Ingénieure au Centre national d’études spatiales (CNES) le jour, humoriste seule en scène le soir ou le week-end : Célia Pelluet incarne une dualité professionnelle rare. À partir du 20 juin, elle présente son nouveau spectacle, « Les particules hésitent aussi », où elle mêle avec humour sa passion pour la physique et l’espace. Une performance qui s’inscrit dans une démarche de transmission et de partage, selon Franceinfo – Culture.

Ce qu'il faut retenir

  • Célia Pelluet, ingénieure au CNES, se produit en solo sur scène avec le spectacle « Les particules hésitent aussi » à partir du 20 juin à la Nouvelle Seine à Paris.
  • Elle revendique un lien entre son travail scientifique — où elle formule des hypothèses et analyse des données — et son approche comique, adaptant ses blagues en fonction des réactions du public.
  • Son engagement sur scène remonte à ses études d’ingénieure, où elle a participé par hasard à un concours d’humour, terminant deuxième avec un duo détournant « Manhattan-Kaboul » de Renaud et Axelle Red.
  • Elle cite Sophie Adenot, première Française à bord de la Station spatiale internationale, comme modèle de communication passionnée pour les sciences.
  • Son spectacle sera en tournée dans toute la France à l’automne, avant un retour à Paris au Théâtre de Dix Heures en janvier 2027.

Une double vie professionnelle portée par la passion

Célia Pelluet ne choisit pas entre ses deux métiers : elle les assume pleinement. Le jour, elle travaille au CNES, où elle contribue à des projets de recherche spatiale. Le soir ou le week-end, elle troque sa blouse d’ingénieure contre le micro d’humoriste. « Deux vies qui n’en font qu’une », explique-t-elle à Franceinfo – Culture. « Ce qui est important, c’est de montrer qu’on peut évoluer là où l’on s’amuse et où l’on prend du plaisir. » Une philosophie qui guide son parcours, entre rigueur scientifique et créativité artistique.

Son spectacle actuel, « Les particules hésitent aussi », reflète cette synthèse. Elle y aborde avec humour des concepts de physique quantique et d’astronomie, tout en partageant sa fascination pour ces disciplines. « Quand on est passionné par quelque chose, on ne peut pas s’empêcher d’avoir envie de le crier au monde », confie-t-elle. « J’ai toujours vu des chercheurs avec des étoiles dans les yeux quand ils parlaient de leurs travaux. Moi, je veux transmettre cette émotion à un public plus large. »

Un parcours semé de doutes et de détermination

Si Célia Pelluet semble épanouie aujourd’hui, son parcours n’a pas toujours été linéaire. Elle évoque un doute permanent : « Je passe mon temps à me poser mille questions : est-ce que j’ai le droit d’être là ? Est-ce que je mérite d’être là ? » Une remise en question qui la pousse à se remettre en cause, tant dans son laboratoire qu’en tant qu’humoriste. Le milieu scientifique, largement masculin, ajoute une pression supplémentaire, un défi qu’elle assume avec pragmatisme.

Son entrée dans le monde de l’humour remonte à ses années d’étudiante en école d’ingénieur. « On organisait le Campus Comédie Tour », raconte-t-elle. « On avait besoin de candidats, et personne ne s’était proposé. Alors, j’ai sauté le pas avec un ami. » Le duo se lance dans un détournement du tube « Manhattan-Kaboul » de Renaud et Axelle Red. Leur performance leur vaut la deuxième place au concours parisien, derrière un certain Paul Mirabel, aujourd’hui figure connue du paysage humoristique français. Un début modeste, mais qui a ouvert la voie à une carrière inattendue.

L’humour comme vecteur de transmission scientifique

Pour Célia Pelluet, l’humour n’est pas un simple divertissement : c’est un outil de médiation scientifique. Elle établit un parallèle entre son travail en laboratoire et sa scène : « Sur scène, je tente une blague comme on formule une hypothèse », explique-t-elle. « Je teste la réaction du public, et en fonction de celle-ci, j’adapte mon propos. C’est une méthode qui rappelle celle de la recherche : on émet une idée, on l’analyse, et on ajuste en fonction des résultats. » Une approche qui démystifie la science et la rend accessible, sans sacrifier sa rigueur.

Elle cite Sophie Adenot, première Française à bord de la Station spatiale internationale, comme une inspiration majeure. « Son modèle de communication est remarquable », souligne Célia Pelluet. « Elle incarne l’aventure scientifique avec une joie communicative. Voir quelqu’un vivre cette expérience et en parler avec autant de passion, c’est quelque chose de précieux. Moi, je veux transmettre cette même énergie, mais depuis la scène. »

Un spectacle en tournée, entre Paris et la province

À partir du 20 juin, Célia Pelluet sera en représentation à la Nouvelle Seine à Paris pour présenter « Les particules hésitent aussi ». Une première étape avant une tournée nationale à l’automne. « L’objectif est d’aller à la rencontre du public partout en France », précise-t-elle. « Je veux montrer que la science et l’humour peuvent faire bon ménage. »

Après cette tournée, elle fera son retour à Paris au Théâtre de Dix Heures en janvier 2027. Un calendrier qui laisse présager une année 2026-2027 riche en représentations. Pour l’humoriste-ingénieure, il s’agit de concilier deux passions, deux publics, et deux façons de voir le monde. « Je ne veux pas avoir à choisir », résume-t-elle. « Parce que les deux me définissent. »

Et maintenant ?

Les prochains mois s’annoncent denses pour Célia Pelluet. Après l’inauguration de son spectacle à Paris le 20 juin, elle entamera une tournée dans toute la France à l’automne. Un calendrier qui pourrait lui permettre d’élargir son public et de renforcer sa crédibilité dans le milieu artistique. Pour l’humoriste, l’enjeu sera de concilier ses engagements professionnels au CNES et sa carrière sur scène, sans sacrifier ni l’un ni l’autre. Reste à voir si cette dualité continuera de séduire les spectateurs, et si d’autres projets hybrides verront le jour dans les années à venir.

Célia Pelluet incarne une génération de profils hybrides, où la science et la culture populaire se rencontrent. Son parcours, marqué par le doute mais aussi par une détermination sans faille, rappelle que les vocations peuvent naître de rencontres inattendues. Entre les murs d’un laboratoire et les projecteurs d’une scène, elle prouve que la passion n’a pas de frontières.

Le titre « Les particules hésitent aussi » fait référence aux comportements contre-intuitifs des particules en physique quantique. Célia Pelluet utilise cette métaphore pour évoquer l’hésitation, à la fois dans la recherche scientifique et sur scène, où l’humoriste ajuste son discours en fonction des réactions du public.

Oui. Célia Pelluet cite Sophie Adenot, première Française à bord de la Station spatiale internationale, comme un modèle. Elle salue sa capacité à communiquer avec passion et enthousiasme sur la science, une démarche qu’elle souhaite reproduire à sa manière sur scène.