L’organisation de défense des droits humains Amnesty International a dénoncé, mercredi 10 juin 2026, une politique israélienne de « nettoyage ethnique » à l’encontre des communautés bédouines et pastorales installées en Cisjordanie occupée. Dans un communiqué, l’ONG qualifie ces actes de « crime contre l’humanité de transfert forcé » et appelle la communauté internationale à réagir face à ce qu’elle présente comme une « annexion progressive » du territoire palestinien, selon RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • Amnesty International accuse Israël d’avoir recours à des méthodes relevant du « nettoyage ethnique » envers les Bédouins et communautés pastorales de Cisjordanie.
  • L’ONG évoque un « crime contre l’humanité » en raison des transferts forcés de population, comme le définit le droit international.
  • Ces accusations surviennent dans un contexte d’intensification des activités israéliennes en Cisjordanie, perçues par certains comme une forme d’annexion rampante.
  • Amnesty exige une réaction urgente de la communauté internationale pour stopper ces pratiques et protéger les populations concernées.

Des accusations graves portées par une organisation majeure

Dans son communiqué rendu public ce mercredi 10 juin 2026, Amnesty International dresse un constat sévère de la situation en Cisjordanie. L’organisation dénonce des expulsions forcées, des destructions de logements et des restrictions d’accès aux terres, qualifiant l’ensemble de ces mesures de « stratégie délibérée » visant à chasser les communautés bédouines de leurs terres ancestrales. Selon l’ONG, ces actions s’inscrivent dans une logique plus large de « contrôle démographique » et de modification du statut juridique du territoire occupé.

« Ces politiques constituent des crimes contre l’humanité au regard du droit international, notamment en raison du transfert forcé de populations », a déclaré une porte-parole d’Amnesty, sans préciser de chiffres exacts mais en évoquant des « centaines de familles » affectées ces dernières années, comme le rapporte RFI.

Une Cisjordanie sous pression, entre annexion et occupation

La Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, est le théâtre de tensions récurrentes entre les autorités israéliennes et les communautés locales. Ces dernières années, les projets de colonisation juive, les restrictions de mouvement et les démolitions de structures palestiniennes se sont multipliés. Plusieurs observateurs et organisations non gouvernementales y voient les signes d’une « annexion de facto », bien qu’Israël n’ait jamais officiellement annexé ce territoire, contrairement au Golan ou à Jérusalem-Est.

Amnesty International souligne que les communautés bédouines, souvent installées dans des zones stratégiques pour les projets israéliens de colonisation ou d’exploitation des ressources naturelles, sont particulièrement ciblées. « Les Bédouins vivent dans une insécurité permanente, avec des menaces d’expulsion constantes et des conditions de vie de plus en plus précaires », a-t-on pu lire dans le rapport de l’ONG, selon RFI.

Une communauté internationale appelée à réagir

Face à l’ampleur des accusations, Amnesty International enjoint les États et les organisations internationales à prendre des mesures concrètes. L’organisation demande notamment au Conseil de sécurité des Nations unies de saisir la Cour pénale internationale (CPI) et d’engager des sanctions contre les responsables israéliens impliqués dans ces politiques. « La communauté internationale ne peut plus fermer les yeux sur ces crimes », a insisté l’ONG, qui rappelle que plusieurs résolutions de l’ONU ont déjà condamné les transferts forcés de population.

Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part du gouvernement israélien. Les autorités de Jérusalem ont traditionnellement rejeté les accusations de « nettoyage ethnique », évoquant des mesures de « sécurité » ou de « planification urbaine » pour justifier leurs actions en Cisjordanie.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes. Une réunion d’urgence du Conseil des droits de l’homme de l’ONU est prévue pour la fin du mois de juin 2026, à Genève, où la question des transferts forcés en Cisjordanie pourrait être à l’ordre du jour. Par ailleurs, la Cour pénale internationale (CPI), qui enquête depuis plusieurs années sur les crimes présumés commis en Palestine, pourrait accélérer ses démarches après les dernières révélations d’Amnesty. Reste à voir si ces pressions diplomatiques aboutiront à un changement de politique en Israël ou à des mesures concrètes de protection des populations bédouines.

Ces accusations interviennent alors que les tensions en Cisjordanie restent vives, avec des heurts réguliers entre colons israéliens, forces de sécurité et Palestiniens. La situation humanitaire se dégrade pour de nombreuses familles, dont les moyens de subsistance sont menacés par les restrictions d’accès aux terres et aux ressources.