Alors que les tensions géopolitiques pèsent sur les prix de l’énergie, le patron de Coopérative U, Dominique Schelcher, a appelé ce mardi 5 mai 2026 TotalEnergies à « faire plus » pour réduire les coûts des carburants à la pompe. Invité sur CNews, il a souligné la faible marge de manœuvre des distributeurs, estimant que les raffineurs comme TotalEnergies disposent d’une responsabilité majeure dans la fixation des tarifs. Selon BFM Business, cette prise de position intervient dans un contexte où l’exécutif menace d’intervenir par décret pour encadrer les marges des distributeurs, une solution que Schelcher juge inefficace.
Ce qu'il faut retenir
- Le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, affirme que la marge des distributeurs sur les carburants est « extrêmement faible », entre 1 et 3 centimes par litre.
- Il accuse les raffineurs, notamment TotalEnergies, de ne pas suffisamment baisser leurs prix de gros pour permettre aux enseignes de réduire les tarifs à la pompe.
- La consommation de carburant chez Coopérative U a chuté de plus de 15 % en volume au mois d’avril 2026, un niveau inédit depuis plusieurs années.
- Schelcher estime que le gouvernement sait que l’encadrement des marges des distributeurs ne changera « fondamentalement rien » aux prix à la pompe.
- Le patron de Coopérative U salue la réussite de Patrick Pouyanné à la tête de TotalEnergies, mais lui demande un « effort supplémentaire » en vendant son carburant moins cher aux distributeurs indépendants.
Une marge de manœuvre limitée pour les distributeurs
Dominique Schelcher a rappelé que les stations-service des grandes surfaces ne réalisent « presque aucun bénéfice » sur la vente de carburants. « On ne gagne rien sur le carburant », a-t-il déclaré, précisant que celui-ci sert avant tout d’« argument d’appel » pour attirer les clients en magasin. « Actuellement, on fait tout pour qu’il soit au plus bas », a-t-il ajouté, tout en insistant sur le fait que les distributeurs « ne peuvent pas baisser davantage les prix sans une baisse des coûts en amont ».
Pour Schelcher, la situation actuelle reflète un déséquilibre structurel : « Notre marge de manœuvre est extrêmement faible, car nous ne sommes que des intermédiaires. Le vrai levier se situe chez les raffineurs, qui fixent les prix de gros. » Il a ainsi pointé du doigt TotalEnergies, groupe à la fois raffineur et distributeur, dont les stations-service « ne profitent pas à tous les Français », contrairement aux enseignes comme Coopérative U.
TotalEnergies pointé du doigt, mais salué pour ses actions
Si Dominique Schelcher a tenu à saluer « l’immense respect » qu’il porte à Patrick Pouyanné et à la « formidable réussite » de TotalEnergies, il a également souligné la « responsabilité » du groupe dans la crise actuelle. « TotalEnergies retourne une partie de ses bénéfices avec des actions comme le plafonnement des prix à la pompe, mais il pourrait faire un effort supplémentaire en vendant moins cher à l’ensemble des distributeurs », a-t-il expliqué.
Selon lui, la solution la plus efficace pour faire baisser les prix à la pompe serait que TotalEnergies « vende son carburant un peu moins cher » aux enseignes indépendantes. « S’il nous le vendait moins cher, on pourrait nous aussi le vendre moins cher », a-t-il résumé. Schelcher a précisé que cette mesure serait « la seule solution aujourd’hui », même si la « clé de la résolution du problème » reste « la fin du conflit au Moyen-Orient », qui perturbe l’approvisionnement et les prix depuis des mois.
« Le maillon qui aujourd’hui, je pense, pourrait faire plus, c’est le maillon des raffineurs. […] S’il nous vendait son carburant un peu moins cher, on pourrait nous aussi le vendre moins cher. C’est la seule solution aujourd’hui. »
— Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U
Une baisse historique de la consommation de carburant
Dominique Schelcher a également évoqué l’impact des crises successives sur les habitudes des automobilistes français. « Les Français sont extrêmement résilients. Ils vont de crise en crise depuis des années et ils s’adaptent », a-t-il constaté. Chez Coopérative U, les chiffres parlent d’eux-mêmes : la consommation de carburant a reculé de plus de 15 % en volume au mois d’avril 2026, une baisse « qui n’est pas arrivée depuis très longtemps ».
Sur l’ensemble de l’année, la tendance est également à la baisse : depuis le début 2026, les volumes sont en recul de 5 % par rapport à la même période l’an dernier. Schelcher a attribué cette diminution à la fois à la hausse des prix et à l’incertitude économique persistante. « Les clients adaptent leurs dépenses, et certains réduisent leurs trajets ou optent pour d’autres modes de transport », a-t-il analysé.
L’exécutif menace d’intervenir, mais la solution reste incertaine
Face à cette situation, le gouvernement français a laissé entendre qu’il pourrait encadrer les marges des distributeurs de carburants par décret. Une mesure qui, selon Dominique Schelcher, ne changerait « fondamentalement rien » aux prix à la pompe. « Le gouvernement sait que ce n’est pas la solution », a-t-il affirmé, ajoutant que les raffineurs comme TotalEnergies ont « une immense responsabilité » dans la formation des prix.
Schelcher a reconnu que TotalEnergies mettait déjà en place des actions pour limiter l’impact sur les consommateurs, comme le plafonnement des prix à la pompe dans certaines zones. Cependant, il a insisté sur le fait que ces mesures « ne touchent pas tous les Français » et que les stations-service des grandes surfaces, dépendantes des prix de gros, restent désavantagées.
En attendant, les consommateurs continuent de subir les conséquences de cette équation complexe entre tensions géopolitiques, coûts de production et marges des acteurs de la distribution. Une chose est sûre : tant que les raffineurs ne feront pas de gestes significatifs, la baisse des prix à la pompe restera limitée.
Selon Dominique Schelcher, la marge des distributeurs est « extrêmement faible », entre 1 et 3 centimes par litre. Ils ne peuvent pas réduire davantage les prix sans une baisse des coûts en amont, c’est-à-dire des prix de gros fixés par les raffineurs comme TotalEnergies.
L’exécutif a évoqué cette possibilité, mais Dominique Schelcher estime que cette mesure ne changerait « fondamentalement rien » aux prix à la pompe. La solution passerait plutôt par une baisse des prix de gros imposée aux raffineurs, comme TotalEnergies.