Avec l’intensification des événements climatiques extrêmes en France, le régime actuel d’assurance des catastrophes naturelles montre ses limites, selon nos confrères du Monde. La députée écologiste de Paris, Sandrine Rousseau, a tiré la sonnette d’alarme dans une tribune publiée ce jour, soulignant la nécessité d’une réforme structurelle pour garantir une indemnisation plus juste et rapide des sinistrés.
Ce qu'il faut retenir
- Le système actuel d’assurance des catastrophes naturelles est sous tension en raison de la multiplication des événements climatiques extrêmes.
- Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris, appelle à une réforme du régime d’indemnisation pour mieux couvrir les victimes du réchauffement climatique.
- L’État est directement interpellé pour adapter les mécanismes de solidarité nationale face à l’aggravation des risques.
- La tribune de la députée a été publiée dans les colonnes du Monde ce 2 septembre 2026.
Un système d’assurance en surchauffe
L’augmentation du nombre et de l’intensité des catastrophes naturelles en France, liée au réchauffement climatique, met sous pression le régime d’assurance actuel. Inondations, sécheresses ou encore incendies ravagent chaque année des territoires entiers, laissant derrière eux des milliers de sinistrés. En 2025, les dégâts causés par les événements climatiques ont atteint un coût record de 3,5 milliards d’euros, selon les chiffres de la Caisse centrale de réassurance (CCR), cités par nos confrères du Monde. Face à cette situation, Sandrine Rousseau estime que le système actuel, basé sur une solidarité nationale, doit évoluer pour éviter un effondrement financier.
Dans sa tribune, la députée écologiste rappelle que le régime d’assurance des catastrophes naturelles, créé en 1982, n’a pas été conçu pour faire face à une telle accélération des phénomènes extrêmes. « Le système est en surchauffe », a-t-elle déclaré, soulignant que les mécanismes actuels, bien que fonctionnels, ne permettent plus une indemnisation à la hauteur des dégâts subis par les ménages et les entreprises.
Une indemnisation jugée insuffisante
L’un des principaux reproches adressés au régime actuel porte sur le montant des indemnisations, souvent perçu comme insuffisant pour couvrir les pertes réelles. Selon les données du ministère de la Transition écologique, près de 40 % des sinistrés estiment que leur indemnisation ne leur permet pas de se relever pleinement. Les retards dans les versements, parfois supérieurs à plusieurs mois, aggravent encore cette situation, notamment pour les ménages modestes.
Sandrine Rousseau propose notamment d’intégrer une prime de risque climatique dans le calcul des cotisations, afin de mieux répartir la charge financière entre les assurés et l’État. Elle évoque également la nécessité de simplifier les procédures d’indemnisation, en réduisant les délais de traitement et en améliorant l’accompagnement des victimes. « Il faut passer d’un système de réparation a posteriori à une logique de prévention et de résilience », a-t-elle insisté.
L’État au cœur des débats
La réforme de l’assurance des catastrophes naturelles ne peut se faire sans une implication forte de l’État, qui joue un rôle central dans le financement du régime. Actuellement, les indemnisations sont couvertes à hauteur de 50 % par les assureurs privés, 30 % par l’État et 20 % par les réassureurs. Cette répartition est régulièrement questionnée, notamment par les associations de sinistrés, qui dénoncent un désengagement progressif de l’État.
Dans sa tribune, Sandrine Rousseau rappelle que la France a ratifié l’Accord de Paris sur le climat et s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Pour elle, ces objectifs ne peuvent être atteints sans une adaptation des mécanismes de solidarité nationale. « L’État a le devoir de protéger les populations les plus vulnérables », a-t-elle affirmé, rappelant que les territoires ruraux et les zones urbaines défavorisées sont les plus exposés aux risques.
En attendant, les associations de sinistrés et les élus locaux appellent à une mobilisation rapide, soulignant que chaque jour compte face à l’aggravation des risques. La question n’est plus seulement financière, mais aussi éthique : comment garantir que les victimes du changement climatique ne seront pas abandonnées à leur sort ?
Créé en 1982, ce régime repose sur une solidarité nationale : les indemnisations des victimes de catastrophes naturelles (inondations, sécheresses, etc.) sont prises en charge collectivement par les assureurs, l’État et les réassureurs. Il est obligatoire pour les contrats d’assurance habitation et couvre les dommages liés à des événements reconnus comme catastrophes naturelles par un arrêté interministériel.