Le géant de la grande distribution Carrefour bénéficie d’un regain d’intérêt de la part des analystes. Selon BFM Bourse, la banque suisse UBS a revu à la hausse son conseil sur le titre, passant d’une recommandation « neutre » à un avis « à l’achat ». Cette décision s’accompagne d’un objectif de cours relevé à 19 euros, contre 13,20 euros auparavant, offrant un potentiel de progression de 20,5 % au regard du cours de clôture de mercredi 2 juillet 2026.
Cette dynamique a immédiatement profité à l’action Carrefour, qui a enregistré une hausse de 3,4 % en fin de séance, se distinguant ainsi comme l’un des plus forts mouvements du CAC 40. La valorisation actuelle du groupe, jugée « trop bon marché pour être ignorée » par UBS, s’établit à 9,6 fois les bénéfices attendus pour 2026. À titre de comparaison, l’ensemble du secteur de la distribution évolue en moyenne à 12,7 fois les bénéfices, un écart qui n’a pas été aussi marqué depuis cinq ans.
Ce qu'il faut retenir
- UBS relève son conseil à « à l’achat » sur l’action Carrefour, contre « neutre » auparavant, et rehausse son objectif de cours à 19 € (potentiel de +20,5 %).
- L’action a progressé de 3,4 % mercredi, portant Carrefour en tête des hausses du CAC 40.
- Le groupe est valorisé à 9,6 fois les bénéfices 2026, contre 12,7 fois pour le secteur, un écart maximal sur cinq ans.
- UBS anticipe une amélioration de la compétitivité-prix en France et une progression des marges à moyen terme.
Une valorisation sous-estimée, selon UBS
Pour UBS, Carrefour représente une « value play » (pari sur une action décotée) négligée par le marché. « Sa valorisation est trop bon marché pour être ignorée », souligne la banque dans une note relayée par BFM Bourse. Cette décote s’explique selon elle par le fait que les investisseurs anticipent que le groupe ne parviendra pas à atteindre ses objectifs financiers pour 2026 et au-delà.
Pourtant, UBS estime que Carrefour dispose d’un couple risque/rendement attractif. La banque considère que les révisions à la baisse des prévisions de résultats, déjà intégrées par le marché, sont désormais « en dehors de la route ». Parallèlement, elle observe des « premiers signaux » d’amélioration de l’environnement des prix en France, un marché clé pour le groupe.
Des objectifs financiers ambitieux pour 2026 et 2030
Carrefour a communiqué des cibles précises pour les prochaines années. Pour 2026, le groupe vise une augmentation de sa marge opérationnelle courante de 0,25 point de pourcentage, ainsi qu’une progression de son flux de trésorerie et de son résultat net ajusté par action. À horizon 2030, la marge opérationnelle courante devrait atteindre 3,5 %, avec une croissance annuelle de cet indicateur entre 2026 et 2030. UBS rappelle que cela représenterait une accumulation de 5 milliards d’euros sur la période 2026-2028.
La banque suisse met en avant plusieurs leviers pour expliquer cette trajectoire. En France, elle note une « amélioration progressive des volumes », malgré des « pertes temporaires » liées à la cession des magasins Cora/Casino et aux investissements en promotions chez Cora/Match. « Même si les parts de marché devraient, à court terme, être affectées, nous prévoyons une amélioration à terme », précise UBS.
Le Brésil et la génération de cash au cœur de la stratégie
Au-delà de la France, UBS souligne que « le pire est passé » au Brésil, où les tendances d’inflation alimentaire et de ventes s’améliorent par rapport au second semestre 2025. La banque anticipe également une contribution significative de ce pays à la génération de bénéfices du groupe, avec 66 % du résultat opérationnel courant attendu au second semestre 2026. Cette performance serait portée par une amélioration de l’activité en France et l’exécution de la stratégie au Brésil.
UBS souligne par ailleurs la forte génération de cash du groupe et les cessions d’actifs en cours, qui devraient renforcer la solidité financière de Carrefour. « Les investissements chez Cora/Match continueront de peser sur les marges à court terme, mais les pertes devraient se réduire sensiblement en 2026 », anticipe la banque.
Un débat persistant parmi les analystes
Le revirement d’UBS intervient dans un contexte de divergences entre les établissements financiers. Le 22 juin 2026, Morgan Stanley avait déjà basculé son conseil à « surpondérer » (équivalent d’un avis « à l’achat »), saluant la « vitesse d’exécution » de la direction et la robustesse de la génération de cash. À l’inverse, JPMorgan maintenait fin juin un avis « sous-pondérer » (équivalent d’un avis « à vendre »), estimant que les résultats du premier semestre 2026, à paraître le 23 juillet, pourraient décevoir le marché.
Ces positions contrastées illustrent les incertitudes entourant la capacité de Carrefour à concrétiser ses objectifs. Pour UBS, cependant, les risques sont contrebalancés par le potentiel de revalorisation (« rerating ») de l’action si le groupe parvient à tenir ses promesses. « Si Carrefour atteint ses cibles 2026 et 2030, une appréciation des multiples boursiers pourrait s’enclencher », estime la banque.
Alors que les analystes peinent à se mettre d’accord, une chose est sûre : l’action Carrefour reste sous le feu des projecteurs, portée par des valorisations historiquement basses et des promesses de redressement qui, si elles se concrétisent, pourraient bien lui offrir un nouveau souffle en Bourse.
UBS considère que l’action Carrefour est trop bon marché par rapport à ses fondamentaux, avec une valorisation à 9,6 fois les bénéfices 2026 contre 12,7 fois pour le secteur. La banque anticipe une amélioration de la compétitivité-prix en France, une reprise au Brésil et une progression des marges à moyen terme, malgré des risques d’exécution à court terme.