« J’ai envie de me sentir soutenue, que cela me galvanise », confie Pauline Mahieu, la dossiste française, à quelques jours du coup d’envoi des Championnats d’Europe de natation organisés en France. Selon Le Figaro, l’athlète, qualifiée lors des Championnats de France fin juin à Saint-Étienne, aborde cette compétition avec une sérénité retrouvée après des mois de doutes et de blessures.

Ce qu'il faut retenir

  • Pauline Mahieu a surmonté des douleurs physiques et psychologiques avant de se qualifier pour les Championnats d’Europe à Saint-Étienne en juin 2026.
  • L’athlète française souhaite profiter de l’ambiance locale et du soutien du public après une expérience difficile aux Jeux Olympiques de Paris en 2024.
  • La nageuse évoque un changement d’état d’esprit, privilégiant désormais le plaisir et la performance plutôt que la simple qualification.
  • L’équipe de France de natation se présente avec une génération renouvelée, mêlant expérience et jeunesse.
  • Le dos français, discipline phare, bénéficie d’une émulation positive mais doit gérer les rivalités internes.

Une qualification acquise dans la douleur

Lors des Championnats de France fin juin à Saint-Étienne, Pauline Mahieu a obtenu sa qualification pour les Championnats d’Europe après avoir surmonté des épreuves physiques et mentales. « Mes soucis sont derrière moi. J’ai pu reprendre la musculation, refaire des départs, des coulées, toutes les choses que j’ai besoin de faire régulièrement car je ne les maîtrise pas », a-t-elle expliqué. Aujourd’hui, la dossiste se dit « très contente » et « plus sereine sur le plot de départ », où elle n’a plus à craindre l’incertitude de pouvoir pousser.

Cette période difficile a aussi laissé des traces psychologiques. « J’avais décidé d’y aller en me disant, ce qui était une erreur, qu’il n’y avait pas de blessure. Ce n’était peut-être pas forcément le meilleur moyen, mais j’ai réussi quand même à me qualifier », a-t-elle reconnu. Pauline Mahieu estime avoir tiré des enseignements de cette expérience, notamment sur l’importance de l’humilité : « Il m’a manqué de me dire qu’une qualification, même si on a 2 ou 3 secondes d’avance, il faut quand même aller la chercher. »

Un changement d’état d’esprit pour ces Championnats d’Europe

Contrairement aux Jeux Olympiques de Paris en 2024, où elle avait ressenti une pression excessive, Pauline Mahieu aborde cette compétition avec une approche différente. « À Paris, tout le monde nous répétait que c’était un cadeau, une chance. Et moi, je l’ai un peu pris en mode : « Il ne faut pas que je me rate car c’est la chance d’une vie ». Du coup, je me suis mis trop de pression et finalement, je l’ai ratée », a-t-elle confié. Aujourd’hui, elle mise sur l’ambiance et le soutien du public : « J’ai vraiment envie de profiter du public, de la présence de ma famille qui ne m’a jamais vue nager à ce niveau. »

Elle se souvient notamment de l’émotion de la Polonaise Katarzyna Wasick, vainqueur du 50m nage libre lors des Championnats d’Europe en petit bassin, une scène qu’elle avait filmée pour s’en inspirer. « J’ai l’impression que ce lâcher-prise, j’y parviens seulement quand je n’ai plus le choix », a-t-elle souligné, tout en cherchant désormais à concilier performance et plaisir.

