Le projet de législation crypto américaine, le CLARITY Act, voit ses chances d'être adopté d'ici la fin de l'année 2026 réduites à 60 %. Cette révision à la baisse, annoncée par Alex Thorn, responsable de la recherche chez Galaxy Digital, intervient dans un contexte législatif déjà complexe pour les acteurs du secteur.

Selon Cryptoast, ce texte, initialement prévu pour janvier 2026, se heurte à des obstacles majeurs sur sa route parlementaire. La probabilité d'adoption avait déjà fluctué ces dernières semaines, passant de 55 % mi-mai à 75 % fin mai, avant de redescendre à 60 % début juin. Une incertitude qui reflète les défis politiques et calendaires auxquels le Sénat américain doit faire face.

Ce qu'il faut retenir

  • La probabilité d'adoption du CLARITY Act avant décembre 2026 est désormais estimée à 60 %, contre 75 % précédemment.
  • Le texte, porté par des démocrates pro-crypto, peine à avancer en raison de l'encombrement du calendrier parlementaire du Sénat.
  • Les principaux points de blocage concernent les exigences éthiques des démocrates et les modifications pour lutter contre la finance illicite, sans solution en vue.
  • Les sénateurs américains doivent adopter le texte avant la pause parlementaire d'août pour éviter un report sine die.

Un parcours législatif semé d'embûches

Le CLARITY Act, porté par des élus démocrates, visait à encadrer le marché des cryptomonnaies aux États-Unis. Pourtant, son adoption reste incertaine malgré le soutien affiché par des figures pro-crypto, dont l'administration Trump. Selon Cryptoast, le texte peine à progresser en raison de l'absence de priorité claire au Sénat, où d'autres dossiers sensibles monopolisent l'attention des législateurs.

Parmi ces priorités figurent le financement de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) et de la police des frontières, ainsi que le renouvellement de la section 702 de la FISA, qui autorise la surveillance des communications internationales. Ces sujets, hautement polémiques, laissent peu de place aux débats sur les cryptomonnaies dans l'agenda parlementaire.

Un calendrier sous pression

Alex Thorn, responsable de la recherche chez Galaxy Digital, a expliqué dans une note adressée à ses clients que la fenêtre d'opportunité pour adopter le CLARITY Act se réduit comme une peau de chagrin. La pause parlementaire estivale, prévue à la fin juillet, marque une date butoir. Après cette période, les chances de voir le texte aboutir en 2026 deviennent quasi nulles.

« Nous continuons de penser que l'adoption du texte par le Sénat — et probablement aussi par la Chambre des représentants — doit intervenir avant la pause parlementaire d'août, qui devrait débuter à la fin du mois de juillet. Au-delà, la fenêtre d'opportunité se referme pratiquement », a-t-il souligné.

Des blocages persistants malgré un consensus relatif

Malgré des désaccords initiaux, le CLARITY Act bénéficiait d'un soutien transpartisan. Cependant, les points de blocage persistent, notamment sur les exigences éthiques portées par les démocrates et les mesures supplémentaires pour lutter contre la finance illicite. À ce jour, aucune résolution concrète n'a été trouvée pour débloquer ces discussions.

Pourtant, Alex Thorn reste prudentement optimiste. « Cette probabilité abaissée à 60 % signifie toujours que le CLARITY Act a davantage de chances d'être adopté que de ne pas l'être cette année », a-t-il déclaré. Une position qui contraste avec l'inquiétude croissante des acteurs du secteur, alors que la Chine pourrait profiter de ce vide réglementaire pour imposer ses propres règles.

Et maintenant ?

La situation dépendra des prochaines semaines au Congrès. Si le Sénat ne parvient pas à intégrer le CLARITY Act dans son ordre du jour avant la pause d'août, le texte risque d'être reporté à une date indéterminée. Les acteurs du marché crypto américains, initialement enthousiastes, pourraient alors se tourner vers des solutions alternatives, voire vers des régulations internationales moins contraignantes.

Reste à voir si les négociateurs parviendront à trouver un compromis d'ici là, alors que les élections présidentielles de novembre 2026 approchent et pourraient encore complexifier le paysage législatif.

En attendant, le secteur observe avec attention l'évolution des débats au Congrès, conscient que l'absence de cadre clair pourrait freiner son développement aux États-Unis.

Les principaux obstacles sont le manque de temps disponible au Sénat, déjà accaparé par d'autres dossiers urgents, ainsi que les désaccords persistants sur les exigences éthiques et les mesures anti-blanchiment portées par les démocrates. Aucune résolution concrète n'a été trouvée à ce jour pour débloquer ces points.