La cour d’assises de Perpignan examine à compter de ce 3 juin 2026 et jusqu’au 5 juin, le cas de Carmen Enciso, 61 ans, accusée du meurtre de son compagnon François Vigouroux, 57 ans. L’enquête révèle un scénario macabre : démembrement à la hachette, disparition des restes dans des sacs-poubelles, puis découverte partielle du corps le 1er juin 2022, près des Orgues d’Ille-sur-Têt, dans les Pyrénées-Orientales. Selon BFM – Faits Divers, cette affaire, qui mêle mensonges, incohérences et présomptions financières, interroge autant sur la personnalité de l’accusée que sur les motivations du crime.
Ce qu'il faut retenir
- Découverte macabre le 1er juin 2022 : un promeneur signale une odeur suspecte aux Orgues d’Ille-sur-Têt ; les gendarmes y trouvent des sacs-poubelles contenant des morceaux d’un corps masculin, dont une tête et un bassin.
- Identification rapide de la victime : les restes correspondent à François Vigouroux, 57 ans, électricien porté disparu depuis le 26 mai 2022 après une balade à vélo électrique vers Thuir.
- Carmen Enciso, principale suspecte : après plusieurs auditions, elle avoue avoir découpé son compagnon à la hachette, mais nie l’avoir tué, évoquant une découverte du corps sans vie à son domicile.
- Méthode et préparation : elle aurait utilisé 125 sacs-poubelles, de l’acide chlorhydrique et une bâche, achetés le 18 mai 2022. Aucune trace de sang n’a été retrouvée dans le garage désigné comme lieu du démembrement.
- Présomptions financières : la veille de la disparition, Carmen Enciso solde 6 mois de loyer en retard et paie des factures impayées grâce à 10 000 euros crédités mystérieusement sur son compte.
- Expertises toxicologiques : les restes de François Vigouroux révèlent une forte concentration de Théralène, un somnifère que Carmen Enciso avait acheté quelques semaines plus tôt.
Une disparition suivie d’une découverte glaçante
Le 26 mai 2022, François Vigouroux quitte son domicile d’Ille-sur-Têt vers 17h30 pour une balade à vélo électrique en direction de Thuir. Son téléphone est coupé peu après, et son absence prolongée inquiète sa famille. Le 1er juin, un promeneur signale une odeur insupportable aux Orgues d’Ille-sur-Têt, site géologique emblématique des Pyrénées-Orientales. Les gendarmes suivent les effluves et tombent sur des sacs-poubelles noirs contenant des morceaux humains : une tête reliée au tronc dans le premier, le bassin et les cuisses dans le second. Selon BFM – Faits Divers, cette méthode de dissimulation évoque d’abord des pratiques mafieuses, avant que l’enquête ne pointe vers Carmen Enciso.
L’identification de la victime et le profil du disparu
Les militaires de la section de recherche de Montpellier identifient rapidement le corps comme celui de François Vigouroux, 57 ans, électricien père de famille, décrit par ses proches comme « un homme tout ce qu’il y a de plus normal ». Divorcé de sa première femme, il vivait depuis plusieurs années avec Carmen Enciso, ancienne boulangère de Cassagnes, un village de moins de 300 habitants. Le couple envisageait d’acheter une maison à Cornilla-la-Rivière, mais la signature prévue le 7 avril 2022 est annulée in extremis par Carmen, qui prétend que François a fait un accident vasculaire cérébral.
Les derniers mois de François Vigouroux avant sa disparition sont marqués par une fatigue inhabituelle, voire une altération de son état général. Ses proches notent un changement notable dans son comportement : « Les derniers mois avant la disparition, Monsieur Vigouroux était très affaibli physiquement », témoigne Maître Thomas Auset, avocat des parties civiles. Cette dégradation physique, couplée à la découverte du Théralène dans son organisme, suggère une possible intoxication médicamenteuse.
