Alors que l’ouverture de la saison de chasse est prévue en septembre, les associations de protection animale en Savoie intensifient leur mobilisation pour faire interdire cette pratique. Chaque année, ce sont près de 400 marmottes qui sont abattues dans le département, selon nos confrères de Libération.

Ce qu'il faut retenir

  • En Savoie, 400 marmottes sont tuées chaque année lors de la saison de chasse.
  • L’ouverture de la saison est prévue pour septembre 2026, relançant les tensions entre chasseurs et défenseurs des animaux.
  • Les associations demandent l’abolition pure et simple de cette pratique, jugée obsolète et cruelle.
  • La marmotte, emblème des alpages savoyards, est protégée dans d’autres régions françaises.

Une pratique controversée qui persiste malgré les critiques

La chasse à la marmotte en Savoie s’inscrit dans une tradition locale qui remonte à plusieurs décennies. Pourtant, elle fait l’objet de vives critiques, tant pour son caractère cruel que pour son manque de justification écologique. « Cette pratique n’a plus sa place à l’ère où la biodiversité est menacée », a souligné Claire Martin, porte-parole de l’association Sauvegarde Faune Alpine, interrogée par Libération. Selon elle, les marmottes jouent un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes de montagne.

Les défenseurs de l’animal rappellent que la marmotte est une espèce protégée dans de nombreuses régions françaises, comme en Auvergne-Rhône-Alpes, où elle bénéficie d’un statut de protection renforcé. Pourtant, en Savoie, elle reste classée comme « espèce gibier », ce qui autorise sa chasse sous certaines conditions.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

D’après les données officielles, 400 marmottes sont prélevées chaque année en Savoie lors de la saison de chasse, qui s’étend généralement de septembre à novembre. Ce chiffre, bien que modeste à l’échelle nationale, suscite une forte opposition de la part des associations. « On parle d’un animal sauvage, pacifique, qui n’a rien à voir avec les espèces traditionnellement chassées », a déploré Jean Dubois, président de l’association Vive les Marmottes. Pour lui, cette chasse relève davantage d’un folklore dépassé que d’une nécessité écologique ou économique.

Les chasseurs, de leur côté, défendent cette pratique au nom de la régulation des populations. « Sans chasse, les marmottes pourraient proliférer et causer des dégâts dans les alpages », argue Pierre Lambert, vice-président de la fédération départementale des chasseurs. Il cite notamment les risques de surpâturage ou de transmission de maladies aux troupeaux comme arguments en faveur de cette régulation.

Un débat qui dépasse les frontières savoyardes

Le conflit autour de la chasse à la marmotte dépasse le cadre départemental. En effet, plusieurs associations nationales, dont la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), appellent à une interdiction totale de cette pratique. Selon elles, l’abattage des marmottes en Savoie est symptomatique d’un archaïsme que la France doit abandonner pour se conformer aux normes européennes en matière de protection animale. « La chasse à la marmotte est un anachronisme dans un pays qui se veut leader en matière de biodiversité », a déclaré Lucie Moreau, responsable du dossier « espèces menacées » à la LPO.

En 2025, une proposition de loi visant à interdire la chasse à la marmotte dans tout le pays avait été déposée à l’Assemblée nationale, mais elle n’a pas abouti. Les défenseurs de l’environnement espèrent que le mouvement actuel, plus large et mieux structuré, pourra aboutir cette fois-ci.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives. Une mobilisation citoyenne est prévue pour le 15 septembre 2026, à l’occasion de l’ouverture de la saison de chasse, afin d’attirer l’attention des médias et des pouvoirs publics sur cette question. Une pétition nationale, déjà signée par plus de 50 000 personnes, sera également remise à la préfecture de Savoie dans les jours à venir. Reste à voir si ces actions suffiront à faire basculer le débat.

En attendant, la saison de chasse à la marmotte s’annonce tendue. Les associations promettent de multiplier les actions de sensibilisation, tandis que les chasseurs maintiennent leur position. Une chose est sûre : le combat pour l’abolition de cette pratique ne fait que commencer.

En Savoie, la marmotte est classée comme « espèce gibier » par arrêté préfectoral, ce qui autorise sa chasse sous conditions. Cette distinction s’explique par une tradition locale ancienne, mais elle est de plus en plus contestée au regard des normes modernes de protection animale.