À la veille de la clôture de la COP17 contre la désertification, réunie en Mongolie, les éleveurs et pastoralistes du monde entier voient leurs espoirs de solutions concrètes s’éloigner. Selon nos confrères de Reporterre, qui couvrent l’événement depuis Oulan-Bator, les négociations s’orientent vers un échec malgré la mobilisation inédite de ces acteurs souvent marginalisés.

Ce qu'il faut retenir

  • Les éleveurs et pastoralistes, venus d’Asie, d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Europe, ont enfin obtenu une place centrale dans les débats après des années de lutte.
  • Les négociations en cours à Oulan-Bator, en Mongolie, devraient aboutir à un échec selon les observateurs.
  • Les éleveurs dénoncent l’absence de mesures concrètes pour répondre à la dégradation des terres et à la désertification.
  • La COP17, qui se tient du 2 au 13 septembre 2026, était présentée comme une opportunité pour faire avancer la protection des sols.

Une reconnaissance tardive mais limitée

Pour ces éleveuses et éleveurs, la simple reconnaissance de leur existence dans les discussions représente une victoire. « On est partout. On parle de nous tous les jours. Cela fait dix ans que je travaille », confie l’un d’eux à Reporterre. Cette avancée, fruit d’une décennie de revendications, reste cependant symbolique. Les pastoralistes, dont les modes de vie dépendent directement des terres arides, espéraient des engagements forts.

Pourtant, malgré leur mobilisation, les négociations piétinent. Les délégations nationales peinent à s’accorder sur des mesures contraignantes pour lutter contre la désertification. Selon Reporterre, les discussions se concentrent davantage sur des déclarations d’intention que sur des plans d’action concrets. Les éleveurs, eux, repartiront sans garantie sur l’avenir de leurs territoires.

Un échec annoncé malgré les attentes

La COP17 était présentée comme un tournant pour la protection des sols, un enjeu majeur face à l’avancée de la désertification. En Mongolie, où la dégradation des terres touche près de 70 % du territoire, selon les données officielles, les attentes étaient élevées. Pourtant, les éleveurs dénoncent l’absence de financements dédiés et de mécanismes pour soutenir leurs pratiques durables.

Les pastoralistes, en particulier, soulignent le manque de considération pour leurs savoir-faire traditionnels. « Ce n’est pas ici qu’on a trouvé une solution », regrette un éleveur africain cité par Reporterre. Les discussions, dominées par les États et les grandes organisations internationales, peinent à intégrer les réalités locales. Les éleveurs, souvent perçus comme des victimes de la désertification, demandent à être des acteurs clés des solutions.

Les pastoralistes, acteurs clés d’une transition impossible

Ces éleveurs, dont les modes de vie reposent sur la gestion des terres arides, sont les premiers concernés par la désertification. Leur exclusion historique des débats climatiques a longtemps freiné l’émergence de solutions adaptées. À Oulan-Bator, leur présence massive marque une étape, mais ne suffit pas à faire bouger les lignes.

Les négociations, qui devaient aboutir à un traité international sur la neutralité en matière de dégradation des terres, risquent de se conclure sur un simple constat d’échec. Les éleveurs, eux, repartent avec l’amertume d’avoir été entendus sans être écoutés. Pour eux, la COP17 aura au moins servi à rappeler que la désertification ne se combat pas sans les premiers concernés.

Et maintenant ?

La COP17 s’achèvera officiellement le 13 septembre 2026 sans accord contraignant. Les éleveurs, eux, devront se tourner vers d’autres instances pour faire valoir leurs revendications. Les prochaines étapes pourraient passer par des initiatives locales ou des partenariats avec des ONG, mais l’absence de cadre international risque de prolonger l’impasse. La question reste entière : comment protéger les terres arides sans les acteurs qui les connaissent le mieux ?

Cette COP17 illustre les limites des négociations climatiques lorsque les solutions peinent à émerger. Pour les éleveurs, le combat continue — ailleurs, et sans garantie de succès.