Selon Top Santé, plus de 2 millions de seniors chutent chaque année en France, et ces accidents surviennent souvent lors de journées pluvieuses, sur des sols rendus glissants. Un podologue, spécialiste de la marche et de l’équilibre, a identifié une cause majeure à ces chutes : le type de chaussures porté. Il recommande un modèle spécifique, conçu pour réduire les risques de glissade chez les personnes de plus de 60 ans, côté sécurité comme côté confort.

Ce qu'il faut retenir

  • 2 millions de chutes par an chez les seniors en France, un chiffre qui s’aggrave avec l’âge et les conditions météo défavorables.
  • Les jours de pluie multiplient les risques de glissade, souvent dus à des chaussures inadaptées selon un podologue interrogé par Top Santé.
  • Un modèle de chaussure précis est proposé pour limiter ces accidents, alliant stabilité et ergonomie.
  • Les semelles antidérapantes et le maintien de la cheville sont les deux piliers de cette solution.

Un problème de santé publique sous-estimé

Les chutes chez les personnes âgées représentent un enjeu majeur de santé publique. Selon les données de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), elles constituent la première cause de traumatismes non mortels chez les plus de 65 ans. Elles entraînent chaque année des milliers d’hospitalisations, et peuvent aggraver des pathologies préexistantes comme l’arthrose ou les troubles neurologiques. La pluie, en rendant les sols glissants, amplifie ce risque – un facteur souvent sous-estimé par les seniors et leurs proches.

Côté météo, la France connaît en moyenne 110 jours de pluie par an, selon Météo-France. Ces précipitations fréquentes, combinées à une mobilité parfois réduite, exposent davantage les seniors aux accidents domestiques. Le podologue interrogé par Top Santé rappelle que 80 % des chutes surviennent à domicile ou à proximité, où l’aménagement des sols et le choix des chaussures jouent un rôle clé.

Une solution ciblée : la chaussure « anti-glisse »

Le professionnel, dont l’identité n’est pas précisée par Top Santé, a analysé les caractéristiques des chaussures portées par les seniors lors de leurs chutes. Ses conclusions mettent en lumière deux défauts récurrents : des semelles lisses, inadaptées aux sols mouillés, et un maintien insuffisant de la cheville, fragilisée avec l’âge. Pour remédier à cela, il préconise un modèle doté de plusieurs atouts techniques.

Parmi les éléments clés, la chaussure doit présenter une semelle en caoutchouc profond et large, avec des crampons ou motifs antidérapants. Le podologue insiste également sur un contrefort rigide à l’arrière, qui limite les torsions de cheville, et sur un système de laçage ajustable pour un maintien optimal du pied. «

Les seniors ont besoin de chaussures qui épousent la forme de leur pied tout en offrant une adhérence maximale, surtout les jours de pluie. Les modèles classiques, même confortables, ne suffisent plus
», déclare-t-il à Top Santé. Ces recommandations s’appuient sur des études en podologie, mais aussi sur des retours de patients ayant testé ces équipements.

Des bénéfices prouvés, mais une adoption encore timide

Les premiers retours sur ce type de chaussures sont encourageants. Selon le podologue, les seniors équipés de modèles adaptés voient leur risque de chute réduit de 30 à 40 % sur sols glissants. Certains établissements médico-sociaux, comme les Ehpad, commencent à intégrer ces modèles dans leur politique d’équipement. Cependant, leur adoption reste limitée, notamment pour des raisons financières : ces chaussures spécialisées coûtent entre 80 et 150 euros, un budget que tous ne peuvent pas se permettre.

Les mutuelles et caisses de retraite commencent à réagir. La Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) a annoncé en 2025 une prise en charge partielle pour les seniors à risque, dans le cadre de son programme « Prévention des chutes ». Une mesure qui pourrait s’étendre d’ici 2027, mais dont les modalités restent à préciser. Pour l’heure, les associations de retraités appellent à une meilleure sensibilisation, notamment via des ateliers organisés dans les centres communaux d’action sociale (CCAS).

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie de l’évolution des politiques publiques et de l’implication des professionnels de santé. Une étude pilote, prévue pour l’automne 2026 dans trois départements (Nord, Rhône, Ille-et-Vilaine), évaluera l’impact réel de ces chaussures sur la prévention des chutes. Si les résultats sont concluants, une généralisation du dispositif pourrait être envisagée d’ici 2028. En attendant, les seniors et leurs aidants sont invités à vérifier l’état de leurs chaussures, surtout avant l’arrivée de l’automne et de l’hiver, périodes les plus à risque.

Reste à voir si les fabricants adapteront leur offre aux besoins spécifiques des plus âgés. Pour l’instant, seuls quelques modèles sont disponibles sur le marché, souvent en petite série. La demande pourrait accélérer leur développement commercial, mais cela dépendra aussi de la prise de conscience collective autour de ce problème.

D’après le podologue cité par Top Santé, une chaussure anti-chute pour seniors doit comporter : une semelle en caoutchouc profond avec des motifs antidérapants (type crampons), un contrefort rigide à l’arrière pour limiter les torsions de cheville, et un système de maintien ajustable (laçage ou velcro). Elle doit aussi être légère et aérée pour éviter les douleurs aux pieds. L’étiquette « norme EN ISO 20347 » est un bon indicateur, mais elle ne suffit pas : il faut vérifier la profondeur des rainures de la semelle.