Selon Journal du Coin, l’édition 2026 du classement Fortune Crypto 100 révèle une domination écrasante des stablecoins américains, avec Tether (USDT) et Circle (USDC) en tête, reléguant l’euro numérique à une place marginalisée. Le rapport met en lumière un écart croissant entre les acteurs traditionnels et les initiatives européennes, alors que le marché des cryptomonnaies stables atteint des volumes records.
Ce qu'il faut retenir
- Tether (USDT) et Circle (USDC) trustent les deux premières places du classement, représentant à eux seuls plus de 85 % de la capitalisation totale des stablecoins en circulation.
- L’euro numérique, porté par la Banque centrale européenne (BCE), peine à s’imposer, avec une part de marché inférieure à 1 %.
- Le classement s’appuie sur des données de capitalisation, de volume d’échanges et d’adoption institutionnelle, compilées par Fortune et ses partenaires.
- Les stablecoins américains bénéficient d’un cadre réglementaire plus clair, facilitant leur adoption par les acteurs traditionnels comme les banques et les fonds d’investissement.
- Les experts soulignent un risque de dépendance accrue vis-à-vis des acteurs américains, au détriment des initiatives souveraines comme l’euro numérique.
Un marché des stablecoins toujours plus concentré
D’après le classement Fortune Crypto 100, les stablecoins émis par des entreprises privées américaines trustent le podium, avec Tether (USDT) en première position, suivi de près par Circle (USDC). Ces deux acteurs totalisent à eux seuls une capitalisation boursière de plus de 150 milliards de dollars, soit près de 90 % du marché global. « Cette concentration reflète la maturité du marché américain, où les régulateurs ont encadré les émissions de stablecoins dès 2024 », explique un analyste cité par Journal du Coin.
En revanche, les initiatives publiques, comme l’euro numérique porté par la BCE, peinent à s’imposer. Avec une part de marché inférieure à 1 %, la monnaie numérique européenne reste marginale, malgré les efforts déployés pour promouvoir son adoption. Les raisons de ce retard ? Un cadre juridique encore en construction et une adoption par les acteurs privés moins dynamique qu’outre-Atlantique.
Les stablecoins européens : entre ambitions et réalités
Parmi les rares représentants européens dans le top 20, le stabilcoin français EURCV, émis par la société Lyra Network, se positionne à la 18e place avec une capitalisation de 230 millions d’euros. Ce projet, lancé en 2025, mise sur une adoption par les acteurs du commerce en ligne et des services financiers. « Notre objectif est de devenir le stablecoin de référence pour les transactions en euros, mais la concurrence avec les acteurs américains reste rude », confie un porte-parole de Lyra Network à Journal du Coin.
Autre acteur européen à surveiller : le stabilcoin allemand EURS, émis par la société Bitbond, qui occupe la 22e place. Ce projet mise sur une technologie blockchain publique (Stellar) et une réglementation allemande stricte pour séduire les investisseurs institutionnels. Pourtant, malgré ces atouts, son adoption reste limitée, avec une capitalisation de 180 millions d’euros.
Des régulateurs européens sous pression
La domination des stablecoins américains interroge les régulateurs européens. La BCE a récemment accéléré les travaux sur l’euro numérique, avec un calendrier prévisionnel de déploiement pilote d’ici fin 2026. « Nous devons absolument éviter une dépendance excessive aux acteurs étrangers, surtout dans un contexte géopolitique tendu », a déclaré un haut responsable de la BCE sous couvert d’anonymat. Pour autant, la mise en place d’un cadre juridique unifié au niveau européen prend du retard, freinant l’émergence de champions locaux.
Côté français, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié en juin 2026 un guide sur l’émission de stablecoins, mais les contraintes administratives pèsent encore sur les projets innovants. « Le processus d’agrément reste long et coûteux, ce qui désavantage les startups face aux géants américains déjà établis », déplore un expert du secteur.
Reste à voir si les entreprises européennes parviendront à capitaliser sur leur avantage local — la confiance dans les monnaies souveraines — pour inverser la tendance. Dans un contexte où les volumes d’échanges de stablecoins dépassent désormais 1 200 milliards de dollars par mois, selon Journal du Coin, chaque jour de retard compte.