Le constructeur automobile Citroën prépare le retour de l’emblématique 2CV, cette fois sous une forme 100 % électrique, d’ici 2028. Une initiative saluée par certains pour son audace, mais qui suscite également des interrogations quant à sa viabilité commerciale et stratégique, selon Numerama. Le projet, dévoilé lors de l’édito Watt Else du 11 juin 2026, s’inscrit dans la volonté de la marque aux chevrons de relancer des modèles iconiques sous une forme moderne.
Ce qu'il faut retenir
- Citroën compte faire renaître la 2CV électrique d’ici à 2028, avec une cible de prix fixée à 15 000 €.
- Le modèle sera fabriqué en Italie, avec un design déjà finalisé et un développement optimisé sur deux ans.
- Le projet s’inscrit dans un contexte réglementaire européen encore flou concernant les « e-cars », ce qui en fait un pari incertain.
- Les réactions du public face au premier teaser montrent une curiosité mitigée, avec des signes d’« overdose » possible sur la nostalgie automobile.
- La réussite du projet dépendra de la capacité de Citroën à éviter les écueils des modèles néo-rétro précédents, comme la R4.
Un pari industriel entre nostalgie et modernité
L’ambition affichée par Citroën est claire : proposer une citadine électrique simple, abordable et conçue pour le marché européen, sans tomber dans la nostalgie facile. Xavier Chardon, nouveau patron de la marque, a multiplié les annonces depuis le début de l’année, préparant ainsi les esprits à ce retour. « Il s’agit de revenir à l’essentiel », a-t-il souligné dans plusieurs interviews à la presse étrangère. Le groupe mise sur une production en Italie, où le design est déjà gelé, et le développement accéléré pour tenir le calendrier.
Pourtant, les parallèles avec Renault, qui a réussi à moderniser ses modèles emblématiques comme la R5 électrique, rappellent que le défi reste de taille. Citroën, qui mise tout sur cette réinterprétation d’un mythe, pourrait bien se heurter à la lassitude d’un public déjà exposé à une vague de véhicules néo-rétro. La future Twingo électrique semble sur de bons rails, mais la R4 peine déjà à convaincre, comme le relève Numerama.
Un contexte réglementaire européen encore incertain
Le calendrier de Citroën repose en grande partie sur une hypothèse : l’adoption par l’Europe d’un cadre réglementaire unifié pour les véhicules électriques, baptisés « e-cars » par Ursula von der Leyen lors de son discours de mai 2026. Pourtant, cette vision reste floue. Lors de la Journée de la filière automobile en novembre 2025, chaque constructeur – Stellantis, Renault ou encore la Commission européenne – défendait sa propre interprétation du projet. Si l’objectif commun est de réduire les coûts en allégeant certaines contraintes, les divergences persistent sur les détails.
« Citroën vend peut-être la peau de l’ours avant de l’avoir abattu », analyse Numerama, soulignant que les États membres pourraient encore infléchir leurs positions, comme ce fut le cas pour l’objectif 2035. Une volte-face des institutions européennes pourrait ainsi réduire à néant les efforts de la marque française. Le groupe Stellantis, dont Citroën fait partie, mise sur une vision optimiste, mais le risque d’un décalage entre les ambitions industrielles et la réalité politique n’est pas négligeable.
Entre enthousiasme et scepticisme : un public déjà divisé
Le premier teaser de la future 2CV électrique a suscité des réactions contrastées. Si la curiosité domine, une certaine lassitude face à la surenchère de modèles néo-rétro se fait sentir. « La question est de voir si le public ne va pas arriver à overdose », s’interroge Numerama, rappelant que les puristes pourraient aussi rejeter une réinterprétation esthétique jugée trop éloignée de l’originale. Les équipes de Citroën ont donc une mission délicate : séduire sans décevoir, et surtout, sans tomber dans les travers des précédents projets de ce type.
Le groupe mise sur une approche minimaliste, avec un véhicule conçu pour être simple et abordable. Pourtant, les doutes persistent quant à la viabilité du projet. Comme le note Numerama, « la communauté des sceptiques est déjà prête à bondir à la moindre maladresse ». Une erreur de timing, un prix trop élevé, ou une offre mal adaptée au marché pourraient transformer ce pari en échec commercial.
Les défis à venir pour Citroën
Plusieurs éléments seront déterminants pour le succès de ce projet. D’abord, la capacité de Citroën à proposer un véhicule vraiment innovant, et non une simple copie modernisée des modèles existants. Ensuite, la question du prix : à 15 000 €, la 2CV électrique devra affronter une concurrence féroce, notamment sur un marché où les citadines électriques d’entrée de gamme se multiplient. Enfin, le timing sera crucial : un lancement trop tardif pourrait coïncider avec un essoufflement de l’engouement pour les véhicules néo-rétro, ou pire, avec un durcissement des règles européennes.
Pour l’instant, Xavier Chardon et ses équipes misent sur la simplicité et l’efficacité. « On propose un véritable retour à l’essentiel », a-t-il déclaré. Reste à savoir si le public et les régulateurs seront au rendez-vous. Une chose est sûre : dans le paysage automobile actuel, les paris audacieux ne réussissent pas toujours.
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Le constructeur mise sur ce projet pour relancer sa marque et se différencier sur un marché saturé de modèles néo-rétro. La 2CV électrique doit incarner une citadine abordable, simple et adaptée au marché européen, tout en capitalisant sur l’héritage de la marque.
Citroën vise un prix de 15 000 € pour ce modèle, un tarif qui le placera en concurrence directe avec les citadines électriques d’entrée de gamme déjà disponibles sur le marché.