter les mesures de protection. La COP30, prévue en novembre 2026, pourrait aborder ce sujet, alors que les États sont appelés à renforcer leurs engagements climatiques.

Face à l’urgence, certains scientifiques plaident pour la création de « refuges thermiques », des zones marines protégées où les espèces pourraient se replier. « Mais ces solutions ne suffiront pas sans une action globale contre le réchauffement », tempère un océanographe.

Les espèces les plus vulnérables sont celles à faible mobilité, comme les coraux, les moules ou les huîtres. Les récifs coralliens, déjà fragilisés par le réchauffement, subissent un blanchissement accéléré. En Méditerranée, des espèces endémiques comme le posidonie sont également en danger, car elles ne supportent pas des températures dépassant 28 °C.