Les prix des carburants en France atteignent des niveaux inédits depuis plusieurs mois, portés par des tensions géopolitiques persistantes et des tensions sur l’approvisionnement. Selon BFM Business, le litre de gazole s’affiche désormais à **2,231 €**, tandis que le SP95-E10 dépasse le seuil symbolique des **2 €** à **2,015 €** le litre. Ces hausses, respectivement de **+0,90 %** et **+5,70 %** sur un mois, alourdissent le budget des automobilistes déjà mis à rude épreuve par l’inflation.

Ce qu'il faut retenir

  • Prix du gazole à 2,231 €/litre, en hausse de **2,0 centimes** sur une semaine et de **32,6 centimes** sur un mois, selon les relevés de Carbu.com.
  • SP95-E10 à 2,015 €/litre, soit **+10,8 centimes** sur un mois.
  • 50 % du gazole consommé en France est importé, en raison d’un déficit structurel de raffinage en Europe, aggravé par l’embargo russe sur les exportations.
  • TotalEnergies plafonne ses prix** à **1,99 €/litre** pour l’essence et **2,25 €** pour le gazole dans ses 3 300 stations, limitant l’impact des hausses.
  • Un reflux sous les 2 € pour le gazole** pourrait intervenir d’ici la fin de la semaine, sous réserve de l’évolution des tensions internationales.
  • Les week-ends de grands départs** voient des opérations spéciales sur autoroute, ramenant le gazole à **1,99 €/litre** (15-16 août et 29-30 août).

Une flambée des prix liée aux tensions géopolitiques

La hausse des carburants s’explique en grande partie par les tensions entre les États-Unis et l’Iran, qui pèsent directement sur les cours du pétrole. « On voit très bien que le prix du pétrole dépend des annonces de monsieur Trump : quand il déclare "je vais attaquer sauvagement l’Iran", automatiquement le prix du pétrole monte de 5 à 10 dollars, voire plus. Dans les jours qui suivent, les prix des carburants augmentent », explique Jean-Pierre Favennec, professeur à l’IFP School et spécialiste de l’énergie, interrogé par BFMTV.

Le diesel, carburant le plus consommé en France, subit une pression accrue en raison d’un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande. Alors que la France produit suffisamment d’essence, elle doit importer près de 50 % de son gazole, notamment depuis l’Inde, où des raffineries traitent du brut russe. Or, depuis octobre 2025, Moscou a instauré un embargo sur ses exportations de gazole, reconduit à plusieurs reprises et prolongé fin juillet 2026. Cette mesure, couplée à l’allongement des routes maritimes et aux risques de perturbations au Moyen-Orient, rend le marché du diesel particulièrement vulnérable aux moindres tensions.

TotalEnergies tente de limiter l’impact pour les automobilistes

Face à cette flambée, le groupe TotalEnergies a mis en place des mesures pour atténuer l’impact sur le portefeuille des consommateurs. Depuis fin juillet, le groupe plafonne ses tarifs à 1,99 €/litre pour l’essence et 2,25 € pour le gazole dans ses 3 300 stations-service. Une initiative qui vise à freiner les hausses dans un contexte où les stations sont parfois prises d’assaut, notamment lors des week-ends de grands départs ou de retours de vacances, où des pénuries localisées peuvent survenir.

« Quelques tensions d’approvisionnements très localisées peuvent être observées », indique la communication de TotalEnergies, évoquant des retards liés à la forte affluence estivale et au succès des tarifs plafonnés. Le groupe assure que ses équipes sont « pleinement mobilisées pour prioriser l’approvisionnement des stations concernées » et rappelle que la disponibilité des carburants est actualisée toutes les 30 minutes sur son site internet. Sur autoroute, TotalEnergies va plus loin en proposant, lors des week-ends de départs massifs, une opération spéciale ramenant le gazole au même tarif que l’essence, soit **1,99 €/litre**. Cette mesure a déjà été appliquée les **1er-2 août**, et sera reconduite les **15-16 août** puis les **29-30 août**.

Un espoir de baisse sous les 2 € pour le gazole d’ici la fin de la semaine

Malgré ce contexte tendu, un reflux du prix du gazole sous la barre des 2 € d’ici la fin de la semaine n’est pas exclu, selon Jean-Pierre Favennec. Cette perspective reste cependant « hautement dépendante de la nervosité internationale ». Le détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial, reste un point de tension majeur : toute étincelle diplomatique pourrait annuler les espoirs de baisse, rappelle l’expert.

Les automobilistes français, déjà confrontés à une inflation persistante, espèrent donc une accalmie rapide. Mais pour l’heure, la prudence reste de mise, d’autant que les prix des carburants continuent de fluctuer au gré des annonces politiques et des tensions géopolitiques. TotalEnergies, de son côté, mise sur ses tarifs plafonnés et ses opérations spéciales pour limiter l’impact sur le pouvoir d’achat, tout en assurant un approvisionnement continu dans ses stations.

Et maintenant ?

Les prochains jours seront décisifs pour les automobilistes. Si les tensions au Moyen-Orient devaient s’apaiser, une baisse des cours du pétrole pourrait entraîner un reflux des prix à la pompe. À l’inverse, toute escalade militaire ou diplomatique risquerait de prolonger la hausse des carburants. Les opérations spéciales organisées par TotalEnergies lors des week-ends de départs devraient, en revanche, offrir un répit temporaire aux usagers. Reste à savoir si cette tendance se confirmera dans les semaines à venir, alors que l’été touche à sa fin et que les retours de vacances pourraient encore peser sur l’approvisionnement.

Les prochaines échéances à surveiller incluent les décisions de l’OPEP sur la production de pétrole, ainsi que les annonces des États-Unis et de l’Iran concernant leur conflit. En France, le gouvernement pourrait également être amené à prendre des mesures pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages, alors que la rentrée sociale s’annonce sous haute tension.

En attendant, les conducteurs sont invités à comparer les prix entre stations et à privilégier les enseignes proposant des tarifs plafonnés, comme TotalEnergies. Une stratégie qui, pour l’heure, reste l’un des rares leviers à leur disposition pour limiter l’impact de la flambée des carburants.

Le gazole est plus cher en raison d’un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande. La France importe près de 50 % de son gazole, notamment depuis l’Inde où il est raffiné à partir de brut russe. Depuis octobre 2025, Moscou a instauré un embargo sur ses exportations de gazole, ce qui a réduit l’offre disponible sur le marché européen. De plus, l’Europe manque de capacités de raffinage pour produire suffisamment de diesel, contrairement à l’essence, où la France est autosuffisante.

Le plafonnement des prix par TotalEnergies est une mesure temporaire visant à limiter l’impact de la hausse des carburants sur le pouvoir d’achat des automobilistes. Elle permet de stabiliser les tarifs dans ses 3 300 stations, mais ne résout pas le problème de fond, lié aux tensions géopolitiques et à la dépendance aux importations. Cette initiative pourrait être prolongée si la situation persiste, mais son maintien dépendra des décisions des producteurs de pétrole et des gouvernements.