Loïc, un utilisateur de plateformes de rencontres réservées aux plus de 50 ans, a rencontré « l’âme sœur » sur l’un de ces sites. Pourtant, malgré son désengagement actif de la plateforme, il continue de recevoir des messages de personnes cherchant une relation. Une situation qui interroge sur les modalités de désinscription définitive de ces services, ainsi que sur la gestion des données personnelles et intimes des profils. Ouest France explore les démarches à suivre pour mettre fin à ces sollicitations, tout en rappelant les obligations légales des plateformes en matière de protection des données.

Ce qu'il faut retenir

  • Loïc, utilisateur d’une plateforme de rencontres pour seniors, a trouvé l’amour mais continue de recevoir des messages malgré sa désactivation du compte.
  • Les sites de rencontres conservent souvent les données des profils même après une désinscription, parfois pendant plusieurs mois ou années.
  • La désactivation d’un compte n’équivaut pas toujours à une suppression définitive des données personnelles et des messages reçus.
  • Les utilisateurs disposent de droits renforcés depuis l’entrée en vigueur du RGPD, notamment celui de demander l’effacement de leurs données.

Une désactivation de compte ne suffit pas toujours à stopper les messages

Comme l’explique Ouest France, Loïc a bien tenté de se désengager de la plateforme après avoir rencontré sa partenaire. Pourtant, les messages continuent d’affluer. Ce cas n’est pas isolé : de nombreux utilisateurs de services de rencontres constatent que la désactivation de leur compte ne met pas fin aux sollicitations. Les raisons ? Certaines plateformes conservent les profils actifs pendant une période prolongée, même après une demande de désactivation. D’autres continuent d’afficher le profil dans les résultats de recherche, ce qui permet aux autres membres de lui envoyer des messages. « J’ai tout essayé : suppression du compte, désactivation des notifications, rien n’y fait », a confié Loïc à Ouest France.

Les données personnelles restent accessibles pendant des mois, voire des années

La durée pendant laquelle une plateforme conserve les données d’un utilisateur varie selon les conditions générales d’utilisation. Certaines conservent les profils pendant **30 jours** après une désinscription, d’autres pendant **6 mois**, voire plus. Le RGPD, entré en vigueur en 2018, encadre strictement ces pratiques. Il impose aux plateformes de permettre aux utilisateurs de demander l’effacement de leurs données, sous réserve de certaines exceptions (par exemple, si les données sont nécessaires à des fins de facturation). Cependant, la mise en œuvre de ce droit reste inégale selon les services. « Les utilisateurs doivent être conscients que leur profil peut rester visible pendant des semaines, voire des mois après leur départ », souligne Ouest France.

Comment procéder pour une désinscription définitive ?

Pour éviter que les messages ne persistent après une désactivation, plusieurs étapes sont recommandées. D’abord, il faut distinguer la **désactivation** du compte, qui suspend temporairement son activité, de la **suppression définitive**, qui efface les données. La plupart des plateformes proposent cette option dans les paramètres du compte, souvent sous l’onglet « Vie privée » ou « Désinscription ». Il est conseillé de consulter les conditions générales pour vérifier la politique de conservation des données. Certaines plateformes exigent un délai de réflexion avant de procéder à la suppression, tandis que d’autres la réalisent instantanément. Ouest France recommande également d’envoyer un courriel au service client pour confirmer la demande et s’assurer que la suppression a bien été prise en compte.

Que faire en cas de refus ou d’inaction de la plateforme ?

Si une plateforme refuse de supprimer un compte ou continue de traiter les données après une demande, l’utilisateur dispose de recours. Le premier consiste à adresser une **réclamation à la CNIL**, l’autorité française de protection des données. La procédure est gratuite et peut être initiée en ligne via le site de la CNIL. En cas de non-respect du RGPD, la plateforme s’expose à des sanctions pouvant aller jusqu’à **4 % de son chiffre d’affaires mondial**. Une autre solution consiste à contacter directement le service client pour exiger l’application du droit à l’oubli. Certaines associations de consommateurs, comme l’UFC-Que Choisir, proposent également un accompagnement dans ces démarches. « Il ne faut pas hésiter à faire valoir ses droits, car les plateformes ne peuvent ignorer une demande légitime », rappelle Ouest France.

Et maintenant ?

À partir de 2027, les plateformes de rencontres devraient être soumises à des obligations plus strictes en matière de transparence, notamment avec l’entrée en vigueur du Digital Services Act (DSA) au niveau européen. Ce règlement impose aux grandes plateformes en ligne, y compris les sites de rencontres, de publier des rapports détaillés sur la modération des contenus et la gestion des données. Pour les utilisateurs, cela pourrait signifier une meilleure information sur les modalités de suppression des comptes et une réduction des délais de conservation des données. Reste à voir si ces nouvelles règles seront effectivement appliquées et si elles permettront de limiter les sollicitations indésirables après une désinscription.

La question de la protection des données dans les services de rencontres reste donc un sujet d’actualité, alors que des millions de Français utilisent ces plateformes chaque année. Une vigilance accrue de la part des utilisateurs, couplée à un renforcement des contrôles, pourrait permettre de mieux encadrer ces pratiques dans les années à venir.

La désactivation d’un compte ne suffit généralement pas à stopper les messages, car le profil peut rester visible dans les recherches. Une suppression définitive est souvent nécessaire pour mettre fin aux sollicitations. Il est recommandé de consulter les conditions générales de la plateforme pour connaître la procédure exacte et les délais de suppression des données.