La Comédie-Française annonce sa saison 2026-2027 sous la direction artistique de Clément Hervieu-Léger, avec des mises en scène de Thomas Jolly et une adaptation de Leïla Slimani, ainsi qu’un partenariat inédit avec le musée du Louvre. Selon Franceinfo - Culture, cette programmation marque le retour de la salle Richelieu après neuf mois de travaux et s’articule autour de 26 spectacles, dont 14 créations et 6 tournées.
Ce qu'il faut retenir
- Réouverture de la salle Richelieu le 15 octobre 2026 avec Ruy Blas de Victor Hugo, mis en scène par Julie Duclos.
- Arrivée de Thomas Jolly en 2027 pour La Tour de Nesle d’Alexandre Dumas, en coproduction avec le festival Paris d'été – Les étés du Louvre.
- Première pièce de théâtre de Leïla Slimani, Résurrection. Un cas de conscience, montée en 2027 et en tournée.
- Partenariat exceptionnel avec le Louvre pour La vie est un songe de Calderon de la Barca, en lien avec l’exposition dédiée à Zurbarán.
- Budget 2025 de la Comédie-Française : 43,5 millions d’euros de dépenses et 40 millions de ressources, dont 62 % de subventions publiques.
- Déficit anticipé à 6 millions d’euros pour 2026, en raison des travaux et de la saison hors les murs.
Une saison placée sous le signe de la réouverture et des nouvelles collaborations
Après neuf mois de fermeture pour rénovation, la salle Richelieu rouvrira ses portes le 15 octobre 2026 avec Ruy Blas, chef-d’œuvre de Victor Hugo mis en scène par Julie Duclos. Ce retour sur scène s’accompagne d’une programmation ambitieuse, conçue par Clément Hervieu-Léger, arrivé à la tête de l’institution en août 2025. Selon Franceinfo - Culture, cette saison 2026-2027 s’annonce comme un tournant, avec 26 spectacles au total : 14 créations, 12 reprises et 6 représentations en tournée.
Parmi les temps forts, Thomas Jolly, directeur artistique des Jeux olympiques de Paris 2024, fera ses débuts à la Comédie-Française en juillet 2027 avec La Tour de Nesle d’Alexandre Dumas. La pièce sera jouée en plein air au jardin des Tuileries, devant la vasque olympique, avant d’être reprise en intérieur à la rentrée 2027. Clément Hervieu-Léger a salué « un grand sens du théâtre populaire », soulignant que « il était temps » que Jolly s’investisse dans l’institution.
Leïla Slimani et les autrices mises à l’honneur
Autre invitation majeure : Leïla Slimani, prix Goncourt 2016, présentera Résurrection. Un cas de conscience, sa première œuvre pour le théâtre. Cette création, mise en scène par Simon Delétang, s’inscrit dans une coproduction avec le Centre dramatique national (CDN) de Lorient. Le choix de Slimani reflète la volonté de Hervieu-Léger de combler un retard historique : « Beaucoup d’autrices ont été invisibilisées », a-t-il rappelé, soulignant l’importance de donner plus de visibilité aux femmes dans le répertoire dramatique.
Cette priorité se retrouve également dans le partenariat avec le CDN de l’océan Indien pour La Fournaise d’Ananda Devi. Le spectacle sera joué au Studio-Théâtre de la Comédie-Française avant de partir en tournée à La Réunion, Mayotte et l’île Maurice. « Cela répond à une mission de service public », a précisé l’administrateur, rappelant l’engagement de l’institution au-delà de Paris.
Un partenariat historique avec le Louvre et des choix audacieux
L’institution franchit une nouvelle étape avec un partenariat exceptionnel avec le musée du Louvre. La pièce La vie est un songe, de Calderon de la Barca, sera montée par Benjamin Lazar et s’articulera autour de la grande exposition dédiée à Francisco de Zurbarán, peintre du Siècle d’or espagnol. « Ce rapprochement entre la scène et les arts visuels est une première », a souligné un porte-parole du Louvre.
Autre hommage au patrimoine théâtral, Les Bonnes de Jean Genet sera créée en septembre 2026 au théâtre de l’Athénée, où Louis Jouvet l’avait créée en 1947. Cette reprise s’inscrit dans une volonté de revisiter les classiques, tout en explorant des formes contemporaines. Par ailleurs, la grille tarifaire a été révisée : le prix plancher est maintenu à 5 euros, mais les places en plein tarif les plus chères passent de 48 à 56 euros, une hausse ciblée sur les catégories les plus élevées.
Des finances sous tension
La saison 2025 de la Comédie-Française a enregistré un budget de 43,5 millions d’euros de dépenses, contre 40 millions de ressources. Les subventions publiques représentent 62 % des recettes, suivies par la billetterie (20 %) et le mécénat (8,6 %). Pour 2026, l’institution anticipe un déficit plus important, estimé à 6 millions d’euros, en raison des coûts liés aux travaux de la salle Richelieu et à la saison hors les murs depuis janvier.
Ces chiffres illustrent les défis financiers auxquels fait face la Comédie-Française, malgré une fréquentation historique et un soutien public constant. La saison 2026-2027 devra donc concilier ambition artistique et équilibre budgétaire, dans un contexte économique tendu pour les institutions culturelles.
Quelle sera la réaction du public face à ces nouvelles propositions ? La saison 2027, avec les mises en scène de Jolly et Slimani, pourrait bien redéfinir l’image de la Comédie-Française auprès des nouvelles générations.
Le tarif plancher reste fixé à 5 euros, mais les places en plein tarif les plus chères passent de 48 à 56 euros. Cette augmentation vise principalement les catégories de billets les plus élevées.
La salle Richelieu rouvrira ses portes le 15 octobre 2026 avec la pièce Ruy Blas de Victor Hugo, mise en scène par Julie Duclos.