Le groupe Stellantis a tranché : la future Citroën 2CV ne sera disponible qu’en motorisation électrique, selon les déclarations d’Emanuele Cappellano, directeur de Stellantis pour la région Europe élargie, rapportées par Numerama. Cette annonce met fin aux spéculations sur une éventuelle version thermique ou hybride, alors que certains observateurs tablaient encore sur une diversification des motorisations pour ce modèle emblématique.

Ce qu'il faut retenir

  • La future Citroën 2CV sera uniquement électrique, sans option thermique ni hybride, d’après Stellantis.
  • Ce modèle s’inscrit sur la plateforme E-Car, dédiée aux véhicules 100 % électriques, aux côtés d’un futur modèle Fiat.
  • Stellantis vise un prix de départ de 15 000 € pour ces véhicules d’ici 2028, sous réserve des aides européennes.
  • Le groupe prévoit de tripler sa part de marché dans les véhicules électriques d’ici 2030, malgré une baisse récente de ses ventes dans ce segment.

Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de Stellantis, qui avait déjà évoqué lors de son plan FaSTLAne 2030 la possibilité de décliner la 2CV en électrique. Pourtant, le doute persistait quant à une éventuelle version thermique, notamment pour des raisons de coût et d’accessibilité. Emanuele Cappellano a confirmé auprès d’Automotive News Europe que « les modèles sur la plateforme E-Car ne seront proposés qu’en électrique », écartant toute ambiguïté.

La future Citroën 2CV se positionnera sur le segment des mini-citadines électriques, où elle devra affronter des concurrentes comme la Renault Twingo, la Volkswagen ID.1 ou encore la Leapmotor T03. Côté Fiat, un modèle dérivé de cette plateforme viendra compléter l’offre de la Fiat 500e, en proposant une alternative urbaine et économique. Ces véhicules s’appuieront potentiellement sur une plateforme chinoise développée par Leapmotor, bien que cette collaboration reste à confirmer.

Une stratégie électrique qui s’accélère, malgré des réticences initiales

Stellantis a longtemps défendu une approche « multi-énergie », où chaque modèle était décliné en thermique, hybride et électrique. La Fiat 500e, initialement prévue en électrique pur, avait même été lancée en hybride face à des ventes décevantes. Pourtant, depuis 2024, le groupe a opéré un virage à 180 degrés en privilégiant l’électrique pour certains de ses nouveaux modèles.

La plateforme STLA Small, initialement dédiée à des véhicules 100 % électriques, a été intégrée à l’architecture STLA One. Cette évolution s’accompagne d’une accélération du passage à l’électrique, comme en témoigne l’annonce récente d’une future Peugeot 208 exclusivement électrique. « Les véhicules électriques doivent nous permettre d’accroître nos ventes dans ce secteur », a souligné Emanuele Cappellano. Il a précisé que l’objectif de Stellantis est de tripler sa part de marché dans les véhicules électriques d’ici 2030, alors que le groupe observe actuellement une baisse de ses parts de marché dans ce domaine.

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte réglementaire européen de plus en plus strict en matière d’émissions. Stellantis mise sur un allègement des réglementations concernant les aides à la conduite (ADAS) pour atteindre son objectif de prix d’entrée à 15 000 € d’ici 2028. Ce tarif dépendra cependant des mesures concrètes mises en place par l’Union européenne pour favoriser l’émergence de petites voitures électriques abordables.

Un pari économique et industriel à haut risque

Le lancement d’une Citroën 2CV 100 % électrique à ce prix constitue un défi de taille. Stellantis devra composer avec des coûts de production maîtrisés, tout en garantissant une autonomie et des performances adaptées à un usage urbain. Le groupe table sur une plateforme légère et économique, potentiellement inspirée des solutions chinoises de Leapmotor, pour atteindre cet objectif.

Pour autant, les défis ne manquent pas. Les mini-citadines électriques sont un marché en croissance, mais aussi très concurrentiel. Renault, avec sa Twingo, et Volkswagen, avec sa future ID.1, disposent déjà d’une avance significative. Stellantis devra également convaincre une clientèle traditionnelle, attachée à l’image de la 2CV, de se convertir à l’électrique sans sacrifier l’esprit du modèle. « Bref, le pari est risqué, mais nécessaire », analyse un expert du secteur cité par Numerama.

Autre inconnue : l’impact des aides européennes. Stellantis mise sur un soutien financier pour rendre ces véhicules accessibles, mais rien n’est encore acté. L’Europe doit encore traduire ses intentions en mesures concrètes, ce qui laisse planer un doute sur la faisabilité du prix annoncé.

Et maintenant ?

Les premiers modèles basés sur la plateforme E-Car, dont la Citroën 2CV électrique, devraient arriver sur le marché d’ici 2028. D’ici là, Stellantis devra finaliser les partenariats industriels, notamment avec Leapmotor, et obtenir les certifications nécessaires pour bénéficier des aides européennes. Le groupe pourrait également préciser sa stratégie de commercialisation d’ici la fin de l’année 2026, une fois les études de marché finalisées.

En parallèle, l’évolution des réglementations européennes sur les véhicules électriques, notamment en matière de normes ADAS, sera déterminante. Stellantis mise sur un assouplissement de ces règles pour réduire les coûts, mais rien n’est garanti. Enfin, la réaction des consommateurs, tant en Europe qu’en Chine, sera un indicateur clé de la réussite de cette nouvelle 2CV.

Pour l’heure, Stellantis reste confiant dans son projet. « Nous croyons en la capacité de ces véhicules à séduire un public large, tout en respectant nos objectifs environnementaux », a conclu Emanuele Cappellano. À suivre, donc, dans les prochains mois.

Le groupe Stellantis a fait le choix de se concentrer sur l’électrique pour ses modèles basés sur la plateforme E-Car, dont la future Citroën 2CV, afin de répondre aux exigences réglementaires européennes en matière d’émissions et d’accélérer sa transition vers la mobilité électrique. Cette décision s’inscrit dans une stratégie globale visant à tripler la part de marché des véhicules électriques du groupe d’ici 2030.

Stellantis vise un prix de départ de 15 000 € pour la future Citroën 2CV électrique, mais ce tarif dépendra des aides européennes mises en place d’ici 2028, date prévue de son lancement.