Le président colombien sortant, Gustavo Petro, a vivement critiqué Washington jeudi 5 juin 2026, lui reprochant de s’être « allié » avec des « génocidaires » et des « narcotrafiquants » en apportant son soutien au candidat de droite arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle. Ces accusations, formulées lors d’un entretien accordé à l’Agence France-Presse (AFP), interviennent dans un contexte électoral tendu, où les tensions entre la gauche et la droite colombiennes s’exacerbent.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 5 juin 2026, Gustavo Petro, président colombien sortant, a accusé les États-Unis de s’allier avec des « narcotrafiquants » et des « génocidaires » après leur soutien à un candidat de droite.
  • Le candidat de droite en question, arrivé en tête du premier tour, bénéficie d’un appui marqué de la part de Washington.
  • Ces déclarations s’inscrivent dans un climat politique colombien particulièrement tendu à l’approche du second tour de la présidentielle.

Un soutien américain controversé au candidat de droite

Selon France 24, l’administration américaine a clairement affiché son soutien au candidat de droite colombien, qui a remporté le premier tour de l’élection présidentielle avec 32 % des voix, devant son adversaire de gauche. Ce choix de Washington a immédiatement suscité des réactions vives en Colombie, où le président sortant, Gustavo Petro, a dénoncé une alliance entre les États-Unis et des « forces criminelles ».

Dans ses propos rapportés par l’AFP, Petro a qualifié cette alliance de « dangereuse » et de « contraire aux intérêts du peuple colombien ». Il a également évoqué des « liens historiques » entre certains responsables politiques de droite et des réseaux de narcotrafic, sans pour autant citer de noms précis. Ces accusations, si elles ne sont pas étayées publiquement, alimentent une polarisation accrue dans la campagne électorale.

Les accusations de Petro : entre rhétorique politique et enjeux de sécurité

Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire colombienne, a souvent pointé du doigt l’influence des États-Unis dans les affaires internes du pays, notamment sur les questions de lutte contre le narcotrafic. Il a rappelé, dans son entretien, que les États-Unis avaient « une longue histoire d’intervention » en Colombie, ce qui, selon lui, « n’a pas toujours bénéficié à la démocratie locale ».

Le président sortant a également souligné que le soutien américain à son adversaire revenait à « légitimer des pratiques qui ont causé des milliers de morts » dans le pays. Il a cité en exemple les liens présumés entre certains groupes paramilitaires et des élites politiques, des accusations régulièrement évoquées par des ONG colombiennes, mais rarement confirmées par des preuves judiciaires définitives.

« Les États-Unis se sont alliés à des génocidaires et à des narcotrafiquants en soutenant ce candidat. C’est une trahison envers le peuple colombien. »
Gustavo Petro, président colombien sortant, lors d’un entretien à l’AFP, le 5 juin 2026.

Un second tour sous haute tension

Le second tour de l’élection présidentielle colombienne, prévu pour le 19 juin 2026, s’annonce des plus serrés entre le candidat de droite et son adversaire de gauche. Les sondages donnent les deux prétendants au coude-à-coude, avec une marge d’erreur de plus ou moins 3 points, selon les dernières enquêtes d’opinion. La campagne est marquée par des accusations croisées et une défiance mutuelle entre les deux camps.

Les États-Unis, par la voix de leur ambassade à Bogotá, ont déjà indiqué qu’ils reconnaîtraient le résultat du scrutin, quelle que soit l’issue. Cependant, les déclarations de Gustavo Petro pourraient compliquer les relations diplomatiques entre les deux pays, surtout si le candidat de gauche l’emporte. Une victoire de Petro serait perçue comme un revers pour la politique américaine en Amérique latine, où Washington a longtemps privilégié des alliances avec des gouvernements conservateurs.

Et maintenant ?

Le second tour de la présidentielle colombienne, prévu le 19 juin 2026, pourrait être marqué par une forte participation et des tensions post-électorales, quel que soit le vainqueur. Les observateurs s’attendent à des manifestations dans les grandes villes, en cas de victoire serrée. Par ailleurs, les relations entre Bogotá et Washington pourraient se tendre davantage, notamment si Gustavo Petro l’emporte et maintient ses accusations contre l’administration américaine.

Pour l’heure, le candidat de droite, favori des sondages, continue de bénéficier du soutien actif de plusieurs figures politiques et économiques colombiennes, ainsi que de l’appui discret de certains cercles diplomatiques étrangers. La Colombie, pays clé en Amérique du Sud, reste sous haute surveillance internationale à l’approche de ce scrutin décisif.

Le candidat de droite arrivé en tête du premier tour est Rodolfo Hernández, un entrepreneur et ancien maire de Bucaramanga. Il a obtenu 32 % des voix au premier tour, devant Gustavo Petro, qui en a récolté 28 %. Son programme met l’accent sur la lutte contre la corruption et la sécurité, deux thèmes qui séduisent une partie de l’électorat colombien.