Les aveux partiels de Carmen Enciso et ses revirements
Placée en garde à vue fin juin 2022, Carmen Enciso livre un récit précis et méticuleux lors de sa quatrième audition. Elle décrit avoir découpé le corps de François Vigouroux, mesurant 1m80 pour 130 kg, à l’aide d’une hachette, dans le garage de leur maison. Pour éviter de salir les lieux, elle aurait porté une combinaison de peinture et des gants, et posé une planche épaisse sur le sol. « Il lui aura fallu toute la nuit pour démembrer l’homme qu’elle partageait sa vie, malgré les nausées persistantes », relate BFM – Faits Divers.
Pourtant, Carmen Enciso insiste : elle n’a pas donné la mort. Elle affirme avoir découvert François sans vie à leur domicile et, prise de panique, se serait débarrassée du corps. Une version qui évolue rapidement : lors des auditions suivantes, elle accuse successivement un complice, puis le fils de François, un ami du couple et même l’ex-compagne de la victime. « Elle n’a eu de cesse de changer de version, toujours en assurant ne pas avoir tué François », souligne Maître Auset.
Les éléments accablants et les zones d’ombre
Malgré ses dénégations, plusieurs indices pèsent lourdement contre Carmen Enciso. Les achats suspects du 18 mai 2022 – 125 sacs-poubelles, de l’acide chlorhydrique et une bâche – correspondent à du matériel utilisé pour éliminer des preuves. « On a quand même la preuve qu’elle est impliquée dans tous les actes préparatifs à la commission du meurtre », affirme Maître Auset. De plus, les 10 000 euros versés mystérieusement sur son compte la veille de la disparition, puis utilisés pour solder les dettes du couple, alimentent les soupçons de mobile financier.
Ses avocats, représentés par Me Fabien Large, soulignent cependant des incohérences : « Comment une femme d’1m60 a-t-elle pu transporter, installer et découper un corps de 130 kg ? À ce stade, on ne peut parler que d’une erreur judiciaire », déclare-t-il devant la cour d’appel de Montpellier. Autre point troublant : l’absence totale de traces de sang dans le garage désigné comme scène du crime. Les enquêteurs évoquent la possibilité d’un nettoyage méticuleux, mais aucune preuve matérielle ne confirme cette hypothèse.
Une personnalité complexe et des motivations floues
Les proches de François Vigouroux dépeignent Carmen Enciso comme une personne au caractère « complexe », capable de basculer entre colères soudaines et attitude victimaire. « Des témoins dressent un portrait peu élogieux, oscillant entre manipulation et victimisation », précise BFM – Faits Divers. Pourtant, le couple semblait vivre une relation apaisée, jusqu’à l’annulation de l’achat immobilier en avril 2022. Ce revirement brutal, alors que la vente était finalisée, reste inexpliqué.
Le mobile du crime divise : argent, vengeance, ou réaction à une découverte imprévue ? Rien n’est certain. Ce qui est établi, en revanche, c’est l’absence de sang dans le domicile, la préparation méthodique des sacs, et l’administration de somnifères à la victime. Autant d’éléments qui laissent peu de place au hasard.
Cette affaire soulève une question centrale : pourquoi une femme apparemment intégrée dans sa communauté aurait-elle commis un acte aussi extrême ? Les réponses pourraient résider dans les non-dits du couple, les dettes dissimulées, ou une relation toxique devenue ingérable. Une chose est sûre : l’enquête a révélé une réalité bien éloignée du tableau paisible que François Vigouroux offrait à son entourage.
Carmen Enciso est devenue la principale suspecte après avoir avoué lors de sa garde à vue avoir découpé le corps de François Vigouroux, tout en niant l’avoir tué. Ses incohérences répétées, ses achats suspects (sacs, acide, bâche) et la découverte de somnifères dans le sang de la victime ont renforcé les soupçons à son encontre. Selon BFM – Faits Divers, les enquêteurs ont également relevé des anomalies financières, comme des virements suspects la veille de la disparition.
Plusieurs éléments matériels accablent Carmen Enciso : l’absence de sang dans le garage désigné comme lieu du crime (expliquée par un éventuel nettoyage), les 125 sacs-poubelles et l’acide chlorhydrique achetés le 18 mai 2022, les 10 000 euros crédités sur son compte la veille de la disparition, et la présence de Théralène dans l’organisme de la victime. Les enquêteurs estiment également impossible pour une femme d’1m60 de manipuler seule un corps de 130 kg, ce que contestent ses avocats.