La Centrafrique fait face à une résurgence de l’épidémie de choléra qui, depuis sa déclaration officielle le 26 juin 2026, a déjà touché plus de 200 personnes et causé une vingtaine de décès. Selon RFI, l’épidémie se concentre principalement dans les districts sanitaires de Bimbo et de Mbaïki, situés dans le sud-ouest du pays. Si les autorités centrafricaines affirment que la situation est « sous contrôle », le manque criant d’infrastructures sanitaires et l’absence de forages dans plusieurs localités affectées limitent fortement les capacités de prévention et de prise en charge des malades.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 200 cas de choléra et une vingtaine de décès enregistrés depuis le 26 juin 2026 en Centrafrique.
  • L’épidémie touche principalement les districts de Bimbo et de Mbaïki, dans le sud-ouest du pays.
  • Les autorités assurent que la situation est « sous contrôle », mais les infrastructures sanitaires insuffisantes compliquent la réponse.
  • L’absence de forages dans plusieurs zones touchées aggrave le risque de transmission.

Une épidémie qui s’étend malgré les dénégations

Depuis que le premier cas a été confirmé le 26 juin, les autorités sanitaires centrafricaines multiplient les annonces rassurantes. Pourtant, les chiffres rapportés par RFI contredisent cette optimisme : en à peine deux semaines, le bilan dépasse déjà les 200 cas et s’alourdit chaque jour. Autant dire que la méfiance de la population, notamment dans les zones rurales autour de Bimbo et Mbaïki, est à son comble. « Nous sommes exposés à cette épidémie », confie un habitant de Bokassi, où les craintes d’une propagation non maîtrisée grandissent.

Des infrastructures sanitaires défaillantes

Côté Bokassi, comme dans d’autres localités du sud-ouest, l’accès à l’eau potable reste un défi quotidien. L’absence de forages fonctionnels et le manque d’hôpitaux équipés pour traiter les cas de choléra aggravent la situation. À Bimbo et Mbaïki, les centres de santé locaux, déjà sous-financés, peinent à suivre le rythme des contaminations. Les autorités ont beau évoquer des mesures d’urgence, la réalité sur le terrain peine à suivre. Les habitants, eux, redoutent une propagation incontrôlée, d’autant que les canicules estivales favorisent la survie du vibrion cholérique dans les points d’eau.

Des autorités sous pression

Le ministère de la Santé centrafricain a indiqué, via un communiqué, que « des équipes mobiles » étaient déployées pour contenir l’épidémie. Pour autant, les moyens alloués restent limités. « Nous faisons ce que nous pouvons avec les ressources disponibles », a précisé un responsable du ministère, sous couvert d’anonymat. Mais dans les villages, la défiance s’installe. « On nous dit que tout est sous contrôle, alors pourquoi voit-on des malades qui meurent sans être pris en charge ? », s’interroge une habitante de Bokassi. La question, posée sur un ton à la fois résigné et inquiet, illustre l’écart entre les déclarations officielles et la réalité vécue par les populations.

Et maintenant ?

Alors que l’épidémie pourrait s’étendre aux régions voisines, les autorités centrafricaines ont annoncé un renforcement des campagnes de sensibilisation et la distribution de pastilles de chlore pour désinfecter les points d’eau. Une réunion d’urgence est prévue avec les partenaires internationaux d’ici la fin du mois de juillet pour évaluer les besoins en assistance sanitaire. Reste à voir si ces mesures suffiront à inverser la tendance, alors que la saison des pluies, qui facilite la propagation du choléra, vient à peine de commencer.

Cette épidémie survient dans un contexte où le système de santé centrafricain, déjà fragilisé par des années de crises politiques et sécuritaires, peine à répondre aux urgences sanitaires. Le choléra, maladie souvent associée aux crises humanitaires, rappelle cruellement les lacunes structurelles du pays. Pour les habitants de Bokassi et des districts voisins, la peur n’est pas seulement sanitaire : elle est aussi celle de revivre les drames sanitaires du passé.

Les autorités centrafricaines ont annoncé le déploiement d’équipes mobiles de santé dans les zones touchées, ainsi que des campagnes de sensibilisation et la distribution de pastilles de chlore pour désinfecter les points d’eau. Une réunion avec les partenaires internationaux est prévue d’ici la fin juillet pour évaluer les besoins en assistance sanitaire.