Selon nos confrères de Euronews FR, l’Europe a connu cet été des températures records, avec des vagues de chaleur successives qui ont mis les systèmes de santé sous tension et provoqué des milliers de décès supplémentaires. Si les coups de chaleur, les insolations et la déshydratation sont les effets les plus visibles de ces épisodes caniculaires, une étude récente révèle que plus de 30 affections, souvent méconnues, sont également liées aux fortes chaleurs.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude publiée dans Science Advances identifie 33 diagnostics associés aux fortes chaleurs, dont des éruptions cutanées, des poussées de sclérose en plaques et des traumatismes violents.
- Les chercheurs ont analysé près d’un million de passages aux urgences à Chicago entre 2011 et 2023, révélant des liens entre chaleur et troubles rénaux, mentaux ou comportementaux.
- Les milieux urbains sont particulièrement exposés en raison de l’« effet d’îlot de chaleur urbain », qui amplifie les températures locales.
- La chaleur extrême pourrait aussi favoriser une hausse des traumatismes accidentels et violents, notamment des agressions et des incidents impliquant des armes à feu.
Une étude pionnière sur les effets insoupçonnés de la chaleur
Une recherche publiée dans la revue Science Advances met en lumière des liens méconnus entre les fortes chaleurs et une trentaine de maladies. Parmi elles figurent des éruptions et gonflements cutanés, des insuffisances rénales aiguës, des poussées de sclérose en plaques, des troubles mentaux et comportementaux, ainsi que des piqûres ou morsures d’insectes. Autant de diagnostics souvent négligés dans les services d’urgence, alors que leur incidence augmente significativement lors des périodes de chaleur intense.
« Protéger les personnes et les communautés les plus vulnérables aux effets nocifs du changement climatique est un impératif de santé publique », a déclaré Hyojung Jang, autrice principale de l’étude et chercheuse à l’université Northwestern aux États-Unis. Elle ajoute : « Si nous ne suivons que les maladies liées à la chaleur les plus connues, nous sous-estimerons la véritable charge sanitaire liée aux fortes chaleurs, ce qui pourrait conduire à laisser de côté des personnes et des communautés vulnérables. »
Chicago, un terrain d’étude révélateur
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont examiné 1 803 diagnostics établis lors de près d’un million de passages aux urgences et en soins non programmés à Chicago, entre mai et septembre, de 2011 à 2023. Leur analyse a permis d’identifier des liens statistiques entre les températures élevées et des affections variées, allant des complications rénales aux troubles psychologiques. « Quand il fait très chaud, le corps est soumis à rude épreuve et l’esprit aussi, ce qui peut distraire ou agacer et entraîner davantage d’accidents », explique Daniel Horton, coauteur de l’étude et professeur associé à Northwestern.
Des risques accrus dans les zones urbaines
Les auteurs de l’étude soulignent que les milieux urbains sont particulièrement exposés en raison de l’« effet d’îlot de chaleur urbain ». Ce phénomène, qui peut faire grimper les températures locales de plusieurs degrés, prolonge la durée des épisodes de chaleur et aggrave leurs conséquences sanitaires. Les résultats suggèrent également qu’une chaleur extrême pourrait être liée à une hausse des traumatismes accidentels et violents, notamment des agressions et des incidents impliquant des armes à feu. Les chercheurs ont identifié 23 diagnostics précis de blessures, d’empoisonnements ou de causes externes répondant à leurs critères de lien avec la chaleur.
« Des travaux précédents ont montré que, lorsqu’ils sont exposés à une chaleur extrême, les gens ont tendance à adopter un comportement plus agressif, ce qui pourrait jouer un rôle ici. »
— Daniel Horton, coauteur de l’étude
Vers une meilleure préparation aux canicules
Les conclusions de cette étude pourraient contribuer à améliorer la préparation aux futurs épisodes de forte chaleur. Les chercheurs recommandent une mise à jour des alertes cliniques pour inclure un éventail plus large de troubles, notamment les complications rénales et les déséquilibres hydriques, qui se manifestent souvent plusieurs jours après l’exposition à la chaleur. En anticipant ces diagnostics, les services d’urgences et de soins non programmés pourraient mieux préparer les pics de demande de prises en charge liées à la déshydratation et aux problèmes rénaux pendant et juste après les épisodes de chaleur extrême.
Les vagues de chaleur à répétition en Europe et ailleurs soulignent l’urgence d’adapter les politiques de santé publique aux réalités du changement climatique. Les chercheurs rappellent que ces épisodes ne se contentent pas de menacer les personnes fragiles : ils révèlent aussi des mécanismes biologiques et comportementaux encore mal compris, mais dont les conséquences sanitaires et sociales pourraient s’aggraver dans les décennies à venir.
L’étude met en avant plus de 30 diagnostics associés aux fortes chaleurs, dont des éruptions cutanées, des insuffisances rénales aiguës, des poussées de sclérose en plaques, des troubles mentaux et comportementaux, ainsi que des traumatismes violents comme les agressions ou les incidents impliquant des armes à feu.