Alors que l’été 2026 s’annonce comme l’un des plus secs et des plus destructeurs en matière d’incendies de forêt, une pétition intitulée « Pas de fusils sur les cendres » a dépassé les 345 000 signatures en quelques jours. Le texte, lancé sur la plateforme Change.org, exige un moratoire immédiat sur la chasse dans les massifs forestiers ravagés par les feux cet été, de la forêt de Fontainebleau à l’Ardèche en passant par l’Aude. Selon Le Figaro, qui rapporte cette initiative, son auteur, gestionnaire d’un refuge animalier dans le Cantal, n’est « ni un expert en écologie, ni un politique de carrière ». Pourtant, ses revendications s’appuient sur trois axes principaux : l’interdiction totale de toute forme de chasse dans les zones brûlées, la création d’un périmètre de protection pour permettre aux animaux de se réfugier, et un moratoire de trois ans minimum afin de laisser à la végétation le temps de se régénérer et aux cycles de reproduction de reprendre.
Ce qu'il faut retenir
- Une pétition en ligne a recueilli plus de 345 000 signatures pour demander l’interdiction de la chasse dans les forêts incendiées durant l’été 2026.
- Le texte propose un moratoire de trois ans, la protection des animaux rescapés et l’interdiction de toutes les formes de chasse (tir, vénerie, etc.) dans les zones touchées.
- La Fédération nationale des chasseurs (FNC) dénonce des « surenchères idéologiques » et défend une gestion « au cas par cas » avec les préfets, estimant que les précédents incendies ont montré l’efficacité des plans de chasse.
- En Gironde, la préfète a déjà interdit toute action de chasse ou de destruction « jusqu’à nouvel ordre » depuis le 25 juillet 2026.
- La FNC rappelle que la période de chasse à tir ne commence généralement qu’à partir du 13 septembre, sauf pour le gibier d’eau et les oiseaux de passage.
Une mobilisation citoyenne portée par des élus locaux et des associations
La pétition, qui s’appuie sur un mouvement citoyen grandissant, a été relayée par plusieurs élus locaux et associations de protection animale. Son texte insiste sur l’urgence de protéger des écosystèmes déjà fragilisés par des incendies d’une ampleur inédite. « Les forêts incendiées sont des zones où la faune et la flore ont besoin de tranquillité pour se reconstruire », explique l’auteur de l’initiative, qui dénonce aussi les risques liés à la présence de chasseurs dans des territoires encore instables. Selon Le Figaro, le débat dépasse désormais le cadre strict de la chasse pour interroger la gestion post-catastrophe des espaces naturels.
Dans son communiqué, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) rejette ces arguments et accuse les signataires de profiter d’une « situation de crise exceptionnelle » pour faire avancer leurs revendications. « Certaines personnes qui n’habitent pas dans les zones touchées, qui n’ont pas participé à la lutte contre les incendies, ni soutenu les populations locales, veulent aujourd’hui imposer leur vision en s’appuyant sur un drame », déclare la FNC. Elle rappelle que les plans de chasse et de gestion permettent déjà d’adapter les prélèvements en fonction de l’état des populations animales et de la santé des milieux.
Des mesures déjà prises en Gironde et une réponse prudente du gouvernement
Face à la pression, certaines autorités locales ont d’ores et déjà réagi. En Gironde, la préfète a annoncé l’interdiction « de toute action de chasse ou de destruction » depuis le 25 juillet 2026 « jusqu’à nouvel ordre ». Une décision qui s’inscrit dans un contexte où la période légale de chasse à tir ne débutera que le 13 septembre pour la plupart des espèces. Seules les chasses au gibier d’eau et aux oiseaux de passage restent autorisées en cette période estivale. Selon la Fédération départementale des chasseurs de Gironde, cette mesure vise à éviter tout risque de perturbation supplémentaire pour les écosystèmes en reconstruction.
Au niveau national, le gouvernement n’a pas encore pris de position officielle sur le sujet. Interrogé par Le Figaro, un porte-parole du ministère de la Transition écologique a indiqué que « les décisions seront prises au cas par cas, en concertation avec les préfets et les acteurs locaux ». Cette approche pragmatique reflète la complexité du dossier : entre impératifs écologiques, enjeux cynégétiques et pressions sociales, le choix de suspendre ou non la chasse dans les zones brûlées reste un sujet hautement sensible.
« Les choix qui ont été faits après des incendies similaires par le passé ont été les bons, puisque la biodiversité a pu rapidement reconquérir ces zones brûlées. »
— Fédération nationale des chasseurs (FNC)
Le débat dépasse la chasse : quels modèles de gestion des forêts après un incendie ?
Au-delà de la question spécifique de la chasse, cette polémique soulève un enjeu plus large : celui de la gestion des forêts après une catastrophe naturelle. Les incendies de l’été 2026 ont détruit des milliers d’hectares, notamment en Gironde, où près de 80 hectares dédiés à la recherche scientifique de l’INRAE ont été ravagés. Dans ce contexte, certains experts plaident pour une approche globale, intégrant la protection des sols, la replantation d’essences adaptées et la limitation des pressions humaines, dont la chasse fait partie.
La FNC, de son côté, défend une vision plus nuancée. Elle rappelle que la chasse joue un rôle dans l’entretien des forêts en limitant la prolifération de certaines espèces et en participant au financement de la gestion des espaces naturels. « Il est possible d’allier chasse et protection de l’environnement », assure Henri de Castries, interrogé par Le Figaro sur ce sujet. Pour autant, la fédération reconnaît que chaque territoire doit être évalué individuellement, en fonction de son état de dégradation et de sa capacité à se régénérer.
En attendant, le débat reste vif entre ceux qui estiment que la chasse doit être suspendue pour permettre aux écosystèmes de se rétablir, et ceux qui craignent que cette interdiction, même temporaire, ne fragilise davantage des territoires déjà éprouvés. Une chose est sûre : l’été 2026, marqué par des incendies d’une violence inégalée, a fait émerger des questions essentielles sur la cohabitation entre l’homme et la nature dans un contexte de changement climatique.
L’auteur de la pétition, gestionnaire d’un refuge animalier dans le Cantal, explique que les forêts incendiées ont besoin de tranquillité pour se régénérer. Il craint que la chasse ne perturbe davantage les animaux rescapés et ne ralentisse la reprise des cycles de reproduction. Le texte propose donc un moratoire de trois ans, la création de périmètres de protection et l’interdiction de toutes les formes de chasse dans ces zones.
En Gironde, la préfète a déjà pris une décision : elle a interdit « toute action de chasse ou de destruction » depuis le 25 juillet 2026 « jusqu’à nouvel ordre ». Cette mesure s’applique en attendant une évaluation plus large de l’état des forêts locales. Aucune autre région n’a encore suivi cette voie, mais des discussions sont en cours avec les préfets concernés par les incendies de l’été 2026.