Le groupe audiovisuel public canadien CBC, souvent cité comme référence en matière d’information, a annoncé vendredi 29 août 2026 modifier sa politique éditoriale concernant l’usage du mot « terrorisme » pour qualifier les attentats du 11 septembre 2001. Cette décision intervient après une vive polémique, notamment aux États-Unis, où le directeur du FBI a directement interpellé Ottawa sur la question. Selon nos confrères du Figaro, CBC a été accusé par plusieurs responsables politiques américains de « déformer l’histoire » en évitant sciemment ce terme.

Ce qu'il faut retenir

  • 2 977 morts : le bilan humain des attentats du 11 septembre 2001, revendiqués par Al-Qaïda.
  • CBC a reconnu avoir utilisé une formulation prudente, en s’appuyant sur des sources officielles pour qualifier les attaques.
  • Le groupe a finalement décidé de simplifier son approche en qualifiant directement ces événements de « terrorisme ».
  • La polémique s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada.
  • Plusieurs responsables américains, dont le patron du FBI, ont critiqué cette position.

Une polémique née d’une fuite interne

Tout a commencé par la diffusion d’un extrait d’une consigne interne de CBC, révélée par des médias. Celle-ci indiquait que le terme « terrorisme » ne devait pas être employé directement par les journalistes pour décrire les attentats, mais seulement cité via des sources extérieures. L’information, sortie de son contexte, a immédiatement suscité une vague de critiques, notamment aux États-Unis. Selon Basem Boshra, directeur des standards journalistiques et de la confiance du public au sein de CBC, cette fuite a « suscité davantage de questions de la part du public auxquelles nous devons désormais répondre ».

Dans un communiqué publié sur le site de CBC, Basem Boshra a tenu à préciser : « Soyons clairs, CBC News n’a jamais dit que ce qui s’est passé le 11 septembre 2001 n’était pas du terrorisme, comme certains commentateurs l’ont prétendu ces derniers jours ». Il a ajouté que le groupe avait toujours rendu compte « de manière complète et exacte » des motivations de ces attaques, en s’appuyant sur les conclusions des enquêtes officielles.

Des critiques venues des plus hauts niveaux

La polémique a pris une dimension diplomatique, notamment en raison des tensions commerciales actuelles entre Washington et Ottawa. Kash Patel, directeur du FBI, a publié un message cinglant sur la plateforme X : « Toute agence au Canada qui ne rejette pas publiquement cette dénaturation de l’histoire, et cette insulte aux âmes perdues lors du plus grand attentat terroriste de l’histoire des États-Unis, n’aura plus d’ami au sein du FBI ».

Pete Hoekstra, ambassadeur des États-Unis au Canada, a également réagi sur la même plateforme. Selon lui, « l’incapacité à reconnaître ou à affronter les idéologies radicales et terroristes met gravement en danger nos efforts visant à instaurer et harmoniser un partenariat commun en matière de sécurité nationale et économique ». Au Canada, Pierre Poilievre, chef de l’opposition conservatrice, a exigé de CBC qu’elle « présente immédiatement ses excuses et retire cette directive ». Il a estimé que « qualifier les attentats du 11-Septembre autrement que d’attaque terroriste est une déformation malhonnête de l’histoire ».

Les détails des attentats et leur qualification

Les attentats du 11 septembre 2001 ont marqué l’histoire par leur ampleur et leur symbolique. Deux avions détournés par des pirates de l’air ont percuté les deux tours du World Trade Center à New York, un troisième a éventré le Pentagone à Washington, tandis qu’un quatrième, qui visait probablement le Capitole ou la Maison Blanche, s’est écrasé en Pennsylvanie après une contre-attaque des passagers. L’organisation djihadiste Al-Qaïda, dirigée par Oussama Ben Laden, a revendiqué ces attaques. Leur bilan humain s’élève à 2 977 morts, selon les autorités américaines.

CBC a toujours couvert ces événements en s’appuyant sur les conclusions des enquêtes policières, gouvernementales et de la commission indépendante mise en place après les faits. Jusqu’à présent, la chaîne publique canadienne avait choisi de systématiquement attribuer le terme « terrorisme » à des sources externes plutôt que de l’utiliser directement. Une approche qui, selon Basem Boshra, visait à garantir la rigueur et la neutralité de l’information.

Un ajustement des directives éditoriales

Face à la pression médiatique et politique, CBC a finalement annoncé réviser ses directives. « Après avoir examiné nos directives actuelles en matière de langage, nous avons décidé de les ajuster afin de préciser qu’une attribution directe n’est pas nécessaire pour qualifier de terrorisme les événements historiques du 11-Septembre », a expliqué Basem Boshra. Cette décision marque un revirement dans la politique éditoriale du groupe, qui avait jusqu’à présent privilégié une approche prudente, voire minimaliste, dans l’emploi de ce terme.

Cette affaire rappelle les débats récurrents sur la manière de qualifier les actes de violence extrême. Les attentats du 11-Septembre, en raison de leur portée internationale et de leur impact géopolitique, restent un sujet sensible. Leur qualification comme « actes de terrorisme » ou non peut influencer la perception publique et les politiques de sécurité, notamment dans les relations transatlantiques.

Et maintenant ?

Cette décision de CBC pourrait marquer la fin d’une polémique qui a enflammé les relations entre Ottawa et Washington. Les prochaines semaines seront l’occasion de voir si d’autres médias ou institutions canadiennes suivront cette nouvelle ligne éditoriale. Par ailleurs, cette affaire pourrait relancer le débat sur la terminologie utilisée pour décrire les actes violents, un sujet qui divise souvent les professionnels des médias et les responsables politiques.

Cette polémique survient dans un contexte où la lutte contre le terrorisme reste une priorité pour de nombreux pays. Elle illustre aussi les tensions persistantes entre liberté d’expression, rigueur journalistique et enjeux géopolitiques.

Selon Basem Boshra, directeur des standards journalistiques de CBC, le groupe s’appuyait sur une approche prudente consistant à attribuer le terme « terrorisme » à des sources externes plutôt que de l’utiliser directement. Cette méthode visait à garantir la neutralité et la rigueur de l’information, en s’appuyant sur les conclusions des enquêtes officielles.

Cette décision pourrait apaiser les tensions diplomatiques entre Ottawa et Washington, notamment dans le contexte actuel de tensions commerciales. Elle pourrait aussi servir d’exemple pour d’autres institutions canadiennes, tout en relançant le débat sur la qualification des actes de violence extrême.