Un an après son incarcération en Algérie, le journaliste français Christophe Gleizes, âgé de 37 ans, a obtenu une accréditation pour couvrir la Coupe du monde 2026. L’information a été rendue publique ce 10 juin 2026 par Reporters sans frontières, selon Libération. Ce Français purge actuellement une peine de sept ans de prison dans un établissement algérien, une situation qui suscite des interrogations sur les conditions de sa libération.
Ce qu'il faut retenir
- Le journaliste Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis plus d’un an, a été accrédité par la FIFA pour couvrir le Mondial 2026 pour le compte du magazine So Foot.
- Il purge une peine de sept ans de prison dans un établissement algérien, sans que les motifs exacts de sa détention n’aient été officiellement précisés.
- L’accréditation a été annoncée par Reporters sans frontières, qui suit de près le dossier depuis plusieurs mois.
- Gianni Infantino, président de la FIFA, a exprimé l’espoir d’une « grâce présidentielle » de la part des autorités algériennes en faveur du journaliste.
L’accréditation de Christophe Gleizes pour couvrir l’événement sportif le plus médiatisé au monde intervient alors que sa situation judiciaire en Algérie reste floue. Reporters sans frontières a confirmé cette information dans un communiqué diffusé ce 10 juin, soulignant que le journaliste était toujours incarcéré au moment de l’annonce. Selon les informations disponibles, Gleizes aurait été condamné à sept ans de prison, mais les détails de son dossier, y compris les charges retenues contre lui, n’ont pas été rendus publics.
Cette accréditation, obtenue malgré sa détention, pourrait être interprétée comme une tentative de normalisation de sa situation professionnelle. So Foot, pour lequel Gleizes travaillait avant son arrestation, a confirmé sa participation à la couverture médiatique du Mondial, une décision saluée par les défenseurs de la liberté de la presse. Reporters sans frontières a rappelé, dans son communiqué, que la détention de journalistes pour des motifs liés à leur travail constituait une violation des droits fondamentaux.
« Nous saluons l’accréditation de Christophe Gleizes, mais son maintien en détention reste inacceptable. La FIFA doit continuer à faire pression pour sa libération. » — Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières
Côté algérien, les autorités n’ont pas réagi publiquement à cette accréditation, pas plus qu’elles n’ont communiqué sur les raisons de l’emprisonnement de Gleizes. Depuis son arrestation, plusieurs organisations internationales, dont l’UNESCO et le Comité pour la protection des journalistes, ont appelé à sa libération. Pour autant, aucune avancée concrète n’a été enregistrée jusqu’à présent, malgré les interventions diplomatiques menées par la France.
Dans ce contexte, la déclaration de Gianni Infantino, président de la FIFA, prend une dimension particulière. Lors d’une conférence de presse tenue la semaine dernière, il a évoqué l’hypothèse d’une « grâce présidentielle » en faveur de Gleizes, suggérant que les autorités algériennes pourraient, à terme, lui accorder une mesure de clémence. « Nous espérons que les autorités algériennes examineront cette possibilité, car la présence d’un journaliste français à nos côtés pendant le Mondial serait un signal fort », a-t-il indiqué. Cette prise de position s’inscrit dans la stratégie de la FIFA pour maintenir un dialogue ouvert avec le pays hôte, malgré les tensions persistantes.
Cette situation rappelle les défis persistants liés à la liberté de la presse dans certains pays, où des journalistes sont encore détenus pour des motifs parfois flous. La Coupe du monde 2026 pourrait, à cet égard, devenir un moment charnière pour la diplomatie sportive et les droits humains.
Les motifs exacts de son emprisonnement n’ont pas été officiellement communiqués par les autorités algériennes. Plusieurs organisations de défense des droits humains évoquent des raisons liées à son activité journalistique, mais aucune preuve publique ne permet à ce stade de confirmer cette hypothèse.