Un recours contre la chaîne d'information CNews pour ses prises de position climatosceptiques a été engagé par l'association QuotaClimat. Selon Reporterre, cette initiative s'inscrit dans le cadre d'une volonté de faire reconnaître juridiquement la diffusion de contenus remettant en cause le consensus scientifique sur le réchauffement climatique. L'association dénonce ainsi les propos tenus par des personnalités invitées sur le plateau de CNews, qui nient ou minimisent l'origine humaine de la crise climatique.
Ce qu'il faut retenir
- L'association QuotaClimat a saisi le Conseil d'État pour contester les propos climatosceptiques tenus sur CNews.
- Un philosophe d'extrême droite, Michel Onfray, a déclaré sur la chaîne, le 22 novembre 2025, que le réchauffement climatique serait dû à des phénomènes astrophysiques comme les « plurivers » ou les « multivers », niant ainsi l'origine anthropique du dérèglement climatique.
- Ces affirmations s'opposent au consensus scientifique international, qui établit clairement le lien entre les activités humaines et le changement climatique.
- QuotaClimat avait initialement saisi les instances de régulation avant de se tourner vers la plus haute juridiction administrative française.
Des propos climatosceptiques relayés sur une chaîne d'information
Le 22 novembre 2025, Michel Onfray, philosophe connu pour ses prises de position à l'extrême droite, était invité sur le plateau de CNews. Lors de son intervention, il a affirmé que le réchauffement climatique trouverait son origine dans des interactions entre univers parallèles, qualifiant ces phénomènes de « plurivers » ou de « multivers ». Pour lui, ces mécanismes astrophysiques expliqueraient mieux le changement climatique que l'impact des activités humaines.
Ces déclarations, qui nient l'origine anthropique de la crise climatique, ont été dénoncées par plusieurs associations et scientifiques. Reporterre rappelle que ces propos contredisent les rapports du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), qui s'appuient sur des milliers d'études et établissent un consensus scientifique sur la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique.
QuotaClimat engage une action en justice contre CNews
Face à ces prises de parole, QuotaClimat a d'abord saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour manquement à ses obligations déontologiques. Après avoir constaté l'inaction des autorités de régulation, l'association a décidé de porter le dossier devant le Conseil d'État. L'objectif est de faire reconnaître la responsabilité de CNews dans la diffusion de contenus climatosceptiques, jugés contraires à la mission d'information du service public.
Dans un communiqué, QuotaClimat a souligné que « la liberté d'expression ne peut justifier la diffusion de fausses informations susceptibles de nuire à la compréhension des enjeux climatiques par le public ». L'association s'appuie sur la loi de 1986 sur la liberté de communication, qui impose aux médias de respecter des règles déontologiques strictes en matière d'information.
Le climatoscepticisme, un phénomène persistant dans les médias
Ce recours contre CNews s'inscrit dans un contexte plus large de lutte contre la désinformation climatique. Plusieurs études ont montré que les chaînes d'information en continu, notamment à l'extrême droite, diffusent régulièrement des contenus minimisant ou niant le changement climatique. En 2024, une enquête de l'ONG Climate Action Against Disinformation avait révélé que près de 30 % des interventions sur les plateaux télévisés français sur le climat étaient climatosceptiques.
Selon Reporterre, cette tendance s'est accentuée avec l'arrivée de nouvelles figures médiatiques, souvent issues de l'extrême droite, qui utilisent leur tribune pour promouvoir des théories infondées. Pourtant, la quasi-totalité des scientifiques s'accordent sur l'origine humaine du réchauffement climatique, responsable de phénomènes comme la multiplication des canicules, la fonte des glaces ou l'élévation du niveau des mers.
Cette affaire intervient alors que la France s'apprête à organiser la COP30 en 2026, un sommet international crucial pour la lutte contre le changement climatique. La question de la désinformation climatique pourrait ainsi devenir un enjeu central des débats publics dans les mois à venir.
QuotaClimat a d'abord saisi le CSA, mais l'association a estimé que l'autorité de régulation n'avait pas pris de mesures suffisamment fermes contre CNews. Face à cette inaction, l'association a décidé de porter le dossier devant le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative française, pour obtenir une décision contraignante.