La hausse des prix de l’énergie pèse sur le pouvoir d’achat des ménages et les budgets des collectivités locales. Face à ce constat, six organisations engagées dans la transition écologique et énergétique ont choisi de s’adresser directement aux maires. Selon Ouest France, ces associations – Enercoop, le Réseau Cler, le Réseau Action Climat, le WWF France, le Labo de l’ESS et Énergie Partagée – estiment que les communes disposent de moyens concrets pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables sur leur territoire.
Ce qu'il faut retenir
- Six ONG et associations appellent les maires à jouer un rôle central dans la transition énergétique
- Elles mettent en avant l’existence de leviers concrets pour développer les énergies renouvelables au niveau local
- Les collectivités locales pourraient ainsi réduire leur dépendance aux énergies fossiles et stabiliser leurs coûts
- Les organisations signataires incluent des acteurs majeurs comme le WWF France, le Réseau Action Climat ou Enercoop
Dans un contexte marqué par la volatilité des prix de l’énergie et les impératifs climatiques, ces structures militent pour une approche territorialisée. « Les communes ont tous les outils pour devenir des acteurs majeurs de la transition énergétique », a déclaré un porte-parole du Réseau Action Climat. Selon lui, la sobriété, l’efficacité énergétique et les projets locaux de production d’énergie renouvelable permettraient non seulement de réduire les factures, mais aussi de renforcer l’autonomie des territoires.
Parmi les leviers évoqués, les associations citent la rénovation énergétique des bâtiments publics, l’installation de panneaux solaires sur les toitures communales, ou encore la création de coopératives citoyennes pour développer des parcs éoliens ou solaires. « Ces initiatives ne nécessitent pas des investissements colossaux », précise-t-on du côté d’Énergie Partagée. « Certaines communes ont déjà démontré qu’il était possible de financer ces projets grâce à des subventions européennes, des fonds régionaux, ou en mobilisant l’épargne locale. »
Le Réseau Cler, spécialisé dans la maîtrise de l’énergie, rappelle que près de 40 % de la consommation énergétique des communes provient des bâtiments publics. Autant dire que les marges de manœuvre sont réelles. « En optimisant la gestion de leurs équipements, en remplaçant les chaudières au fioul par des systèmes bas-carbone, ou en installant des éclairages LED, les municipalités pourraient réduire significativement leurs dépenses », explique-t-on dans leurs rangs.
Le WWF France, de son côté, insiste sur l’aspect environnemental de ces mesures. « Accélérer le déploiement des énergies renouvelables au niveau local, c’est aussi contribuer à atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris », a souligné un représentant de l’ONG. Pour y parvenir, les associations encouragent les maires à s’appuyer sur des outils existants, comme les Plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET), qui offrent un cadre stratégique pour agir.
Côté Enercoop, fournisseur d’électricité 100 % renouvelable, on rappelle que de nombreuses collectivités ont déjà fait le choix de s’approvisionner en énergie verte. « En contractant directement avec des producteurs locaux d’énergies renouvelables, les communes peuvent non seulement réduire leur empreinte carbone, mais aussi stabiliser leurs coûts à long terme », précise un responsable. Selon lui, plus de 2 000 collectivités en France ont déjà opté pour ce type de contrat, permettant de soutenir l’économie locale tout en sécurisant leur approvisionnement.
Une chose est sûre : face à l’urgence climatique et à la crise énergétique, les attentes envers les collectivités locales n’ont jamais été aussi fortes. Les outils existent. À eux de jouer.
Les associations recommandent d’abord de réaliser un audit énergétique des bâtiments publics, puis de se rapprocher des réseaux spécialisés comme le Réseau Cler ou Énergie Partagée pour identifier les subventions disponibles. Certaines collectivités commencent par des projets simples, comme l’installation de panneaux solaires sur les écoles ou les salles des fêtes, avant de s’attaquer à des infrastructures plus ambitieuses.