« Quand je suis arrivée dans le collectif France, tout le monde me regardait d’un mauvais œil. »
— Pauline Mahieu

Une équipe de France rajeunie et soudée

Pauline Mahieu se réjouit de l’arrivée de nouveaux talents au sein de l’équipe de France. « C’est super bien d’avoir des nouveaux, de découvrir de nouvelles personnes. Il faut des gens d’expérience, mais il faut aussi de la fougue, de la jeunesse », a-t-elle déclaré. Elle cite notamment Bertille Cousson, qui a mis des années avant de se qualifier, ou encore Analia Pigree et Marie-Ambre Moluh, avec qui elle partage désormais un esprit d’équipe apaisé. « Depuis 2022, c’est vraiment un plaisir. Là, il y a Béryl Gastaldello et Jeanne Lechevalier. C’est trop bien. »

La nageuse reconnaît que la compétition interne peut parfois être rude, mais elle souligne que l’objectif commun prime désormais : « Quand Jeanne a performé, personne ne l’a vu d’un mauvais œil. On sait que le temps importera moins que la place pour se faire une place aux Championnats du monde dans un an. »

Le dos français, une discipline en pleine effervescence

Interrogée sur la domination du dos en France, chez les hommes comme chez les femmes, Pauline Mahieu évoque un cercle vertueux : « Quand ça performe, cela attire davantage les jeunes. Au-delà de ça, ce côté très performant oblige les nouveaux et les nouvelles à être plus exigeants. » Elle explique que les nageurs doivent constamment repousser leurs limites pour espérer se qualifier, même avec des temps déjà très élevés.

Cette émulation a aussi ses revers. « Une émulation peut conduire à une rivalité pas toujours très saine », admet-elle. Elle se souvient des regards désapprobateurs qu’elle a subis à son arrivée dans le collectif : « Quand je suis arrivée dans le collectif France, tout le monde me regardait d’un mauvais œil. C’est comme ça que je l’ai ressenti, et c’était vrai. Alors que là, nous sommes toutes contentes d’être ensemble. » Aujourd’hui, elle juge l’ambiance « parfaitement saine » et encourageante pour l’avenir.

L’influence de Léon Marchand et les perspectives

Pauline Mahieu côtoie quotidiennement Léon Marchand, quadruple champion olympique, mais elle précise qu’elle ne cherche pas à solliciter ses conseils en dehors des moments informels. « Dans les moments off, pas vraiment, parce qu’on est là aussi pour profiter comme lui, qui en plus est déjà énormément sollicité. Nous, en tant que coéquipiers, justement, on n’est pas là pour lui rajouter cette pression ou cette sollicitation », a-t-elle expliqué. Elle reconnaît cependant s’inspirer de sa sérénité et de son protocole de récupération, essentiel pour enchaîner les épreuves.

Sur le plan sportif, l’objectif de Pauline Mahieu est clair : « Je veux surtout retenir la leçon pour les prochaines fois, où j’irai plus le couteau entre les dents et moins dans l’état d’esprit : « C’est cool, j’ai déjà fait le temps ». » Elle mise sur ce lâcher-prise pour performer à son plein potentiel lors des Championnats d’Europe, qui se dérouleront en France.

Et maintenant ?

Les Championnats d’Europe de natation 2026 s’ouvriront bientôt, offrant à Pauline Mahieu l’opportunité de briller devant son public. Si elle aborde la compétition avec optimisme, l’enjeu sera de transformer cette préparation difficile en performance concrète. Pour l’équipe de France, cette édition pourrait aussi marquer l’émergence de nouvelles stars, tandis que les dossistes français devront confirmer leur statut de favoris. Les prochains mois seront décisifs en vue des Championnats du monde 2027.

Reste à voir si Pauline Mahieu parviendra à concilier ambition et sérénité, ou si, comme elle le craint, ce lâcher-prise ne viendra qu’au prix d’une nouvelle épreuve. Une chose est sûre : après des mois de souffrance, l’heure est désormais à la reconquête.

Pauline Mahieu vise avant tout à profiter de l’ambiance et du soutien du public, tout en cherchant à performer à son meilleur niveau. Elle souhaite transformer l’expérience difficile des Jeux Olympiques de Paris en une compétition réussie, en conciliant plaisir et performance.

Selon elle, la performance attire les jeunes vers cette discipline, créant une émulation qui pousse les nageurs à se dépasser constamment. Les exigences de la Fédération et la concurrence interne renforcent cette dynamique.