Quatre mois après leur retour en France, Cécile Kohler et Jacques Paris, anciennement détenus en Iran, ont annoncé samedi 8 août leur projet d’écrire un livre sur leur captivité. Leur témoignage, révélé lors d’une rencontre à la maison des associations de Niort, intervient après près de quatre années passées en prison dans des conditions qualifiées d’« inhumaines » par les deux Français. Selon BMF - International, cette initiative s’inscrit dans une volonté de partager leur expérience, malgré les épreuves endurées.
Ce qu'il faut retenir
- Cécile Kohler et Jacques Paris ont été détenus près de quatre ans en Iran après avoir été arrêtés le 7 mai 2022.
- Ils ont été condamnés à 20 ans de prison pour Cécile Kohler et 17 ans pour Jacques Paris pour des accusations d’« espionnage pour le Mossad », de « complot pour renverser le régime » et de « corruption sur terre ».
- Leur détention s’est déroulée dans la section 209 de la prison d’Evin à Téhéran, réservée aux espions et opposants politiques.
- Ils ont été libérés après avoir avoué sous la contrainte travailler pour les services de renseignement français, une déclaration qu’ils attribuent à la pression subie en détention.
- Le couple a annoncé son intention de témoigner dans un livre pour dénoncer leur calvaire et les conditions de leur incarcération.
Un calvaire commencé par de simples vacances
Tout a basculé pour Cécile Kohler et Jacques Paris lors d’un voyage en Iran en mai 2022. Ce qui devait n’être qu’une escapade touristique s’est transformé en une nuit de cauchemar : leur arrestation, le 7 mai, a marqué le début d’une captivité de près de quatre ans. Selon les informations rapportées par BMF - International, leur détention a débuté dans la section 209 de la prison d’Evin, un établissement tristement célèbre pour ses conditions de détention réservées aux espions et opposants politiques.
Dès leur incarcération, le couple a été accusé d’« espionnage pour le compte du Mossad », une allégation qui a conduit à leur condamnation à des peines de prison particulièrement lourdes : 20 ans pour Cécile Kohler et 17 ans pour Jacques Paris. Les chefs d’accusation incluaient également « complot pour renverser le régime iranien » et « corruption sur terre », des charges qui, selon les observateurs, s’inscrivent souvent dans des procédures judiciaires controversées en Iran.
Des aveux sous la contrainte et un système dénoncé comme oppressif
Dans un entretien accordé à France 3 Nouvelle-Aquitaine, Jacques Paris a expliqué que les aveux extorqués à l’époque étaient le fruit de pressions extrêmes. « Quand nous étions en détention, nous nous sommes dit : « Si nous rentrons, nous dirons ce qu’il y a à dire, nous témoignerons. (…) Alors oui, nous allons témoigner, nous écrivons un livre » », a-t-il déclaré. Les deux Français ont toujours nié toute implication dans des activités d’espionnage, affirmant que leurs « confessions » avaient été obtenues sous la contrainte physique et psychologique.
Leur détention s’est déroulée dans un contexte particulièrement tendu, marqué par des événements majeurs. Jacques Paris a évoqué, lors de son retour en France, les deux révolutions et les deux guerres auxquelles ils ont « involontairement » assisté. Parmi les moments les plus marquants, il a cité le bombardement de la prison d’Evin par Israël pendant la guerre de 12 jours entre les deux pays en 2024. « Nous avons été des témoins captifs, et involontaires bien sûr, d’un système, de deux révolutions et de deux guerres, et dans l’une d’entre elles nous avons failli perdre la vie », a-t-il rapporté.
Une prison symbolique de l’arbitraire iranien
La prison d’Evin, située à Téhéran, est souvent citée comme l’un des symboles les plus sombres du système judiciaire iranien. La section 209, où Cécile Kohler et Jacques Paris ont été incarcérés, est réservée aux prisonniers politiques et aux accusés d’espionnage. Plusieurs rapports d’ONG, dont Amnesty International, ont dénoncé les traitements inhumains et dégradants infligés aux détenus dans cette aile de la prison. Ces conditions, décrites par Jacques Paris comme « inhumaines », incluent des interrogatoires brutaux, des isolements prolongés et des restrictions sanitaires extrêmes.
Leur libération, intervenue après des années de négociations diplomatiques discrètes, a été saluée comme une victoire par les autorités françaises. Cependant, leur retour en France n’a pas mis fin à leur volonté de témoigner. Lors de leur passage à Niort, ils ont réaffirmé leur détermination à raconter leur histoire, malgré les traumatismes subis. « Ils ne nous prendront pas une minute de plus. Ils nous ont privés pendant quatre ans de nos proches, de tous les plaisirs de la vie, de toutes les choses simples qui font le sel de la vie », a déclaré Cécile Kohler, exprimant une colère teintée de résilience.
Alors que le couple cherche désormais à tourner la page, leur expérience rappelle les risques encourus par les voyageurs, même innocents, dans des zones de conflit ou sous régime autoritaire. Leur histoire, à la fois personnelle et politique, s’inscrit dans un contexte plus large où la diplomatie et les droits humains restent des enjeux majeurs.
Leur libération est intervenue après des années de négociations diplomatiques entre la France et l’Iran. Les détails des accords restent confidentiels, mais elle intervient dans un contexte de tensions internationales où les échanges de prisonniers sont parfois utilisés comme leviers politiques. Selon BMF - International, leur retour en France a été facilité par des démarches discrètes menées par les autorités françaises.