Dans la nuit du 9 au 10 juin 2026, des colons israéliens ont incendié des pâturages autour du village de Taybeh, en Cisjordanie occupée, selon Courrier International. Aucun blessé n’est à déplorer, mais l’incident s’inscrit dans une recrudescence des violences attribuées à ces groupes dans ce territoire palestinien sous occupation israélienne, comme le rapporte Middle East Eye.

Ce qu'il faut retenir

  • Des colons israéliens ont incendié des champs autour du village chrétien de Taybeh, en Cisjordanie, dans la nuit du 9 au 10 juin 2026, sans faire de victimes.
  • Ce village de plus de 1 300 habitants, majoritairement chrétiens, est régulièrement ciblé depuis l’installation d’une nouvelle colonie à proximité.
  • En 2025, une attaque similaire avait visé l’église principale et le cimetière du village, suscitant une condamnation exceptionnelle de l’ambassadeur américain en Israël.
  • Le nombre de victimes des violences des colons a augmenté de 130 % en un an, avec 7 morts et 832 blessés en 2025, selon un rapport onusien.
  • Un rapport de l’ONU publié en juin 2026 accuse le gouvernement israélien de responsabilité dans ces exactions, évoquant des attaques quasi quotidiennes.

Une attaque ciblée contre un village historique

Dans la nuit de mardi à mercredi, des colons israéliens ont pris pour cible des zones agricoles situées près du village de Taybeh, à l’est de Ramallah, en y mettant le feu. Middle East Eye, citant des médias locaux, précise qu’aucune victime n’est à déplorer dans cet incident, contrairement à d’autres attaques récentes.

Taybeh, village dont l’histoire remonte à plus de 3 000 ans, est majoritairement peuplé de chrétiens. Ses vastes terres pastorales en font une cible pour les colons, qui, avec le soutien de l’armée israélienne, empiètent progressivement sur ses champs. Depuis plusieurs mois, l’installation d’une nouvelle colonie à proximité a exacerbé les tensions.

Une violence en hausse depuis 2023

Cette attaque s’inscrit dans un contexte de flambée des violences attribuées aux colons en Cisjordanie, depuis les attaques du Hamas en octobre 2023 et le début de la guerre à Gaza. Middle East Eye souligne que les colons mènent désormais des attaques quasi quotidiennes contre les communautés palestiniennes : vandalisme, incendies criminels, déplacements forcés et agressions physiques, parfois avec des armes à feu.

Mardi 9 juin, une commission d’enquête mandatée par les Nations unies a présenté un rapport au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Ce document pointe la responsabilité du gouvernement israélien dans les exactions des colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et met en garde contre une escalade des violences contre les Palestiniens.

Des chiffres alarmants et une impunité persistante

Selon le rapport onusien, sept Palestiniens ont été tués et 832 autres blessés en 2025, soit une hausse de 130 % des victimes en un an. Les enquêteurs onusiens indiquent que cette tendance s’est poursuivie en 2026, avec des attaques perpétrées « quotidiennement ».

— Une attaque similaire avait déjà visé Taybeh en 2025, lorsque des colons avaient incendié l’église principale du village ainsi que son cimetière adjacent. Cette fois, la condamnation de l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee — pourtant connu pour son soutien aux colonies — n’a pas suffi à enrayer les violences.

Un village en première ligne de la colonisation

Taybeh, situé à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Jérusalem, est l’un des derniers villages palestiniens majoritairement chrétiens en Cisjordanie. Ses terres, réputées pour leur qualité pastorale, attirent depuis des années les convoitises des colons, qui bénéficient souvent du soutien des forces israéliennes pour s’approprier ces zones.

Les habitants de Taybeh, comme d’autres communautés palestiniennes, subissent régulièrement des restrictions d’accès à leurs terres, des destructions de biens et des agressions. Ces actes, souvent impunis, alimentent un climat de peur et de colère au sein de la population locale.

Les réactions internationales et les responsabilités

Le rapport de l’ONU, rendu public cette semaine, est l’un des rares documents internationaux à établir un lien direct entre les politiques israéliennes et la montée des violences des colons. Il appelle à des mesures concrètes pour protéger les civils palestiniens et mettre fin à l’impunité dont bénéficient ces groupes armés.

Cependant, malgré les condamnations répétées, les attaques se poursuivent. Les autorités israéliennes, de leur côté, affirment lutter contre les violences des colons, mais les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent un manque de volonté politique pour faire cesser ces exactions.

Et maintenant ?

La situation à Taybeh et en Cisjordanie pourrait s’aggraver dans les semaines à venir, à moins que des mesures fortes ne soient prises par la communauté internationale. Le rapport onusien, rendu public en juin 2026, pourrait servir de base à de nouvelles résolutions du Conseil des droits de l’homme, mais son application reste incertaine. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer si les autorités israéliennes et les groupes de colons respectent les engagements pris en matière de protection des civils palestiniens.

Reste à voir si les condamnations internationales, comme celle de l’ambassadeur américain, auront un impact sur le terrain. En attendant, les habitants de Taybeh et d’autres villages de Cisjordanie continuent de vivre sous la menace permanente des violences.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU doit se réunir dans les prochains jours pour examiner le rapport et décider des mesures à prendre. Une résolution pourrait être adoptée pour renforcer la protection des civils palestiniens, mais son application dépendra du soutien des États membres, dont les positions divergent sur la question israéliano-palestinienne.