Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé, samedi 21 février, que cinq personnes liées aux associations françaises Humani’Terre et Soutien Humani’Terre ont été mises en examen, soupçonnées de « faire parvenir des fonds, sous couvert d’aide humanitaire, au Hamas, organisation terroriste ».
Ces mis en cause ont été placés sous contrôle judiciaire, après leur mise en examen vendredi, précise la même source, confirmant une information du Figaro. Ils sont poursuivis pour « financement d’une entreprise terroriste », « abus de confiance en bande organisée » et « blanchiment d’abus de confiance en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste ».
Les investigations
Ces mises en examen découlent de perquisitions menées lundi au sein de Humani’Terre, aux domiciles et bureaux de cadres ou d’anciens cadres des deux associations. Deux immeubles, à Paris et à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), ont par ailleurs été saisis via l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc).
Tout est parti d’une enquête préliminaire ouverte le 3 novembre 2023 confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle de la préfecture de police, à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).
Les associations impliquées
Les associations Humani’Terre et Soutien Humani’Terre, « dont l’objet social est le soutien aux populations palestiniennes résidant dans les camps de réfugiés de Cisjordanie, du Liban et de la bande de Gaza », ainsi que les cadres du bureau de ces associations, sont alors « soupçonnés de faire parvenir des fonds, sous couvert d’aide humanitaire, au Hamas, organisation terroriste », résume le PNAT.
Une première série de perquisitions a eu lieu le 31 janvier 2024 au siège social des associations et aux domiciles des membres ou d’anciens membres du bureau de Humani’Terre. Ont alors été saisis du matériel informatique et des documents comptables « listant des associations françaises, européennes, palestiniennes et jordaniennes destinataires de fonds », selon le PNAT.
Les sommes en jeu
Près de 40 millions d’euros – près de 35 millions sur des comptes bancaires ou chèques de banque, et plus de 5 millions en espèces au siège social de Humani’Terre, dans ses antennes de Paris, Lille, Lyon ou encore Marseille – ont également été confisqués.
Ce sont l’exploitation des supports numériques saisis à cette époque et des éléments obtenus par le biais de la coopération internationale – Italie, Etats-Unis, Israël - qui ont impulsé les récentes perquisitions.
La suite de l’enquête
Les investigations vont désormais se poursuivre sous la direction de trois magistrats instructeurs antiterroristes. Le site d’Humani’Terre informe de la suspension de la collecte de dons à la suite « d’événements récents qui ont impacté notre association », « de multiples obstacles administratifs et bancaires ».
Ces développements soulèvent des questions sur les mécanismes de financement des organisations terroristes et la nécessité d’une surveillance accrue des flux financiers à des fins humanitaires. La coopération internationale joue un rôle clé dans la lutte contre le financement du terrorisme, comme le montrent les échanges d’informations entre les pays concernés.
En conclusion, cet événement met en lumière les complexités de la lutte contre le terrorisme et les défis posés par les organisations qui utilisent des canaux apparemment humanitaires pour financer des activités illégales. Il souligne l’importance d’une vigilance constante et d’une collaboration internationale pour prévenir de tels abus et garantir que l’aide humanitaire atteigne ceux qui en ont réellement besoin.
Les personnes mises en examen sont soupçonnées de « faire parvenir des fonds, sous couvert d’aide humanitaire, au Hamas, organisation terroriste », ainsi que de « financement d’une entreprise terroriste », « abus de confiance en bande organisée » et « blanchiment d’abus de confiance en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste ».
