Face à l’impasse répétée des négociations climatiques internationales, la Colombie et les Pays-Bas organisent, du 24 au 29 avril 2026 à Santa Marta, le premier sommet mondial entièrement consacré à la sortie des énergies fossiles. Selon Reporterre, cette initiative, qui exclut délibérément les États-Unis de Donald Trump et ses alliés climatosceptiques, marque une volonté de contourner les blocages des COP et d’avancer concrètement sur la transition énergétique.
Ce qu'il faut retenir
- Un sommet inédit dédié à la sortie des énergies fossiles se tient du 24 au 29 avril 2026 à Santa Marta, en Colombie.
- L’initiative est portée conjointement par la Colombie et les Pays-Bas, en réponse à l’échec répété des COP climatiques.
- Les États-Unis de Donald Trump et d’autres dirigeants climatosceptiques ne sont pas conviés.
- La France y participera, marquant une distinction avec les pays réticents à la transition énergétique.
- L’objectif affiché est de proposer des solutions concrètes, loin des compromis onusiens jugés inefficaces.
Une réponse à l’échec des COP climatiques
Les conférences des Nations unies sur le climat (COP) accumulent les promesses non tenues et les reports de décisions depuis des décennies. Pour beaucoup de pays, dont la Colombie et les Pays-Bas, ce constat d’échec a motivé l’organisation d’un sommet alternatif, centré exclusivement sur la sortie des énergies fossiles. Comme le rapporte Reporterre, l’idée est née d’un « ras-le-bol » face à l’immobilisme des grandes puissances lors des COP, où les compromis finissent souvent dilués ou reportés sine die.
Santa Marta, ville caribéenne de Colombie, a été choisie pour accueillir cet événement inédit. Le choix de ce lieu n’est pas anodin : il symbolise à la fois l’urgence climatique pour les pays du Sud global, souvent les plus exposés aux conséquences du réchauffement, et la volonté de promouvoir des modèles économiques alternatifs à ceux basés sur les hydrocarbures.
Une exclusion symbolique des climatosceptiques
Parmi les absents notables figurent les États-Unis de Donald Trump, dont les positions climatosceptiques sont bien connues. D’autres dirigeants ou représentants de pays favorables aux énergies fossiles n’ont pas été invités, marquant une ligne de fracture claire entre les partisans d’une transition rapide et leurs détracteurs. La France, elle, fera partie des participants, ce qui illustre sa volonté de jouer un rôle actif dans ce nouveau forum, contrairement à son absence remarquée lors de certaines COP précédentes.
Cette exclusion n’est pas seulement symbolique : elle reflète une stratégie délibérée pour contourner les blocages institutionnels. Selon Reporterre, l’objectif est de créer un espace où les engagements concrets pourraient être pris sans la menace du veto de pays dépendants des revenus pétroliers ou gaziers.
Quels résultats peut-on attendre ?
Les organisateurs du sommet espèrent y adopter une déclaration commune appelant à la fin progressive des subventions aux énergies fossiles et à l’accélération des investissements dans les énergies renouvelables. Aucune mesure contraignante n’est prévue, mais les participants devraient s’engager sur des échéances précises, notamment pour la sortie du charbon et du pétrole. Reporterre souligne que l’enjeu est aussi de montrer qu’une transition est possible, même pour les pays dont l’économie repose encore largement sur les hydrocarbures.
Les organisateurs misent sur la dynamique entre pays volontaires pour créer un effet d’entraînement. Parmi les participants attendus figurent des représentants de l’Union européenne, de plusieurs États latino-américains, et d’organisations non gouvernementales spécialisées dans la lutte contre le changement climatique.
Pour l’heure, l’attention se porte sur les discussions en cours à Santa Marta, où les délégations devraient travailler d’arrache-pied jusqu’au 29 avril pour tenter de faire de ce sommet une étape historique — ou, à défaut, un premier jalon sur une route encore longue.
Selon les organisateurs, l’objectif est de créer une dynamique entre pays volontaires, en dehors des blocages des COP. Si les engagements pris à Santa Marta sont suivis d’effets, le sommet pourrait servir de levier pour accélérer la sortie des énergies fossiles, notamment dans les pays dépendants des revenus pétroliers. Cependant, sans mécanismes contraignants, son impact dépendra de la volonté politique des États participants.