Le député socialiste Philippe Brun a relancé la polémique sur l'existence d'une « cagnotte » sur les prix des carburants, accusant l'exécutif de profiter de la flambée des prix à la pompe depuis le début du conflit au Moyen-Orient, selon Le Figaro. Dans un rapport publié ce mercredi, le député rappelle que les prix à la pompe ont fortement augmenté depuis le début de l'offensive israélo-américaine en Iran, fin février.
Malgré une accalmie au cours du mois de juin, la cherté des carburants reste d'une actualité brûlante, écrit-il. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a indiqué « devant la commission des finances de l'Assemblée nationale que [...] les recettes de la TVA sur les carburants avaient augmenté de 302 millions d'euros depuis le début de la crise, mais que celles de l'accise avaient baissé de 342 millions d'euros – soit un manque à gagner de 40 millions d'euros ».
Ce qu'il faut retenir
- L'État serait « bénéficiaire » de la crise sur le plan fiscal, selon le rapport de Philippe Brun.
- Les recettes de la TVA sur les carburants ont augmenté de 302 millions d'euros depuis le début de la crise.
- Les recettes de l'accise ont baissé de 342 millions d'euros.
Le rapport souligne également que l'aide aux gros rouleurs de 100 euros a été « sous-utilisée » et que son montant est « très insuffisant pour les ménages ruraux, en particulier pour les plus modestes ». Le député appelle donc Bercy à faire « toute la transparence nécessaire en septembre sur les conséquences de la crise en matière de rendement fiscal ».
Les réactions
Le ministère des Comptes publics nie toujours toute « cagnotte » et renvoie aux déclarations récentes de David Amiel, qui affirmait que les recettes fiscales engendrées par les carburants ont « baissé de 80 millions d'euros sur les six premiers mois de 2026 comparées à la même période en 2025 ».
La ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a assumé mercredi les modalités de l'aide aux gros rouleurs, soulignant que 1,1 million de personnes ont touché l'aide, soit environ « un peu moins de 40% de ceux qui étaient éligibles ».
Le sujet de la crise des carburants soulève des enjeux plus larges sur la politique énergétique, la fiscalité et la protection des ménages modestes. Il est probable que les débats et les discussions autour de ces questions continueront dans les semaines à venir.