Les fuites de données touchant les administrations et organismes publics français ne sont plus des incidents isolés, selon Cryptoast. Elles se succèdent désormais à un rythme soutenu, parfois plusieurs fois en quelques jours. La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) est à son tour confrontée à une série d’intrusions.
La directrice générale des Finances publiques, Amélie Verdier, a reconnu l’ampleur des accès illégitimes au système d’information de la DGFiP. « Nous présentons nos excuses à tous les usagers concernés », a-t-elle déclaré, évoquant une attaque « plus sophistiquée que ce qu’on avait vu par le passé ».
Ce qu'il faut retenir
- La DGFiP a subi une attaque « sophistiquée » ayant exposé les informations de 678 000 personnes et professionnels.
- Une nouvelle intrusion concernant plus de 2 millions de propriétaires a déjà été revendiquée.
- Les fuites de données touchent les administrations et organismes publics français à un rythme soutenu.
Les intrusions à la DGFiP
Les intrusions, survenues en juin et juillet, reposent sur l’usurpation d’identifiants d’un agent de la DGFiP et d’un tiers habilité. Au total, 678 000 particuliers et professionnels sont concernés. Pour les particuliers, les informations exposées comprennent notamment noms et prénoms, quotient familial, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source.
La DGFiP assure cependant que le site impots.gouv.fr et les espaces personnels des contribuables n’ont pas été compromis. Mais dans la foulée, un cybercriminel a revendiqué une autre intrusion, concernant cette fois les données cadastrales de plus de 2 millions de propriétaires français. Noms, dates de naissance et adresses seraient concernés.
Les réactions
Pour Alexandre Stachtchenko, figure de l’écosystème Bitcoin français, l’enjeu dépasse largement la seule DGFiP. « L’État nous met gravement en danger », a-t-il déclaré. Il rappelle que cette nouvelle affaire constitue la troisième intrusion visant le fisc en sept mois, après la compromission de FICOBA en janvier, qui concernait 1,2 million de comptes.
Raphaël Grably, journaliste spécialiste des questions cyber chez BFMTV, alerte lui aussi régulièrement sur cette multiplication des compromissions. Dans un post sur X, il met en avant un nouvel épisode de cette série de piratages, illustrant à quel point les annonces de fuites sont désormais rapprochées.
Les conséquences
Le risque réside en effet dans le croisement des différentes bases : une adresse provenant d’une fuite peut être associée à un revenu fiscal issu d’une autre, puis à un numéro de téléphone, une date de naissance ou d’autres informations obtenues ailleurs. Les détenteurs de cryptomonnaies sont particulièrement vulnérables.
La DGFiP indique avoir saisi la CNIL dès l’identification des vols de données, le 12 août, alors que les intrusions remontent à juin et juillet. L’administration justifie ce délai par la sophistication de l’attaque.
En attendant, les Français sont invités à être vigilants et à prendre des mesures pour protéger leurs données personnelles. Il est possible de se renseigner sur les mesures de sécurité mises en place par la DGFiP et de suivre les recommandations de l’ANSSI pour se protéger contre les cybermenaces.