Alors que Hervé Renard s’apprête à prendre les rênes de l’équipe de Tunisie en pleine Coupe du monde, une question revient avec insistance : à quel point est-il rare de voir un sélectionneur remplacé en cours de Mondial ? Selon Ouest France, cette situation reste exceptionnelle dans l’histoire du football. Sabri Lamouchi, limogé en plein tournoi, incarne ainsi une rareté statistique, devenant le quatrième entraîneur à subir cette expérience en 24 éditions de la compétition. Julian Lopetegui, lui, avait connu le même sort avec l’Espagne en 2018, portant à cinq le nombre total de ces cas documentés.
Ce qu'il faut retenir
- Sabri Lamouchi est le quatrième sélectionneur de l’histoire à être limogé en pleine Coupe du monde.
- Le cas de Julian Lopetegui avec l’Espagne en 2018 porte le total à cinq changements en cours de Mondial.
- Hervé Renard succède à Lamouchi, une situation qui rappelle les aléas des sélections nationales en tournoi.
Une décision exceptionnelle dans l’histoire du Mondial
Changer d’entraîneur pendant une Coupe du monde relève de l’exception. Pourtant, c’est bien ce qui s’est produit pour la Tunisie en juin 2026. Selon Ouest France, Sabri Lamouchi a été démis de ses fonctions alors que sa sélection était encore en lice pour le tournoi. Ce type de décision, prise dans un contexte de pression extrême, illustre les risques encourus par les fédérations lorsqu’elles misent sur un entraîneur pour un objectif à court terme.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les 24 éditions de la Coupe du monde depuis 1930, seulement cinq cas de remplacement en cours de compétition ont été recensés. Cela représente une probabilité infime, mais réelle, qui peut basculer en fonction des résultats ou des attentes déçues. — Ouest France souligne d’ailleurs que cette pratique reste marginalisée par les fédérations, conscientes des bouleversements qu’elle implique pour les joueurs.
Un précédent espagnol en 2018
Le dernier cas notable avant celui de la Tunisie remonte à l’édition 2018 en Russie, où Julian Lopetegui avait été écarté par la Fédération espagnole seulement trois jours avant le début du Mondial. La raison ? Son contrat avec le Real Madrid, jugé incompatible avec le poste de sélectionneur par la RFEF. Ce départ forcé, survenu dans un climat de polémique, avait marqué les esprits et rappelé que même les plus grandes nations n’étaient pas à l’abri des remous internes.
Contrairement à Lamouchi, dont la décision semble liée aux résultats décevants, le cas de Lopetegui reposait sur un conflit d’intérêts. Pourtant, dans les deux situations, l’impact sur le groupe était identique : une période d’adaptation forcée pour les joueurs, obligés de se plier à une nouvelle philosophie de jeu en pleine compétition.
Hervé Renard, un spécialiste des sauvetages en urgence
Nommé pour succéder à Lamouchi, Hervé Renard arrive avec un palmarès impressionnant en Afrique, où il a notamment remporté la Coupe d’Afrique des nations à deux reprises. Son expérience dans les contextes difficiles — il avait déjà repris la sélection marocaine en 2016 avant de la mener en demi-finales du Mondial 2022 — en fait un profil idéal pour gérer cette crise tunisienne. La Fédération tunisienne mise ainsi sur son expertise pour relancer une équipe en difficulté.
Pour autant, l’histoire montre que les remplaçants en cours de Mondial peinent souvent à transformer l’essai. Le cas de la Corée du Sud en 2002, où Guus Hiddink avait pris les rênes en pleine compétition pour mener le pays en demi-finale, reste une exception. La majorité des changements aboutissent à des éliminations précoces, preuve que l’enjeu dépasse largement le simple choix tactique.
Ces remaniements en urgence rappellent une réalité crue du football moderne : la Coupe du monde n’épargne personne, pas même les plus grandes fédérations. Entre pression médiatique et attentes des supporters, chaque sélection doit composer avec l’imprévisible, quitte à prendre des décisions radicales en cours de route.