En 2007, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a confirmé avec un niveau de confiance de 90 % que l’activité humaine était à l’origine de la majorité du réchauffement climatique observé depuis le milieu du XXe siècle. Selon Futura Sciences, cette annonce a marqué un tournant historique dans la compréhension scientifique du phénomène, après des décennies de débats et d’hypothèses parfois jugées fantaisistes.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2007, le Giec a estimé à 90 % la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique.
  • Cette certitude s’est construite progressivement depuis les années 1990, où le doute persistait encore.
  • Le prix Nobel de la paix 2007 a récompensé le Giec et Al Gore pour leurs travaux sur le changement climatique d’origine humaine.
  • Depuis 2021, le Giec affirme sans ambiguïté : « Il est indéniable que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, les océans et les terres ».
  • Malgré ce consensus scientifique, les actions politiques et collectives restent insuffisantes pour enrayer le phénomène.

Des hypothèses des années 1960 à la certitude scientifique

Dès les années 1960, quelques chercheurs avant-gardistes évoquaient déjà un lien entre les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement de la planète. Pourtant, à l’époque, ces hypothèses étaient largement ignorées, voire moquées par une grande partie de la communauté scientifique. Comme le rappelle Futura Sciences, le climatologue Syukuro Manabe avait pourtant prévu dès 1970 une hausse des températures de 0,57 °C entre 1970 et 2000 – une estimation très proche des 0,54 °C effectivement observés. Ses travaux sur le réchauffement accéléré des terres et de l’Arctique se sont également avérés exacts.

Il a fallu attendre trente à quarante ans pour que la communauté scientifique relie, avec une quasi-certitude, ce réchauffement à l’activité humaine. Dans les années 1990, le Giec, créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), commençait à évoquer une « influence perceptible » de l’homme sur le climat. Mais le doute persistait, alimenté par des discours sceptiques dans les médias et au sein même des cercles scientifiques.

2007 : l’année où la science a tranché

Le rapport du Giec publié en 2007 a marqué un tournant décisif. Pour la première fois, les experts affirmaient avec un niveau de confiance de 90 % que « la majeure partie de l’augmentation observée des températures moyennes mondiales depuis le milieu du XXe siècle est très probablement due à l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre d’origine anthropique ». Selon Futura Sciences, cette conclusion a été rendue possible grâce à l’amélioration des outils satellites et à l’accumulation de données météorologiques sur plusieurs décennies.

Cette annonce n’est pas restée confinée aux laboratoires. Elle a eu un écho mondial, renforcé par l’attribution du prix Nobel de la paix 2007 au Giec et à Al Gore. « Pour leurs efforts visant à développer et à diffuser une meilleure connaissance du changement climatique d’origine humaine, et à jeter les bases des mesures nécessaires pour contrer ce changement », pouvait-on lire dans le communiqué du comité Nobel. Une reconnaissance officielle qui a contribué à ancrer dans l’opinion publique l’idée que l’homme était bien le principal responsable du dérèglement climatique.

Un consensus qui se renforce, mais des actions toujours insuffisantes

Les rapports du Giec publiés après 2007 n’ont fait que confirmer et préciser cette conclusion. En 2013, dans le cinquième rapport d’évaluation (AR5), le niveau de confiance est passé à 95 %. Puis, en 2021, avec le sixième rapport (AR6), l’institution est encore plus catégorique : « Il est indéniable que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, les océans et les terres ». Pourtant, malgré ce consensus scientifique désormais sans équivoque, les actions politiques et individuelles peinent à suivre le rythme des constats.

Comme le souligne Futura Sciences, la prise de conscience a effectivement évolué au fil des années, notamment dans les milieux météorologiques. « La méfiance envers les discours du Giec était encore présente jusqu’au début des années 2010, puis un changement net s’est opéré à partir de 2015, année marquée par l’Accord de Paris, et encore plus à partir de 2019, avec un été caniculaire responsable de records impensables en France », explique un météorologue cité par le média. Pourtant, malgré cette évolution des mentalités, les engagements pris lors des conférences internationales peinent à se traduire en mesures concrètes et généralisées.

Et maintenant ?

D’ici 2027, le Giec publiera son prochain rapport d’évaluation, qui intégrera les dernières données climatiques et les projections les plus récentes. Les experts s’attendent à ce que ce rapport renforce encore les alertes sur les conséquences du réchauffement, notamment en matière de montée des eaux, d’intensification des événements extrêmes et de pression sur les écosystèmes. Reste à savoir si ces avertissements suffiront à déclencher des politiques climatiques ambitieuses à l’échelle mondiale, ou si l’écart entre la science et l’action continuera de se creuser.

En attendant, les effets du réchauffement se font déjà sentir. Selon les projections, le nombre de décès liés aux vagues de chaleur pourrait atteindre 430 000 par an d’ici 2050, avec un impact disproportionné sur les pays les plus pauvres. Autant dire que la fenêtre d’action se referme rapidement, et que chaque année de retard dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre aggrave les défis à venir.

La science climatique est un domaine complexe, où les preuves s’accumulent progressivement. Les chercheurs ont dû attendre des décennies de données satellitaires et de modélisations pour isoler l’influence humaine des autres facteurs naturels, comme l’activité solaire ou les variations océaniques. De plus, les industries polluantes et certains lobbies ont longtemps nié ou minimisé ces travaux, retardant l’adoption de politiques environnementales ambitieuses.