Invité sur le plateau de France 2 vendredi 19 juin 2026, le député RN Franck Allisio a défendu le projet de développement massif de la climatisation porté par son parti. Pour justifier cette orientation, il a utilisé une comparaison simple : « climatiser l’été, c’est comme chauffer l’hiver ». Selon lui, cette pratique ne poserait pas plus de problèmes pour le climat que le chauffage hivernal, jugé lui-même acceptable. Une affirmation que Reporterre a analysé de près, en s’appuyant notamment sur les travaux de Bon Pote, média spécialisé dans les questions environnementales.
Ce qu'il faut retenir
- Le député RN Franck Allisio a défendu le 19 juin 2026 sur France 2 le plan de climatisation de son parti en comparant cette pratique au chauffage hivernal.
- Il a estimé que l’impact climatique de la climatisation en été était comparable à celui du chauffage en hiver.
- Bon Pote, auteur d’une enquête sur la climatisation, nuance cette affirmation, notamment sur le plan des émissions de CO₂.
- Le mix électrique français étant décarboné à 95 %, l’argument du RN n’est pas totalement infondé sur ce seul critère.
Une comparaison qui soulève des questions
Pour étayer son propos, Franck Allisio a comparé deux pratiques domestiques dont les impacts environnementaux diffèrent pourtant significativement. « Climatiser en été, c’est comme chauffer en hiver, a-t-il déclaré. Dans les deux cas, il s’agit de maintenir un confort thermique acceptable. » Selon lui, cette logique justifie le développement massif des systèmes de climatisation, notamment dans un contexte de réchauffement climatique accru. L’argumentaire du député s’appuie sur un constat : le réseau électrique français, très largement décarboné grâce à la part dominante du nucléaire et des énergies renouvelables, limiterait l’impact carbone de ces équipements.
Pourtant, comme le souligne Bon Pote, cette comparaison ne tient pas compte de plusieurs éléments clés. D’abord, la consommation électrique des climatiseurs reste très élevée en période de canicule, moment où la demande globale sur le réseau est déjà maximale. Ensuite, l’usage intensif de ces appareils génère une chaleur résiduelle rejetée dans l’atmosphère, aggravant encore les effets de l’îlot de chaleur urbain. Autant dire que l’analogie du RN, si elle séduit par sa simplicité, occulte une partie des enjeux.
Un mix électrique français toujours plus décarboné
Le débat prend une tournure particulière dans le contexte énergétique français. Avec un mix électrique décarboné à 95 %, comme le rappelle Reporterre, l’argument du RN concernant les émissions de CO₂ liées à la climatisation n’est pas totalement dénué de fondement. En effet, en France, l’électricité utilisée pour faire fonctionner les climatiseurs provient majoritairement de sources peu émettrices de gaz à effet de serre. Cela contraste avec des pays comme l’Allemagne ou la Pologne, où le charbon domine encore largement le mix énergétique.
Pour autant, cette réalité ne doit pas occulter d’autres impacts. La climatisation reste un poste de consommation énergétique majeur, susceptible de peser sur la balance des besoins électriques nationaux. En période de pointe, elle pourrait contraindre RTE (Réseau de Transport d’Électricité) à solliciter des moyens de production supplémentaires, voire à importer de l’électricité depuis l’étranger. Un scénario qui, dans le pire des cas, pourrait remettre en cause l’équilibre carbone du système.
Dans l’immédiat, le plan du RN en faveur de la climatisation reste un sujet de controverse. Alors que les températures estivales risquent de continuer à augmenter, les partisans comme les détracteurs de cette mesure devraient multiplier les prises de parole. À l’heure où les canicules se font plus fréquentes et plus intenses, la question du rafraîchissement des logements et des espaces publics ne pourra plus être éludée.
Elle est contestée car elle minimise les impacts indirects de la climatisation, comme la chaleur rejetée dans les villes ou la pression sur le réseau électrique en période de pointe. Contrairement au chauffage, dont l’usage est saisonnier et moins systématique, la climatisation peut fonctionner en continu lors des vagues de chaleur, aggravant ainsi les îlots de chaleur urbains.