Alors que les conflits armés se multiplient à travers le globe, le choix des destinations sûres pour voyager devient un enjeu majeur pour des millions de touristes. L’édition 2026 du Global Peace Index (GPI), publiée aujourd’hui, révèle le classement des pays les plus pacifiques au monde, un outil précieux pour les voyageurs soucieux de minimiser les risques. Comme le rapporte Euronews FR, cette 20e édition du classement, réalisée par l’Institute for Economics & Peace, évalue 163 États et territoires indépendants, couvrant 99,7 % de la population mondiale.
Ce qu'il faut retenir
- Le Global Peace Index 2026 classe 163 pays selon leur niveau de paix, avec l’Islande en tête pour la 19e année consécutive.
- Le monde enregistre une dégradation moyenne de 0,7 % de son niveau de paix en un an, 99 pays voyant leur situation se détériorer.
- La Nouvelle-Zélande gagne une place et se classe 2e, tandis que la Suisse et la Slovénie complètent le top 4.
- La Russie occupe la dernière place du classement, suivie du Soudan, de la République démocratique du Congo, de l’Ukraine et d’Israël.
- L’Europe de l’Est et l’Asie centrale sont les seules régions à enregistrer une amélioration moyenne, contrairement à l’Asie du Sud qui subit la plus forte dégradation.
Un monde en proie à une insécurité croissante
L’édition 2026 du GPI dresse un constat alarmant : le niveau moyen de paix dans le monde a reculé de 0,7 % sur les douze derniers mois. 99 pays sur 163 ont vu leur situation se dégrader, et pas moins de 119 nations sont moins pacifiques qu’en 2008. Les conflits armés entre États n’ont jamais été aussi nombreux depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et le nombre de pays engagés dans des conflits extérieurs a presque doublé depuis 2008, d’après Euronews FR.
Parmi les crises les plus marquantes, la guerre civile au Soudan, le conflit prolongé en Ukraine et la guerre de Douze Jours entre Israël, les États-Unis et l’Iran ont contribué à fragiliser davantage l’environnement international. L’indice ne reflète cependant qu’en partie l’impact de la guerre d’Iran de 2026, la majorité des indicateurs s’arrêtant à la fin de l’année 2025. Pour les voyageurs, cette situation se traduit par une multiplication des avis de voyage déconseillant certains pays. Au Royaume-Uni, par exemple, 76 des 226 pays ou territoires suivis affichent des zones formellement déconseillées en raison de risques sécuritaires ou sanitaires.
L’Islande, la Nouvelle-Zélande et la Suisse en tête du classement
Pour la 19e année consécutive, l’Islande conserve la première place du classement. Le pays, qui ne dispose pas d’armée permanente, se distingue par un niveau de criminalité extrêmement faible et une forte cohésion sociale. La Nouvelle-Zélande, qui gagne une place cette année, affiche le score de conflit le plus bas de la région Asie-Pacifique. La Suisse complète le podium, tandis que la Slovénie progresse de deux places pour se classer quatrième. L’Irlande, souvent citée pour son accueil chaleureux, occupe la cinquième position.
Ces pays partagent des caractéristiques communes : une faible militarisation, une stabilité politique et sociale, et des infrastructures touristiques rodées. Steve Killelea, fondateur de l’Institute for Economics & Peace et créateur du GPI, précise : « L’indice offre une vision globale de la stabilité d’un pays, mais il ne reflète pas les risques spécifiques liés à un séjour, comme la petite délinquance ou les aléas naturels ». Il recommande aux voyageurs de consulter les avis officiels des ministères des Affaires étrangères avant de préparer leur voyage.
L’Europe et l’Asie centrale se démarquent, le Moyen-Orient reste à la traîne
L’Europe occidentale et centrale confirme sa position de région la plus pacifique au monde. À l’inverse, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord restent les zones les moins sûres, avec la Russie en queue de classement, suivie du Soudan, de la République démocratique du Congo, de l’Ukraine et d’Israël. Ces cinq pays ferment la marche, reflétant des crises prolongées et une instabilité chronique.
Seule l’Europe de l’Est et l’Asie centrale enregistrent une amélioration moyenne, portée notamment par la Pologne, qui réalise la plus forte progression nationale (+9,1 %). Le pays gagne 23 places et se classe désormais 22e mondial, grâce à une réduction de 17,5 % des conflits en cours. D’autres pays comme le Gabon, le Lesotho et la Turquie affichent également des progrès notables, cette dernière bénéficiant d’un processus de paix avec le Parti des travailleurs du Kurdistan. À l’inverse, l’Asie du Sud subit la dégradation la plus marquée, avec le Népal (-9,1 %) et le Pakistan en tête des pays les plus touchés.
Les États-Unis reculent, le Gabon et l’Ukraine en progression
Les États-Unis enregistrent un recul de 4 % de leur niveau de paix, principalement en raison d’une hausse de l’instabilité politique (-38,5 % sur cet indicateur). Les manifestations violentes ont également augmenté, poussant le pays au 134e rang du classement. Cette dégradation s’inscrit dans un contexte de polarisation accrue et de tensions sociales persistantes.
Côté progrès, le Gabon, le Lesotho et l’Ukraine enregistrent des améliorations significatives. L’Ukraine, malgré un conflit en cours, bénéficie d’avancées dans certains indicateurs internes. À l’inverse, le Népal (-9,1 %), le Tchad, la République du Congo et la Tanzanie figurent parmi les pays les plus en recul, reflétant des crises politiques ou des tensions sociales exacerbées.
Pour les agences de voyage et les touristes, l’enjeu sera de concilier envie d’évasion et prudence. Les destinations traditionnellement sûres, comme l’Islande ou la Nouvelle-Zélande, devraient continuer à attirer les voyageurs soucieux de minimiser les risques. Quant aux pays en crise, leur stabilisation dépendra en grande partie de l’évolution des conflits internationaux et des dynamiques internes.
Le Global Peace Index (GPI) est un classement annuel publié par l’Institute for Economics & Peace. Il évalue 163 pays selon 23 indicateurs qualitatifs et quantitatifs répartis en trois domaines : la sûreté et la sécurité au sein de la société, l’ampleur des conflits internes et internationaux, et le degré de militarisation. Le score final permet de classer les pays du plus au moins pacifique.
Non. Le GPI évalue la paix au niveau national et ne reflète pas les risques locaux pour les visiteurs, comme la petite délinquance, les conditions routières ou les aléas naturels. Les voyageurs sont donc invités à consulter les avis officiels de leur ministère des Affaires étrangères pour préparer leur séjour.