Selon RFI, les déclarations du fils du ministre conseiller du président Faustin-Archange Touadéra, tenues à la suite d’une polémique sur le rôle des hôtesses lors de la cérémonie d’investiture, ont provoqué une vague d’indignation parmi les associations de défense des droits des femmes en République centrafricaine. Les propos en question, jugés sexistes et dégradants, ne sont pas perçus comme un simple dérapage isolé, mais comme la manifestation d’un phénomène plus large : l’ampleur des violences verbales subies quotidiennement par les femmes dans le pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Les propos du fils du ministre conseiller ont suscité une forte réaction des associations de défense des droits des femmes en Centrafrique.
  • La polémique porte sur des déclarations faites à la suite de la cérémonie d’investiture de Faustin-Archange Touadéra, le 30 mars 2026.
  • Les associations estiment que ces déclarations reflètent un problème structurel de violences verbales envers les femmes dans le pays.

Les tensions ont éclaté après la publication de déclarations attribuées au fils du ministre conseiller présidentiel, qui aurait tenu des propos moquant le rôle des hôtesses lors de l’investiture du chef de l’État, le 30 mars 2026. Selon les associations, ces remarques, bien que présentées comme une simple critique, s’inscrivent dans une logique de minimisation du travail des femmes et de banalisation des violences sexistes.

Parmi les réactions les plus vives, on retrouve celles de l’Association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC), qui a dénoncé des propos « relevant d’une culture du mépris envers les femmes », tout en rappelant que le pays compte parmi les pires au monde en matière d’égalité des genres, selon le Forum économique mondial. L’organisation a exigé des excuses officielles, ainsi que des sanctions à l’encontre de l’auteur des déclarations.

« Ces propos ne sont pas anodins. Ils illustrent une vision rétrograde des femmes, qui les réduit à des rôles décoratifs ou subalternes. En 2026, cela n’a plus sa place », a affirmé Marie-Madeleine Mbolo, porte-parole de l’AFJC, dans une déclaration à RFI.

La polémique survient dans un contexte déjà tendu pour les droits des femmes en Centrafrique. Le pays, classé 188e sur 191 dans l’Indice d’inégalité de genre 2025 du PNUD, fait face à des défis majeurs en matière de violences basées sur le genre, de faible représentation politique des femmes et d’accès inégal à l’éducation. Les associations rappellent que les violences verbales, qu’elles soient publiques ou privées, contribuent à renforcer ces inégalités structurelles.

Du côté des autorités, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée. Le cabinet du président Touadéra n’a pas communiqué sur le sujet, tandis que le ministère des Affaires sociales, contacté par RFI, s’est contenté d’indiquer que « le gouvernement étudiait la situation ». Une réponse qui laisse sceptiques les observateurs, alors que des appels à la démission du ministre conseiller circulent sur les réseaux sociaux.

Et maintenant ?

Plusieurs associations ont annoncé leur intention de déposer une plainte pour « incitation à la haine sexiste » dans les prochains jours. Une mobilisation est également prévue devant l’Assemblée nationale le 15 avril 2026, afin d’exiger une loi renforçant les sanctions contre les discours discriminatoires. Reste à voir si ces initiatives aboutiront, alors que le gouvernement centrafricain fait face à de multiples crises politiques et sécuritaires.

En attendant, le débat sur la place des femmes dans la société centrafricaine s’intensifie. Si certains y voient une opportunité pour faire avancer la cause féministe, d’autres craignent que l’affaire ne soit rapidement étouffée, comme cela a été le cas pour d’autres scandales impliquant des responsables politiques ces dernières années.

RFI n’a pas révélé l’identité du fils du ministre conseiller. Seuls ses propos, rapportés par plusieurs témoins, ont été diffusés.

Les associations exigent des excuses publiques, le renvoi du ministre conseiller et une enquête administrative contre son fils. Certaines évoquent également une modification du code pénal pour durcir les peines en cas de discours sexistes.