Le maire d’extrême droite de Castres, Florian Azema, a décidé d’annuler la représentation de la pièce de théâtre « Passeport », estimant qu’elle « fait la promotion des clandestins ». Une décision qui suscite une vive polémique dans le monde culturel, selon Libération, qui révèle les échanges à l’origine de ce bras de fer.

Ce qu'il faut retenir

  • Le maire RN de Castres, Florian Azema, a annulé la pièce « Passeport » d’Alexis Michalik, la jugeant trop favorable aux migrants.
  • L’élu a évoqué une « promotion des clandestins » dans les propos rapportés par Libération.
  • Le dramaturge Alexis Michalik dénonce une « violation flagrante de l’indépendance de la programmation culturelle ».
  • La polémique intervient alors que la pièce devait être jouée à Castres dans les prochains jours.

Une décision politique qui divise

Florian Azema, élu en 2024 à la tête de la ville de Castres, a justifié son veto en expliquant que l’œuvre d’Alexis Michalik ne correspondait pas à sa vision de la culture. « Cette pièce fait la promotion des clandestins », a-t-il affirmé, selon les propos rapportés par Libération. Une déclaration qui a immédiatement relancé le débat sur le rôle des élus dans la programmation artistique locale.

La pièce, écrite par le dramaturge français Alexis Michalik, connu pour ses succès comme « Le Porteur d’histoire », aborde notamment la question des migrations à travers le prisme de la fiction. Son sujet, déjà sensible, prend une dimension politique avec cette annulation, d’autant que la pièce devait initialement être jouée dans le cadre d’un festival local.

L’auteur et les artistes réagissent avec indignation

Contacté par BFMTV ce 10 juin, Alexis Michalik n’a pas caché son mécontentement. « C’est une violation flagrante de l’indépendance de la programmation culturelle », a-t-il dénoncé, soulignant que cette décision revenait à instrumentaliser la culture au service d’une idéologie. Une critique qui vise directement l’action de l’élu, perçue comme une censure déguisée.

De son côté, l’association des professionnels du spectacle vivant a fait savoir, via un communiqué, que cette annulation pourrait avoir des répercussions sur la réputation culturelle de la ville. « La programmation d’une œuvre ne devrait jamais être soumise à des considérations politiques », a-t-elle rappelé, sans nommer explicitement l’élu RN.

Un contexte politique national sous tension

Cette affaire s’inscrit dans un climat politique déjà tendu autour des questions migratoires. Depuis plusieurs mois, le débat sur l’accueil des étrangers divise les territoires, notamment dans les villes dirigées par le Rassemblement National. À Castres, la décision de Florian Azema pourrait être interprétée comme une volonté de marquer sa différence avec les politiques culturelles traditionnelles.

Pour autant, la polémique dépasse le cadre local. Plusieurs artistes et intellectuels ont déjà exprimé leur soutien à Alexis Michalik, tandis que des élus d’autres bords politiques ont appelé à respecter la liberté de création. « La culture doit rester un espace de débat, pas un champ de bataille idéologique », a résumé un conseiller municipal de l’opposition, sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Plusieurs scénarios pourraient se dessiner dans les prochains jours. D’une part, la mobilisation des associations culturelles pourrait pousser la mairie à revenir sur sa décision, notamment si la pression médiatique s’intensifie. D’autre part, le maire RN pourrait maintenir son veto, au risque de braquer une partie de la population et des professionnels du secteur. Une réunion est prévue en mairie ce vendredi pour discuter de la suite à donner à cette affaire.

Quoi qu’il en soit, cette annulation rappelle que la liberté artistique reste un sujet de tension dans certaines municipalités, où le débat politique s’invite souvent sur scène. La question n’est plus seulement de savoir si la pièce sera jouée, mais surtout ce que cette décision révèle des rapports entre pouvoir local et création artistique.

Le maire RN de Castres, Florian Azema, a justifié son veto en affirmant que la pièce « fait la promotion des clandestins », selon les propos rapportés par Libération.