Plusieurs études récentes, menées notamment à Bordeaux et dans le cadre de la cohorte britannique UK Biobank, mettent en lumière un lien potentiel entre un manque de vitamine D et un risque accru de démence chez les personnes âgées. Top Santé détaille ces travaux et les précautions à prendre avant d’envisager une modification de son mode de vie.

Ce qu'il faut retenir

  • Des études réalisées à Bordeaux et via la UK Biobank suggèrent un lien entre carence en vitamine D et risque de démence chez les seniors.
  • La vitamine D, synthétisée sous l’effet du soleil, pourrait jouer un rôle protecteur contre les troubles cognitifs.
  • Les chercheurs soulignent l’importance de confirmer ces résultats avant d’en tirer des recommandations définitives.
  • Une supplémentation en vitamine D ne doit pas être entreprise sans avis médical, notamment en cas de risques d’excès.

Des travaux convergents sur le rôle de la vitamine D

Une équipe de chercheurs bordelais a récemment publié des résultats indiquant une corrélation entre un taux insuffisant de vitamine D dans le sang et une augmentation du risque de développer une démence chez les personnes âgées. Ces travaux s’appuient sur des données épidémiologiques recueillies auprès de milliers de participants, âgés de plus de 65 ans. Top Santé rapporte que ces résultats rejoignent ceux d’une vaste étude britannique, la UK Biobank, qui a suivi plus de 400 000 personnes pendant plusieurs années. Dans les deux cas, les scientifiques ont observé que les individus présentant une carence en vitamine D avaient un risque accru de 20 à 30 % de souffrir de troubles cognitifs sévères.

Un rôle protecteur encore à préciser

Si ces études suggèrent une association entre la vitamine D et la santé cognitive, les mécanismes en jeu restent à élucider. La vitamine D, souvent qualifiée de « vitamine du soleil », intervient dans de nombreux processus biologiques, dont la régulation du système immunitaire et la protection des neurones. Certains chercheurs avancent l’hypothèse qu’une carence prolongée pourrait favoriser l’inflammation cérébrale, un facteur connu pour accélérer le déclin cognitif. Cependant, comme le souligne Top Santé, ces travaux ne démontrent pas un lien de cause à effet. « Il est encore trop tôt pour affirmer que la vitamine D prévient la démence, mais ces résultats ouvrent des pistes de recherche intéressantes », a déclaré le Dr Sophie Auriol, neurologue au CHU de Bordeaux.

Précautions avant toute supplémentation

Face à ces résultats, la tentation pourrait être grande de se ruer vers les compléments alimentaires. Pourtant, les experts appellent à la prudence. Une supplémentation en vitamine D n’est pas anodine : un excès peut entraîner des effets indésirables, comme une hypercalcémie, dangereuse pour les reins et le cœur. « Il est essentiel de mesurer son taux de vitamine D avant toute prise de supplément, car une carence modérée peut souvent être corrigée par une exposition modérée au soleil ou une alimentation adaptée », a rappelé le Pr Martin Lévy, endocrinologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris. Top Santé rappelle également que les sources naturelles de vitamine D, comme les poissons gras (saumon, maquereau) ou les œufs, restent une alternative à privilégier avant de recourir à des médicaments.

« Ces études sont prometteuses, mais elles ne doivent pas conduire à une automédication généralisée. Une approche personnalisée, avec un suivi médical, est indispensable pour éviter les risques inutiles. »
Pr Martin Lévy, endocrinologue

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à mener des essais cliniques randomisés pour tester l’efficacité d’une supplémentation en vitamine D dans la prévention de la démence. Ces études, dont certaines pourraient démarrer d’ici 2027, devraient apporter des réponses plus définitives. En attendant, les autorités sanitaires recommandent de maintenir un équilibre alimentaire et une exposition solaire raisonnable, tout en évitant les excès. La Haute Autorité de Santé (HAS) devrait publier prochainement des recommandations actualisées sur la prise en charge des carences en vitamine D, notamment chez les seniors.

Face à ces incertitudes, une question persiste : faut-il systématiquement doser sa vitamine D après 65 ans ? Les experts s’accordent sur un point : un dosage n’est justifié qu’en cas de symptômes évocateurs (fatigue chronique, douleurs osseuses) ou de facteurs de risque avérés (peau peu exposée au soleil, régime déséquilibré). Autant dire que la prudence reste de mise, car la science avance, mais sans précipitation.

Selon les recommandations françaises, les personnes âgées de plus de 65 ans devraient viser un apport journalier de 15 microgrammes (600 UI) par jour. Cependant, en cas de carence avérée, un médecin peut prescrire une supplémentation temporaire à doses plus élevées, sous surveillance.